Maison du Sauce
La maison du Sauce, également désignée sous les formes Le Sauce et commanderie du Sauce, est un établissement du Temple localisé à Gérisiers, dans le ressort d’Escolives. Par sa situation, elle relève de l’espace auxerrois et se trouve en relation avec plusieurs lieux voisins, notamment Auxerre, Tourbenay et Coulange-la-Vineuse. Les mentions conservées en font une maison identifiable dès la fin du XIIe siècle et encore attestée à la fin du XVe siècle.
Son histoire ne peut être suivie de manière continue, mais les jalons disponibles suffisent à montrer qu’il ne s’agissait pas d’un simple lieu-dit sans consistance institutionnelle. Le Sauce apparaît comme une maison templière dotée d’un siège repérable, insérée dans un réseau de possessions, et assez solidement établie pour être en rapport avec des autorités seigneuriales et administratives de premier plan.
Identification et localisation
Le nom de l’établissement est donné sous la forme Le Sauce, d’où dérive l’appellation développée de Maison du Sauce. Il est situé à Gérisiers, dans le secteur d’Escolives. Cette localisation le place à proximité immédiate d’Auxerre, ce qui éclaire à la fois l’intérêt de ses possessions dans cette ville et sa présence dans des actes relevant de la prévôté auxerroise.
Son appartenance au Temple est explicitement attestée. L’usage de l’expression « commanderie du Sauce » indique un établissement reconnu comme unité de gestion et de commandement, même si l’on ne peut préciser, à partir des seules mentions conservées, ni l’ampleur exacte de son ressort ni la composition de son personnel à l’époque templière.
Repères chronologiques
La première mention conservée remonte à 1180, dans une charte de Gaudefroy d’Arcy pour Saint-Bris qui concerne la maison du Sauce. Ce témoignage place l’établissement, ou du moins ses intérêts juridiques, dans les dernières décennies du XIIe siècle.
En juillet 1206, le Temple achète au Sauce. Cette opération montre que le lieu est alors intégré à une politique patrimoniale active de l’ordre. Elle confirme aussi que Le Sauce constitue un point suffisamment défini pour entrer dans le champ des acquisitions templières.
Une nouvelle mention intervient en juillet 1238, lorsque Guillaume, comte de Joigny, est en relation avec Le Sauce. Sans que la nature précise de l’acte puisse être développée davantage, cette intervention manifeste l’insertion de la maison dans des rapports touchant à la haute seigneurie régionale.
En 1301, des lettres du garde de la prévôté d’Auxerre sur Méry concernent la maison du Sauce. L’établissement apparaît alors dans un cadre administratif plus large, qui confirme ses attaches avec l’aire d’Auxerre et son inscription dans les circuits de gestion et de contrôle du temps.
Enfin, en 1495, un Chevalier de Bournel est signalé comme commandant la maison du Sauce, à Le Sauce. Cette mention tardive atteste la persistance du siège comme maison individualisée et toujours gouvernée par un responsable désigné.
Possessions et ancrage territorial
La maison du Sauce possédait des biens à Auxerre et à Tourbenay, ce dernier lieu relevant lui aussi du secteur d’Escolives. Cet ensemble suggère un établissement dont les intérêts se distribuaient entre un pôle local, centré sur Gérisiers et ses alentours, et un point d’appui plus directement lié à l’espace auxerrois.
La possession de biens à Auxerre mérite d’être relevée, car elle montre que l’influence de la maison ne se limitait pas à un terroir strictement rural. Même sans détail sur la nature de ces biens, leur simple existence révèle une insertion dans un espace plus vaste que celui du siège proprement dit. Tourbenay, à l’inverse, renvoie à un maillage de proximité, cohérent avec l’implantation de Gérisiers dans le ressort d’Escolives.
Relations institutionnelles
Le Sauce ne paraît pas avoir été isolé dans l’organisation locale du Temple. Une relation indique en effet que la maison de Coulange fut transférée à la maison du Sauce, à Coulange-la-Vineuse. Ce transfert traduit une forme de regroupement ou de réorganisation au bénéfice du Sauce, qui se trouve dès lors placé au centre d’un ensemble dépassant son seul siège de Gérisiers.
Cette donnée est importante pour apprécier le rang de l’établissement dans la région. Elle laisse entrevoir une capacité d’absorption ou de direction à l’égard d’une autre implantation, et donne au Sauce une place plus structurante dans la trame des maisons templières voisines.
Portée historique
Les mentions connues, échelonnées de 1180 à 1495, dessinent la longue durée d’un établissement dont les traces, bien que dispersées, sont de nature variée : charte, opération patrimoniale, intervention comtale, acte de prévôté, mention d’un commandant. Cet éventail montre que la maison du Sauce relevait tout autant des réalités foncières que des cadres administratifs et seigneuriaux.
L’intérêt historique du Sauce tient ainsi à plusieurs traits convergents : une localisation précise à Gérisiers dans le ressort d’Escolives ; une appartenance nette au Temple ; des possessions à Auxerre et à Tourbenay ; et un lien institutionnel avec Coulange-la-Vineuse. À défaut d’une série suivie d’actes permettant d’en reconstituer toute l’évolution, ces éléments suffisent à faire du Sauce une maison de réelle consistance dans la géographie médiévale des établissements templiers de l’Auxerrois.
