La maison du Temple de Mougues, à Priez
Le lieu de Mougues, associé à l’actuelle page consacrée à Priez dans la Nièvre, correspond bien à une possession relevant de l’Ordre du Temple. Les éléments conservés ne décrivent pas une grande commanderie autonome, mais une maison du Temple dotée d’une chapelle et de terres, intégrée plus tard à un ensemble administré comme membre de la commanderie de Biches.
Localisation historique
Mougues se situait sur le territoire rattaché à Priez, dans le département de la Nièvre, et était placé dans la paroisse de Parigny-les-Vaux. Le site se trouvait sur le chemin de Fresnay à Nevers, ce qui éclaire son insertion dans un espace de circulation et d’exploitation rurale plutôt que dans un centre urbain.
Le bien relevait en fief du roi, à cause du château de Saint-Pierre-le-Moutier. Cette précision montre que le domaine s’inscrivait dans un cadre seigneurial bien défini, sans pour autant modifier sa nature de possession templière.
Nature du site
La documentation permet d’identifier à Mougues une maison du Temple accompagnée d’une chapelle. Il ne faut donc ni nier la présence templière sur ce lieu, ni transformer ce petit établissement en commanderie indépendante sans preuve explicite.
Le domaine comprenait une vingtaine d’arpents de terre labourable, avec quelques pièces de bois et de pré. Il s’agissait d’un établissement modeste, mais réel, formant une exploitation rurale attachée au réseau templier.
Possessions et économie du domaine
Les terres de Mougues reposaient sur une économie agricole simple. Les labours constituaient l’essentiel du bien, complétés par des prés et des bois. La présence d’une chapelle montre que le site n’était pas une simple parcelle isolée, mais un petit ensemble organisé.
La documentation tardive révèle aussi certains droits conservés par le commandeur sur le lieu, notamment la chapelle avec ses oblations, la justice du lieu et la moitié de la pêche de la rivière de la Nièvre. Ces mentions montrent que le domaine associait revenus fonciers, droits seigneuriaux et prérogatives attachées à la chapelle.
Le bail perpétuel de 1489
Au XVe siècle, le domaine de Mougues était jugé peu rentable, ses charges dépassant alors son revenu. Le 4 juin 1489, le commandeur Simon Carpentier le donna à cens et rente perpétuelle à Guillaume et Mathieu Rabardeau.
Ce bail concernait le lieu de Mougues, alors tenu pour membre de la commanderie de Biches, avec les terres qui en dépendaient. Les preneurs devaient remettre chaque année au commandeur la moitié de tous les grains provenant des terres. Ils étaient aussi tenus, si le commandeur voulait résider à Nevers, de lui conduire des charretées de foin, de paille et de bois, ainsi que certaines redevances en nature.
Parmi les conditions imposées figurait la reconstruction de la maison dans les trois premières années de jouissance, avec autorisation de prendre dans le domaine de la commanderie le bois nécessaire à ces travaux. Cette clause laisse entendre qu’à la fin du Moyen Âge, les bâtiments avaient déjà besoin d’une remise en état importante.
Devenir du site après le Moyen Âge
Les mentions postérieures indiquent qu’au XVIIe siècle, la maison de Mougues et la chapelle n’existaient plus. Le souvenir du domaine subsistait toutefois dans les revenus et dans l’organisation foncière héritée des siècles précédents.
À la fin de l’Ancien Régime, les anciens domaines de Champallement et de Mougues rapportaient encore ensemble un revenu mentionné pour l’année 1783. Cela montre la survivance économique du bien, alors même que ses bâtiments avaient disparu depuis longtemps.
Ce que l’on peut affirmer sur Priez
En revanche, rien n’autorise à présenter Mougues comme une grande commanderie indépendante. Le plus juste est d’y voir un petit domaine templier structuré, inséré dans un réseau plus large et ensuite rattaché à l’administration d’une commanderie.
Traces et mémoire du lieu
Les bâtiments de la maison et de la chapelle ayant disparu au plus tard à l’époque moderne, la lecture historique du site repose avant tout sur la mémoire du lieu, sur son identification documentaire et sur la persistance ancienne de ses revenus. Pour Priez, l’intérêt historique tient précisément à cette possession templière avérée, modeste par son ampleur, mais nette par sa qualification et par les éléments de domaine qui l’accompagnaient.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
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