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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Chancelade

Présence templière à Chancelade

Le dossier est centré sur Andrivaux, désigné dans le libellé documentaire comme une chapelle du Temple, mais les textes conservés décrivent aussi une maison du Temple et une commanderie. Sans confondre ces niveaux, on peut établir qu’il existait à Andrivaux un établissement templier structuré, doté d’une église ou chapelle, d’un logis et de dépendances, et qu’il exerçait un rôle de premier plan dans l’organisation templière du Périgord.

Fondation et premiers accroissements

La fondation d’Andrivaux est placée en 1139. Un passage conservé indique que Geoffroy de Cauze, évêque de Périgueux, aurait alors donné aux frères du Temple la paroisse de Saint-Maurice d’Andrivaux et les aurait établis dans un cloître abandonné. Le même texte précise toutefois que les archives ne conservent pas d’indication détaillée sur cet événement ni sur les premières années de la maison. Il convient donc de retenir la date de 1139 comme celle de l’établissement templier d’Andrivaux, tout en restant prudent sur les circonstances exactes de cette installation.

Vers 1150, Izorn, seigneur de Montanceix, donna aux Templiers la forêt de Lancinade. Bertrand, son fils, leur accorda ensuite des droits de pêche sur l’Isle. Les descendants de cette famille leur concédèrent encore des droits de justice, qualifiés de haute, basse, moyenne, mixte et impère. Ces concessions montrent que les Andrivaux ne formaient pas une simple possession isolée, mais un établissement seigneurialement doté, inséré dans le paysage foncier et juridictionnel local.

Rang de la maison des Andrivaux

Les documents internes présentent la commanderie des Andrivaux comme, après Sergeac, la plus importante du Périgord. Un autre passage la décrit comme le centre d’où les Templiers rayonnaient sur toute la province. Cette importance est cohérente avec l’étendue de ses droits et avec le titre porté par l’un de ses responsables à la fin du XIIIe siècle.

De 1298 à 1306, Géraud de Lavernhe est en effet mentionné comme commandeur des Andrivaux et « Maître de l’Ordre en Périgord ». Un autre extrait rappelle que la maison d’Andrivaux était la tête de la baillie périgourdine. Plusieurs précepteurs sont encore signalés pour le XIIIe siècle : G. de Traulega en 1228, B. Blanc en 1235, Pierre de Périgueux vers 1245, P. Donaderi en 1250, puis Sicard de la Rocha en 1252. Cette succession confirme l’existence d’une direction régulière et d’une administration suivie.

Biens, droits et dépendances

Les Andrivaux tenaient des fiefs et des droits sur les paroisses de La Chapelle-Gonaguet, Biras, Bassac, Mensignac, Saint-Apre, Montagrier, Marsac, Coursac et Manzac. Plusieurs dépendances ou possessions relevant de cette maison apparaissent aussi dans les documents internes : Lansinade, Le Chambon, Gonaguet, La Peyre, Maillol, Puy-des-Vignes, ainsi qu’une bordarie nommée Alayze.

La forêt de Lancinade apparaît comme un bien important. Un passage précise qu’elle fut d’abord partagée entre l’abbaye de Chancelade et la commanderie des Andrivaux, avant d’appartenir tout entière à l’abbaye à l’époque moderne. Ce point atteste des rapports de voisinage et d’intérêts entre les Templiers d’Andrivaux et les autres puissances ecclésiastiques du secteur.

Les textes mentionnent aussi, avec prudence, d’autres établissements parfois rattachés aux Andrivaux : l’hôpital de Dourle, Chantegeline, l’hôpital de Combeys et l’église de Razac. Toutefois, il est expressément indiqué que certaines archives permettraient d’en attribuer au moins une partie aux Hospitaliers. Ces rattachements doivent donc être présentés comme possibles ou discutés, non comme des dépendances certaines.

La chapelle et les vestiges

Le site d’Andrivaux conservait une église dédiée à saint Maurice. Plus tard, les Hospitaliers y auraient ajouté le vocable de saint Blaise. Cette église est aujourd’hui détruite, mais les documents signalent la survie de la crypte, percée de trois fenêtres, ainsi que des débris de colonnettes dispersés dans le village.

Le hameau garderait encore l’aspect général d’une ancienne commanderie malgré des remaniements ou reconstructions intervenus au XVIIe siècle. Sont encore signalés un logis du commandeur ayant conservé quelques caves, un dallage et une cheminée, un pigeonnier, ainsi qu’un moulin et un étang établis sur le ruisseau de Lapachat. Ces éléments relèvent du cadre matériel de l’établissement, sans que tous puissent être datés avec la même précision de l’époque templière.

Après la suppression de l’Ordre

Après la suppression du Temple, les Andrivaux passèrent aux Hospitaliers. Les documents indiquent qu’à partir de la première moitié du XVe siècle, la commanderie des Andrivaux fut réunie à celle de Condat. Des contestations de juridiction sont encore signalées à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, notamment autour de la haute justice d’Andrivaux et de Chantegeline, ce qui montre la persistance de l’importance seigneuriale du lieu après la période templière.

Synthèse

À Chancelade, la présence templière ne relève donc pas d’un simple contexte régional : elle est directement attestée par l’établissement des Andrivaux. Les documents permettent d’y reconnaître une maison du Temple devenue commanderie, fondée en 1139, dotée de biens, de droits, de dépendances et d’une église dédiée à saint Maurice. Le libellé local de chapelle du Temple doit être compris dans cet ensemble plus large : il renvoie à l’un des éléments du site d’Andrivaux, non à l’absence d’une implantation templière structurée.

Raccord historique local

Le rapprochement territorial désormais consolidé permet de relier Chancelade à un point d’implantation templière documenté dans le même département : Andrivaux (Les).

Ce lieu est aujourd’hui rattaché à Chancelade – 24 Maison du Temple Les Andrivaux Dans la banlieue de Périgueux. Cette précision permet de distinguer le site historique de la commune administrative actuelle.

Le dossier fait notamment apparaître chapelle, moulin à eau, maison du Temple, domaine du Temple. Ces éléments sont présentés comme des repères du secteur et non comme la preuve automatique d’une commanderie dans la commune moderne.

La formulation reste volontairement prudente : le rapprochement confirme un lien territorial documenté sans étendre au-delà des éléments établis la nature exacte de la présence de l’Ordre du Temple.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

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