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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Boncourt — notice 18

Boncourt

Boncourt est une commanderie hospitalière située à Laon, dans le diocèse de Laon, et rattachée au prieuré de France. Elle relève de la Religion de l’Ospital de Saint Jehan de Jherusalem. Les mentions conservées la montrent comme un établissement doté d’un patrimoine foncier, d’annexes rurales et de revenus affermés, exerçant une autorité sur plusieurs maisons ou domaines secondaires et administré par une suite de commandeurs sur une longue durée, du XIIIe au XVIIe siècle.

L’établissement apparaît aussi sous la forme latine Hospitalis dictus Boncort, désignation qui confirme explicitement son identification comme maison de l’Hôpital. L’ensemble des indices disponibles fait de Boncourt une commanderie de consistance réelle, enracinée dans le pays de Laon et structurée autour d’une maison principale, de biens productifs, d’une église et d’un réseau de dépendances.

Statut et implantation

Boncourt est localisée à Laon et relève du diocèse de Laon. En 1373, elle est expressément située dans le prieuré de France, ce qui l’insère clairement dans l’organisation hospitalière du nord du royaume. Cette appartenance institutionnelle se double d’un ancrage local net, visible par la concentration de plusieurs dépendances dans le territoire même de Boncourt ou dans sa paroisse.

La commanderie possède l’église de Boncourt, fait qui signale une emprise à la fois religieuse et seigneuriale sur le site. La mention de Gilbert Le Coutre en rapport avec la possession de Boncourt indique en outre que le lieu a pu entrer dans des formes de détention ou de jouissance particulières, sans qu’il soit possible d’en préciser davantage le cadre exact.

Patrimoine et assise économique

Le temporel de Boncourt comprend plusieurs biens directement attachés à la commanderie. Sont mentionnés Dolignon, Simonet et le moulin de Mainbresson, auxquels s’ajoutent un moulin à Urcel et un moulin à Verneuil-sur-Aisne. Cet ensemble révèle une base économique diversifiée, combinant des biens fonciers et des installations meunières, donc des revenus de nature complémentaire.

La répartition de ces possessions montre que l’assise de Boncourt ne se limitait pas au seul site central. Les moulins d’Urcel et de Verneuil-sur-Aisne témoignent d’une projection patrimoniale au-delà du voisinage immédiat, tandis que les biens de Dolignon, Simonet et Mainbresson complètent l’image d’un domaine exploité selon une logique de dispersion maîtrisée.

Des contrats d’affermage de la perception sont également liés à Boncourt. Ils indiquent le recours à des pratiques de gestion fondées sur la mise à ferme de certains revenus, ce qui suppose une administration domaniale suffisamment structurée pour déléguer la perception tout en conservant le contrôle des droits correspondants.

Dépendances

Boncourt exerce une autorité sur plusieurs dépendances. Saint-Acquaire dépend de la commanderie et est situé dans le territoire de Boncourt, ce qui en fait une annexe très étroitement liée au centre seigneurial et administratif. Maecquigny dépend également de Boncourt et se trouve dans la paroisse de Boncourt, autre indice d’une structuration locale serrée autour de la maison principale.

Pour le XIVe siècle, Aubigny et Bruyères sont signalés comme dépendant de Boncourt. Montcornet relève lui aussi de la commanderie ; un échange concernant Montcornet est mentionné en 1398, attestant l’implication de Boncourt dans des opérations de gestion patrimoniale touchant ses dépendances. L’ensemble dessine un réseau hiérarchisé d’annexes et de biens subordonnés, administrés depuis la maison de Boncourt.

Administration et titulaires

La direction de Boncourt est connue par une série de commandeurs ou responsables, parfois simplement désignés comme tenant le commandement de la maison. Cette continuité, perceptible sur plusieurs siècles, constitue l’un des meilleurs indices de la stabilité institutionnelle de l’établissement.

Pour la fin du XIIIe siècle, Nicole de Hue est attesté en 1289 ; la même année, Nicolas de Rio est également donné comme commandeur de Boncourt. Cette double mention appelle la prudence, car elle peut correspondre à une succession rapprochée, à une situation de partage mal éclairée, ou à une difficulté d’interprétation des actes.

Au XIVe siècle apparaissent Jacques de Hautavesnes en 1344, Gérard de Vaitez en 1357, puis Guillaume de Munte, attesté en 1374 et plus largement entre 1372 et 1380, à Laon. Remi de Vaitez et Toussaint de Berneville sont aussi associés au commandement de Boncourt, sans datation plus précise dans les mentions conservées. Pour cette période, la commanderie se laisse surtout saisir à travers l’exercice régulier de son gouvernement et la gestion de ses dépendances.

Au XVe siècle, Jehan Petit est signalé en 1410, puis Jehan de Hourhofi en 1457. La succession se prolonge ensuite avec Ferry de Conty, attesté en 1509 et 1524. Emery d’Amboise est également donné comme commandant Boncourt ; une forme voisine, Rnicry d’Ambuise, figure elle aussi parmi les titulaires connus, sans qu’il soit possible d’assurer s’il s’agit d’une simple variante graphique du même nom ou d’une leçon altérée. Jehan de Gaillarbois appartient également à cette série.

Pour l’époque moderne, les mentions comprennent Thomas de Myée dit Guespré en 1581, André de Soissons dit Potier en 1593, Guillaume de Meaux Boisboudran, François du Mancel Saint-Léger en 1622, Augustin d’Amour en 1646, Philippe de Meaux, François-Maximilien Dabos de Binauville en 1675, Jacques de Bonneville en 1696 et Charles Sevin de Baudeville. Frère Pierre est également cité parmi les titulaires de Boncourt, sans datation conservée.

Chronologie sommaire

Les repères actuellement identifiables permettent de suivre l’existence de Boncourt sur une longue durée :

  • 1289 : Nicole de Hue et Nicolas de Rio sont tous deux mentionnés au commandement de Boncourt ;
  • 1344 : Jacques de Hautavesnes ;
  • 1357 : Gérard de Vaitez ;
  • 1372-1380, avec mention en 1374 : Guillaume de Munte ;
  • 1373 : Boncourt est située dans le prieuré de France ;
  • 1398 : échange concernant la dépendance de Montcornet ;
  • 1410 : Jehan Petit ;
  • 1457 : Jehan de Hourhofi ;
  • 1509 et 1524 : Ferry de Conty ;
  • 1581 : Thomas de Myée dit Guespré ;
  • 1593 : André de Soissons dit Potier ;
  • 1622 : François du Mancel Saint-Léger ;
  • 1646 : Augustin d’Amour ;
  • 1675 : François-Maximilien Dabos de Binauville ;
  • 1696 : Jacques de Bonneville.

Portée historique

Boncourt apparaît comme une commanderie hospitalière bien établie, dont l’importance se mesure moins à l’éclat d’événements singuliers qu’à la densité de son implantation et à la durée de son fonctionnement. La possession de l’église de Boncourt, l’existence de dépendances clairement subordonnées, la maîtrise de moulins et de biens fonciers, ainsi que le recours à l’affermage de revenus, montrent une maison engagée dans une gestion seigneuriale et économique suivie.

Son histoire se lit ainsi dans l’articulation entre un centre local, des annexes territoriales et une administration continue assurée par une succession de commandeurs. À cette échelle, Boncourt offre un exemple net de commanderie hospitalière intégrée au prieuré de France et durablement enracinée dans le diocèse de Laon.

Boncourt