archevêque de Sens
L’archevêque de Sens apparaît en 1373 comme une autorité ecclésiastique de premier rang, engagée à la fois dans des procédures d’appel, dans l’examen d’affaires individuelles et dans la vie conciliaire tenue à Paris. Les actes le désignent sous plusieurs formes, latines et françaises, qui renvoient toutes à la même dignité : dominus archiepiscopus Senonensis, dominus Senonensis, dominum archiepiscopum Senonensem et archiepiscopum Senonensem. Les mentions conservées ne construisent pas d’abord un portrait personnel du prélat, mais dessinent avec netteté une fonction en exercice, active entre Sens et Paris, au croisement de la justice d’Église, du gouvernement provincial et de la circulation des mandements.
Identité et mode de désignation
La notice concerne le prélat identifié par son siège, l’archevêque de Sens, sans qu’un nom personnel s’impose ici comme forme principale. Cette manière de le désigner correspond au langage même des actes, qui privilégient la dignité plutôt que l’individu. L’usage alterné des formes latines et françaises ne traduit pas une pluralité de personnes, mais la stabilité d’une même autorité archiépiscopale envisagée dans des contextes procéduraux variés.
Les formes Sens et Senonis renvoient au même siège. L’archevêque est ainsi constamment défini par l’attache sénonaise de sa charge, y compris lorsque son action est attestée à Paris.
Cadre chronologique et géographique
L’année 1373 constitue le repère central. Les mentions s’ordonnent autour de deux pôles principaux :
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Paris, où un mandement apostolique lui est transféré le 21 avril 1373, où il est présent dans un concile réuni dans la ville, et où il participe au concile provincial le lendemain du 10 mai ;
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Sens, où se situe le nouvel examen d’Aimericus pendant le carême précédent, et où il est encore mentionné dans la déposition de Gautier de Bures en date du 19 décembre.
Cette double localisation montre que son activité attestée ne se limite pas à son siège propre : elle s’inscrit aussi dans des affaires traitées dans la capitale, en particulier dans un cadre conciliaire et administratif.
Chronologie des interventions en 1373
La séquence la mieux assurée commence au printemps 1373. Le 21 avril, à Paris, un mandement apostolique est transféré à l’archevêque de Sens. La nature précise de son contenu n’est pas explicitée ici, mais le fait atteste que le prélat intervient comme destinataire d’un acte relevant de l’autorité apostolique.
Le 10 mai, quatre frères — Pierre de Bononia, R. de Pruino, Bertrand de Sartiges et Guillaume de Chambonent — forment un appel qui le concerne. L’acte est présenté à la fois comme un appel aux commissaires et comme un appel adressé à l’archevêque de Sens lui-même. Cette double formulation suggère son insertion dans une procédure à plusieurs niveaux, où se combinent l’autorité du prélat et celle de commissaires agissant dans la même affaire.
Le lendemain du 10 mai, il participe au concile provincial de Paris. Il est par ailleurs qualifié de membre d’un concile réuni à Paris. Ces deux indications, très proches, placent nettement l’archevêque dans le cadre des assemblées ecclésiastiques tenues dans la capitale au cours de cette même période.
Une autre mention renvoie à un nouvel examen d’Aimericus, conduit par l’archevêque de Sens à Sens durant le carême précédent. La formule implique qu’une procédure avait déjà été engagée avant cet examen, et qu’elle a donné lieu à une reprise ou à une nouvelle audition sous l’autorité archiépiscopale.
Enfin, à Sens, la déposition de Gautier de Bures, datée du 19 décembre, mentionne l’archevêque de Sens. La dignité archiépiscopale demeure donc présente dans l’horizon procédural jusqu’à la fin de l’année.
Rôle procédural
L’archevêque de Sens est d’abord saisi comme une autorité de recours et de contrôle. L’appel du 10 mai montre qu’il peut être directement visé par une démarche formalisée, soit comme juge ou supérieur ecclésiastique compétent, soit comme partie prenante d’un dispositif judiciaire plus large. Le fait que les quatre frères en appellent en même temps aux commissaires et à l’archevêque souligne l’existence d’un enchevêtrement de compétences plutôt qu’une juridiction strictement isolée.
Le nouvel examen d’Aimericus révèle plus concrètement une fonction d’instruction ou d’examen. La mention d’un « nouvel examen » est importante : elle suppose la continuité d’une affaire déjà connue et atteste que l’archevêque n’est pas seulement une figure de surplomb institutionnel, mais intervient dans le suivi effectif d’une procédure individuelle, localisée à Sens et inscrite dans un calendrier liturgique précis, celui du carême.
La déposition de Gautier de Bures, mentionnant l’archevêque à Sens le 19 décembre, confirme cette proximité avec des actes de nature testimoniale ou déclarative. Même si la place exacte du prélat dans cette déposition n’est pas développée davantage, son nom y demeure associé à un cadre judiciaire formalisé.
Présence conciliaire et gouvernement ecclésiastique
Les mentions parisiennes donnent à voir l’archevêque de Sens non seulement comme autorité judiciaire, mais aussi comme prélat pleinement inséré dans le gouvernement collectif de l’Église. Sa participation au concile provincial de Paris, dès le lendemain de l’appel du 10 mai, le situe au sein d’une assemblée de haut niveau, dans un moment où se croisent procédure contentieuse et délibération ecclésiastique.
La formule qui le fait membre d’un concile réuni à Paris va dans le même sens. Elle insiste moins sur un acte particulier que sur son appartenance à l’assemblée elle-même. L’archevêque de Sens apparaît ainsi dans une double posture : juge ou autorité sollicitée dans des affaires déterminées, et prélat siégeant dans une structure collégiale de gouvernement.
Le transfert d’un mandement apostolique à Paris, le 21 avril 1373, complète ce tableau. Il manifeste la circulation d’ordres ou d’instructions à destination du prélat dans un cadre qui dépasse son seul siège et l’inscrit dans des réseaux d’action ecclésiastique plus larges.
Relations personnelles attestées
Les relations les plus explicites sont celles qui unissent l’archevêque aux quatre frères appelants : Pierre de Bononia, R. de Pruino, Bertrand de Sartiges et Guillaume de Chambonent. Leur démarche du 10 mai le place au centre d’une procédure d’appel précisément datée.
Il est également en relation avec Gautier de Bures, dont la déposition, à Sens le 19 décembre, le mentionne expressément. La notice conserve en outre des liens nominaux avec Simon de Gormessi et avec Guillaume de Melun. Dans ces deux derniers cas, la relation est assurée, mais sa nature exacte ne peut être précisée davantage à partir des seules mentions disponibles.
Enfin, Aimericus entre dans l’entourage procédural de l’archevêque par le biais du nouvel examen conduit à Sens durant le carême précédent. Ce lien relève clairement de l’exercice d’une autorité d’examen ou de jugement.
Portée historique
L’ensemble des mentions de 1373 fait apparaître l’archevêque de Sens comme une figure institutionnelle fortement présente dans les affaires ecclésiastiques de son temps. Son activité attestée associe réception ou implication dans des appels, conduite d’un nouvel examen, présence dans une déposition, participation à un concile provincial et appartenance à une assemblée conciliaire tenue à Paris.
La cohérence de ces données tient à la continuité de la fonction : entre Sens et Paris, l’archevêque exerce une autorité à la fois territoriale, judiciaire et collégiale. Les actes ne livrent pas tant une biographie personnelle qu’un faisceau d’interventions qui permettent de mesurer, pour 1373, le rôle concret d’un archevêque dans la circulation des causes, l’encadrement des procédures et la tenue des assemblées ecclésiastiques.
