collecteur
Le collecteur, ou plus précisément le collecteur pontifical, apparaît comme un agent de la curie pontificale chargé de recevoir des actes de procédure transmis depuis différents sièges épiscopaux et villes du royaume, surtout en 1373, puis encore en 1374. La fonction se laisse ici saisir moins par une définition théorique que par une série d’opérations concrètes de remise et de centralisation documentaire. Plusieurs procès-verbaux lui sont adressés, parfois en publicam formam, ce qui souligne la portée juridique des pièces reçues et leur insertion dans une chaîne de validation reconnue.
Le collecteur se situe ainsi à l’articulation entre des instances locales de rédaction ou d’authentification des actes et l’administration pontificale à laquelle ces actes sont destinés. Il ne relève pas d’un cadre diocésain autonome : son rattachement à la curie pontificale est explicite. À ce titre, il doit être compris comme un destinataire institutionnel qualifié, intervenant dans la circulation d’actes produits au cours de l’enquête de 1373 dans le prieuré de France.
Fonction et statut institutionnel
Le collecteur est expressément rattaché à la curie pontificale. Ce lien institutionnel détermine la nature de son rôle : il ne reçoit pas des informations isolées, mais des pièces procédurales élaborées dans des formes propres à en garantir l’authenticité, la validité et la transmission. Sa fonction est donc inséparable d’un mécanisme de centralisation administrative et juridique placé sous autorité pontificale.
La mention des « collecteurs pontificaux » au pluriel montre en outre qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un office incarné par une seule personne. La fonction peut désigner un petit groupe d’agents ou de dignitaires agissant concurremment ou collégialement dans le traitement de ces envois. Cette dimension collective est confirmée par l’existence d’un membre nommé, Bernardus Carit, explicitement rattaché aux collecteurs pontificaux.
Le collecteur dans la circulation des actes
Le trait le plus net de la fonction est la réception de procès-verbaux. Un procès-verbal en publicam formam est transféré au collecteur en 1373, ce qui met en évidence le soin apporté à la forme juridique des pièces expédiées. Plus largement, des procès-verbaux lui sont transférés sur une séquence qui couvre 1373 et 1374, signe d’une activité qui s’inscrit dans la durée et non dans un épisode isolé.
Cette réception ne paraît pas purement matérielle. Le collecteur occupe un point de convergence dans une chaîne de transmission hiérarchisée, où les actes rédigés localement sont orientés vers un niveau supérieur de gouvernement ecclésiastique. La remise au collecteur marque donc une étape institutionnelle précise dans le parcours de ces documents.
Chronologie des transmissions en 1373
La série la mieux datée se concentre sur l’année 1373. Elle permet de suivre, à intervalles rapprochés, la remontée de plusieurs procès-verbaux vers les collecteurs pontificaux :
- 18 juin 1373 : transmission du procès-verbal de Sisteron ;
- 21 juin 1373 : transmission du procès-verbal de Riez ;
- 15 juillet 1373 : transmission du procès-verbal de Gap ;
- 25 août 1373 : transmission du procès-verbal de Grenoble ;
- 18 septembre 1373 : transmission du procès-verbal de Châlons-sur-Marne.
À cette série s’ajoutent le procès-verbal de Beauvais et le procès-verbal d’Arles, également transférés au collecteur, bien que leur datation ne soit pas précisée ici. L’ensemble dessine une géographie étendue des envois et fait apparaître les collecteurs comme un pôle de réception commun pour des actes issus de circonscriptions diverses.
Relations avec d’autres autorités
Le collecteur reçoit également, ou se trouve associé à la transmission de pièces par l’évêque d’Aversa. Cette relation confirme que son activité s’insère dans des circuits d’acheminement ordonnés et hiérarchisés, où interviennent plusieurs autorités ecclésiastiques. Le collecteur apparaît dès lors comme un maillon reconnu d’un dispositif plus large de contrôle, de vérification et de concentration des actes.
Son insertion directe dans les circuits pontificaux est encore marquée par une nouvelle lettre de Grégoire XI adressée aux collecteurs le 18 juin 1373. Sans détailler ici l’ensemble de leurs attributions, cet envoi montre que les collecteurs sont des destinataires immédiats d’une communication pontificale au moment même où commencent à leur parvenir plusieurs procès-verbaux datés de juin 1373. Cela renforce l’impression d’une étroite articulation entre l’enquête en cours et les instances curiales.
Place dans l’enquête de 1373
Les collecteurs pontificaux sont expressément mentionnés dans l’enquête de 1373 dans le prieuré de France. Leur intervention ne constitue donc pas un arrière-plan administratif extérieur à la procédure : elle fait partie du fonctionnement même de l’enquête, du moins dans son versant de réception et de canalisation des actes. À travers eux, les résultats consignés localement prennent place dans un cadre de circulation plus large, orienté vers l’autorité pontificale.
Leur rôle, tel qu’il se laisse percevoir, est celui d’un relais de centralisation. Ils reçoivent des procès-verbaux produits en des lieux multiples, sous des formes suffisamment solennelles pour être recevables, puis les intègrent à un circuit administratif où se rejoignent enquête locale et gouvernement curial.
Personnes associées
Un nom est explicitement attaché à ce groupe : Bernardus Carit, mentionné comme membre des collecteurs pontificaux. Cette indication suffit à rappeler que l’appellation ne désigne pas seulement une fonction abstraite, mais aussi des personnes identifiables au sein de l’administration pontificale. En l’état, il est le seul membre individualisé.
Portée de la fonction
Défini par les actes qui convergent vers lui, le collecteur apparaît comme un rouage pontifical de réception, de centralisation et de transmission juridique. La pluralité des procès-verbaux qui lui sont remis, l’étendue des lieux concernés, la mention d’actes en publicam formam, l’intervention de l’évêque d’Aversa et l’adresse d’une lettre pontificale en juin 1373 dessinent ensemble une fonction insérée au cœur des mécanismes administratifs de l’enquête.
La matière conservée permet donc surtout de restituer un profil fonctionnel : celui d’un destinataire institutionnel, appartenant à la curie pontificale, vers lequel remontent des actes issus du terrain, entre 1373 et 1374, dans le cadre d’une procédure organisée et hiérarchisée.
