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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

domus seu preceptoria de Campo Bubali

domus seu preceptoria de Campo Bubali

La domus seu preceptoria de Campo Bubali, également désignée sous la forme abrégée Campo Bubali, apparaît en 1373 comme un établissement du diocèse de Sens. La formule latine qui lui est appliquée, associant domus et preceptoria, la présente à la fois comme une maison dotée d’une assise foncière et comme un centre de commandement administratif. Les mentions conservées la montrent en effet non comme une exploitation isolée, mais comme un établissement ordonnant un petit ensemble de dépendances et de revenus.

L’état du dossier permet de saisir surtout la maison dans un moment précis de son fonctionnement, au début des années 1370. Campo Bubali y apparaît comme une commanderie insérée dans le cadre du prieuré de France, en relation avec le prieur de France, et administrant au moins deux dépendances rurales situées dans deux diocèses distincts. En revanche, sa topographie exacte, son ancienneté et les étapes de son développement ne peuvent être restituées avec sûreté.

Localisation et dénomination

Le nom de l’établissement est transmis sous la forme domus seu preceptoria de Campo Bubali, avec l’alias Campo Bubali. Il relève du diocèse de Sens. Aucun autre repère de localisation n’est assuré par les mentions conservées, de sorte que l’identification du site demeure limitée à ce cadre diocésain.

La dualité terminologique n’est pas indifférente. Le mot domus renvoie à la maison comme entité foncière et résidentielle, tandis que preceptoria souligne une fonction de direction sur des biens dépendants. Dans le cas de Campo Bubali, cette seconde dimension est confirmée par l’existence de possessions subordonnées explicitement rattachées à l’établissement.

Chronologie attestée

Campo Bubali est explicitement attestée en 1373. La date la plus précise est celle du 5 mai 1373, à l’occasion d’une déposition portant sur les revenus et les charges de la maison. Cette mention éclaire directement la commanderie sous l’angle de sa gestion économique, de ses recettes et de ses obligations.

La relation avec le prieur de France est encore perceptible entre 1373 et 1374. Par ailleurs, une mention place l’établissement dans un contexte touchant les inimici regni Francie avant 1374. Ces indices permettent de situer Campo Bubali dans les préoccupations administratives et politiques des années immédiatement postérieures à 1373, sans autoriser pour autant une histoire suivie au-delà de ce court intervalle.

Statut et insertion institutionnelle

Campo Bubali doit être comprise comme une commanderie au sens plein du terme, c’est-à-dire comme une maison principale exerçant une autorité de gestion sur un patrimoine dépendant. La mention conjointe de la maison et du prieur de France montre en outre que l’établissement s’inscrivait dans l’organisation du prieuré de France et entretenait avec ce dignitaire un lien suffisamment étroit pour être signalé expressément.

La relation formulée entre Campo Bubali et le Prior Francie peut être lue comme l’indice d’un rattachement institutionnel fort, ou du moins d’une insertion directe dans les circuits supérieurs de l’administration. Elle confirme que la maison n’était pas un simple point d’exploitation locale, mais un élément reconnu dans l’armature du prieuré.

Dépendances et ressort patrimonial

La domus seu preceptoria de Campo Bubali possède en 1373 au moins deux dépendances, toutes deux qualifiées de domus seu granchia, expression qui désigne des maisons rurales ou granges organisées relevant d’une structure supérieure.

La première est la domus seu granchia de Monte Boyci, située dans le diocèse de Sens. La seconde est la domus seu granchia de Giemio, située dans le diocèse d’Auxerre. Ce double rattachement est important : il montre que le patrimoine administré depuis Campo Bubali ne se limitait pas au seul diocèse de la maison principale, mais débordait sur un espace voisin.

Sans permettre de chiffrer les revenus ni d’identifier la nature exacte des ressources exploitées, ces mentions suffisent à dessiner un ressort patrimonial structuré. Campo Bubali faisait fonction de centre de perception, de redistribution et de contrôle de charges appliquées à des biens distincts et dispersés.

Gestion économique

La déposition du 5 mai 1373 sur les revenus et les charges de Campo Bubali constitue l’indice le plus net de son rôle de centre de gestion. La commanderie y apparaît envisagée d’abord comme une unité comptable et patrimoniale, soumise à l’évaluation de ce qu’elle recevait et de ce qu’elle devait supporter.

Le vocabulaire même des revenus et des charges implique un établissement dont l’existence institutionnelle reposait sur une administration régulière. Dans ce cadre, les granges dépendantes de Monte Boyci et de Giemio prenaient place dans un ensemble dont Campo Bubali constituait la tête de gestion. Même si les catégories précises de recettes ou de dépenses ne sont pas détaillées, la structure économique de la maison ressort avec clarté.

Personnes en relation avec l’établissement

Plusieurs personnes sont associées à Campo Bubali. Pour l’année 1373 sont explicitement rattachés à la commanderie frater Johannes Radart, dominus Stephanus Socii, Petrus Friquembaust et Johannes Tueboys. D’autres noms apparaissent également en relation avec l’établissement, sans précision chronologique aussi nette dans les mentions conservées : frater Johannes de Quierris, Gaufridus Fouacier et Johannes de Bosco.

La diversité des désignations personnelles mérite d’être notée. Certains individus portent un titre religieux, comme frater, un autre le titre de dominus, tandis que d’autres ne sont signalés que par leur nom. Il n’est pas possible de définir avec certitude la charge de chacun, ni de répartir précisément ces personnes entre personnel de la maison, administrateurs, comparants ou acteurs périphériques. Leur regroupement autour de Campo Bubali montre néanmoins l’existence d’un entourage humain identifiable, en rapport avec la conduite des affaires de la commanderie.

Campo Bubali et les menaces du temps

Une mention fait apparaître la commanderie dans un contexte lié aux inimici regni Francie, avant 1374. La formule ne permet pas de préciser si l’établissement fut directement atteint, menacé, imposé ou seulement considéré dans une situation générale d’insécurité. Elle suffit toutefois à inscrire Campo Bubali dans un horizon de tensions affectant alors le royaume.

Ce point, même bref, n’est pas secondaire : il rappelle que l’administration des maisons et de leurs revenus ne se comprenait pas seulement à l’échelle locale, mais pouvait être influencée par les circonstances politiques et militaires du temps.

Portée historique

Malgré la concentration des informations sur un petit nombre d’années, la domus seu preceptoria de Campo Bubali se laisse définir avec une certaine précision fonctionnelle. C’est une commanderie du diocèse de Sens, pourvue d’au moins deux dépendances rurales, l’une dans le même diocèse, l’autre dans celui d’Auxerre, et insérée dans les cadres du prieuré de France en relation avec le prieur de France.

Son intérêt tient surtout à ce qu’elle révèle d’une organisation territoriale et économique : une maison principale, des granges dépendantes, un entourage d’acteurs nommément repérables, et une gestion suivie des revenus et des charges. En revanche, les données disponibles ne permettent ni de reconstituer une histoire continue de l’établissement, ni d’en fixer exactement l’emplacement, ni d’en suivre l’évolution au-delà du noyau d’attestations centré sur 1373.

domus seu preceptoria de Campo Bubali