La Renardière
La Renardière est un établissement hospitalier situé dans la paroisse de Manou, au diocèse de Chartres, et rattaché au prieuré de France. Les formes La Renardière et La Renardiere désignent le même lieu. Les mentions conservées montrent une maison relevant des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, déjà en leur possession au commencement du XIIIe siècle et encore attestée dans l’organisation de l’ordre au XIVe siècle.
Sans livrer une histoire continue de l’établissement, les indications disponibles suffisent à mettre en évidence une implantation durable dans l’aire chartraine, une insertion administrative nette dans le cadre hospitalier, ainsi qu’un petit ensemble de dépendances et de marqueurs religieux associés à la maison.
Identification et localisation
La Renardière se trouvait dans la paroisse de Manou, dans le diocèse de Chartres. Pour l’année 1373, elle est expressément située dans le prieuré de France, à Chartres, ce qui permet de la replacer avec précision dans la géographie administrative de l’Hôpital en France. La variante graphique La Renardiere est également attestée ; elle ne renvoie pas à un second établissement, mais à la même maison.
L’ensemble de ces indications concorde : le toponyme, son ancrage à Manou, son appartenance au diocèse de Chartres et son insertion dans le prieuré de France dessinent un établissement clairement individualisé dans le réseau hospitalier régional.
Statut institutionnel
La Renardière appartenait aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Elle est tenue pour une commanderie possédée par l’ordre dès le commencement du XIIIe siècle, ce qui atteste une présence hospitalière ancienne dans ce secteur. Cette ancienneté n’apparaît pas comme une possession ponctuelle ou incertaine, mais comme l’indice d’une maison déjà reconnue dans le patrimoine de l’Hôpital.
Au XIVe siècle, son statut demeure lisible. En 1373, La Renardière figure dans le prieuré de France et entre dans le champ d’une enquête relative à la commanderie. Cette mention confirme non seulement son existence, mais aussi son intégration au fonctionnement administratif de l’ordre. La relation relevée en 1374 avec Hubert de Juilly prolonge immédiatement cette série d’attestations.
Attestations chronologiques
Le premier jalon explicite est fourni par une transaction de mai 1216 entre Gervais de Manou et les Hospitaliers, transaction qui concerne La Renardière à Manou. L’acte montre que la maison prenait déjà place, au début du XIIIe siècle, dans les rapports patrimoniaux et juridiques du milieu local. Il confirme en même temps le lien effectif entre l’établissement et l’ordre de l’Hôpital.
Un second ensemble de mentions se concentre sur les années 1373-1374. En 1373, La Renardière est signalée dans le prieuré de France, à Chartres, et apparaît dans une enquête portant sur la commanderie. L’année suivante, une autre mention la met en relation avec Hubert de Juilly. Même si la nature précise de cette intervention n’est pas détaillée ici, la succession de ces notices atteste la continuité institutionnelle de la maison au XIVe siècle.
La chronologie assurée repose donc sur trois repères principaux : une transaction en mai 1216 ; une présence de la maison dans le prieuré de France en 1373, avec mention dans une enquête ; enfin une nouvelle occurrence en 1374. Malgré les lacunes intermédiaires, ces jalons suffisent à établir la durée de l’existence hospitalière de La Renardière.
Dépendances et éléments associés
La Renardière possédait un lieu nommé La Cruchonnière. Cette dépendance montre que la maison ne se réduisait pas à son seul siège, mais disposait au moins d’un bien ou espace annexe relevant de son autorité. Faute de précisions supplémentaires, il n’est pas possible d’en définir plus exactement la nature ou l’importance, mais sa seule mention éclaire la consistance du temporel attaché à l’établissement.
Deux figures saintes lui sont également associées : sainte Appoline et sainte Catherine. Leur présence signale un environnement dévotionnel propre à la maison. Il n’est pas possible d’aller au-delà et de déterminer s’il s’agissait d’un vocable principal, de dédicaces secondaires, d’autels, d’images ou d’autres formes de présence cultuelle ; néanmoins, ces associations contribuent à préciser le profil religieux de l’établissement.
Portée historique
Les informations conservées ne permettent pas de restituer l’aspect des bâtiments, l’étendue des revenus, la composition du personnel ni l’évolution hiérarchique de la maison au-delà des attestations connues. En revanche, elles suffisent à faire de La Renardière un établissement hospitalier bien ancré dans la paroisse de Manou, inséré dans le diocèse de Chartres et administrativement rattaché au prieuré de France.
Ainsi, même brièvement documentée, La Renardière apparaît comme une commanderie ou maison de l’Hôpital dotée d’une ancienneté remontant au début du XIIIe siècle, maintenue dans les cadres institutionnels de l’ordre au XIVe siècle, et pourvue d’au moins une dépendance ainsi que d’éléments de dévotion identifiables.
