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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Gellainville

Bonville-au-Temple, possession templière sur le territoire de Gellainville

Le territoire de l’actuelle commune de Gellainville a bien porté un bien relevant de l’Ordre du Temple. Les documents associent explicitement Bonville-au-Temple à Gellainville, dans le pays chartrain, et montrent qu’il ne s’agissait pas d’une simple tradition locale, mais d’un domaine effectivement tenu par les Templiers.

La qualification la plus juste est celle d’une maison du Temple ou d’un domaine templier à Bonville. Rien, dans les éléments conservés ici, n’impose d’y voir une grande commanderie autonome. En revanche, la présence templière y est nettement attestée dès la fin du XIIe siècle et se prolonge dans la documentation du XIIIe siècle.

Localisation historique

Bonville est donné comme étant sis sur le territoire de Gellainville, dans l’actuel département d’Eure-et-Loir. Les formes anciennes du nom montrent la continuité du lieu à travers les siècles, avant que l’appellation Bonville-au-Temple ne fixe dans la toponymie le souvenir de son appartenance à l’Ordre du Temple.

Cette désignation n’a rien d’anodin. Elle signale qu’à une date plus tardive, la mémoire du lien entre Bonville et les Templiers demeurait assez forte pour marquer durablement le nom du lieu.

Origine de la possession templière

La présence templière à Bonville est solidement appuyée par plusieurs actes. En 1187, Alice, comtesse de Blois, approuve la donation faite par le comte Thibaud et par Robert de Chartres du domaine de Bonville, avec toutefois des réserves portant sur la rivière de Saint-Martin et sur le fief de Geoffroy de la Gaudaine.

Un nouvel acte, en 1195, précise encore la situation : Robert de Chartres abandonne aux Templiers le fief qu’il tenait du comte Louis de Blois, à savoir le domaine de Bonville, ainsi qu’un cens annuel sur les avoines de Gellainville, tout en se réservant de nouveau la rivière dite de Saint-Martin et le fief de Geoffroy de la Gaudaine.

Ces mentions montrent que l’implantation ne reposait pas sur une tradition vague, mais sur une transmission patrimoniale bien définie, faite de terres, de droits et de revenus.

Un domaine rural et des droits seigneuriaux

Les actes conservés présentent Bonville comme une possession rurale intégrée à l’économie du pays chartrain. Le domaine comprenait des terres et des revenus, et les Templiers y exerçaient des droits suffisamment établis pour apparaître dans des accords et des transactions.

Le cens sur les avoines de Gellainville rappelle que l’intérêt de l’ordre ne se limitait pas à un bâti isolé. Il s’agissait aussi d’une exploitation foncière et de ressources régulières, dans un paysage agricole qui convenait à ce type de gestion.

Il faut donc lire Bonville comme une implantation de caractère essentiellement domānial et agricole, et non comme une forteresse ou comme un grand centre monumental clairement documenté ici.

Acquisitions et accroissement du temporel

La documentation ne s’arrête pas aux donations initiales. En novembre 1236, Étienne de Corthon vend au précepteur de Sours vingt-cinq arpents de terre à Bonville. Dans le même mouvement, Héloïse de Saint-Chéron cède aussi les redevances en froment et en avoine qu’elle percevait sur cette terre.

Cette opération est importante, car elle montre que Bonville ne fut pas seulement reçu puis conservé : le bien fit encore l’objet d’un renforcement foncier au XIIIe siècle. Elle souligne aussi les liens administratifs entre Bonville et Sours, qui apparaît ici à travers son précepteur.

Bonville dans le réseau templier du pays chartrain

Un acte relatif aux dîmes, daté de 1214 et 1219, éclaire l’insertion de Bonville dans un ensemble plus large. Une contestation opposa alors les Bénédictins et les Templiers au sujet des dîmes de Saint-Martin-au-Val, Bonville et Sours. Un accord amiable finit par intervenir pour les terres que les Templiers cultivaient eux-mêmes.

Ce dossier montre que les frères de Bonville ne vivaient pas isolés. Bonville apparaît aux côtés de Sours, dans une organisation où plusieurs possessions relevaient d’un même cadre régional. Cela confirme l’existence d’un maillage templier chartrain dans lequel le domaine de Bonville tenait sa place.

Présence d’une chapelle

Le contenu fourni pour cette page n’atteste pas seulement des terres et des revenus. Il conserve aussi le souvenir d’une chapelle de la maison du Temple liée à Bonville. Cette mention va dans le sens d’un établissement réel, organisé, et non d’un simple nom de terroir détaché de toute implantation.

Faute d’éléments descriptifs supplémentaires, il convient toutefois de rester mesuré : l’existence d’une chapelle n’autorise pas, à elle seule, à reconstituer l’aspect complet du site ni à lui attribuer une importance supérieure à ce que les actes permettent d’affirmer.

Après la suppression de l’Ordre du Temple

Comme les autres biens templiers, Bonville dut passer après 1312 sous l’autorité de l’Hôpital. Même lorsque les textes ici rassemblés s’arrêtent avant de détailler ce transfert pour le lieu, l’histoire du domaine ne s’interrompt pas avec la disparition de l’ordre du Temple.

La continuité de la mémoire locale est d’ailleurs visible dans la toponymie. L’appellation Bonville-au-Temple, relevée plus tardivement, montre que l’ancienne appartenance templière a laissé une empreinte durable dans la désignation du lieu.

Traces toponymiques

Les formes anciennes du nom témoignent de la permanence du site au fil du temps : Bonavilla, Boonvilla, Boeunvilla, Bonvilla, puis Bonville-au-Temple. Cette dernière forme est particulièrement précieuse, car elle conserve dans le nom même du lieu le souvenir de sa relation avec les Templiers.

Pour Gellainville, l’intérêt historique est donc net : le territoire communal a porté une possession templière bien attestée, faite de terres, de revenus et probablement d’un noyau d’exploitation disposant de sa chapelle. C’est cette réalité, rurale mais solidement documentée, qui doit guider la lecture du passé templier local.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

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