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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Les Moussières

Le territoire de La Moussière relève bien d’une possession templière documentée dans l’Ain. Il ne faut donc pas le présenter comme un lieu sans présence du Temple. Les éléments conservés désignent ici un domaine du Temple, nommé La Grande Moussière ou La Mossière, et non une commanderie.

Un domaine templier attesté à La Moussière

La documentation signale La Moussière dès le XIIIe siècle. Pour la période templière, le fait central est connu avec précision : au mois d’avril 1275, le noble Jacques de Féliciat, agissant tant en son nom qu’au nom de son frère Henri et de sa sœur Marguerite, reconnut tenir en fief des Templiers de Laumusse un mas situé à la Moussière. Cette reconnaissance établit l’existence d’un droit seigneurial ou foncier des Templiers sur place.

Cette mention est suffisamment nette pour attester une implantation patrimoniale du Temple dans ce hameau. En revanche, elle ne permet pas d’y placer une maison conventuelle ni une commanderie autonome. Le bien doit donc être compris comme un domaine relevant de l’orbite de Laumusse, avec au moins un mas tenu en fief des Templiers.

Nature du bien et dépendance

Le libellé conservé pour cette notice est celui de Domaine du Temple La Grande Moussière. Cette qualification convient aux faits transmis. Les documents n’autorisent pas à parler ici de chapelle, de grange, de moulin ou de maison du Temple. Ils ne décrivent pas non plus un ensemble monumental templier. Ce qui est établi, c’est la possession ou la seigneurie templière sur un bien localisé à La Moussière, dans la dépendance des Templiers de Laumusse.

La reconnaissance de 1275 montre que les Templiers de Laumusse percevaient ou faisaient valoir des droits féodaux sur ce mas. Le territoire de La Moussière s’inscrivait donc dans le réseau foncier de cette maison templière, selon une forme d’implantation rurale très concrète : terres, tenures et redevances plutôt qu’établissement conventuel distinct.

Le mas de 1275

Un autre passage interne précise que les mêmes Jacques, Henri et Marguerite de Féliciat confessèrent tenir en fief des Templiers de Laumusse un mas appelé Namandri-Gilonier, situé à la Moussière. Cette précision complète utilement la notice : elle suggère que le bien concerné n’était pas une simple mention abstraite du lieu, mais un mas identifié par son nom.

Il reste toutefois prudent de ne pas aller au-delà de ce que les textes permettent. On peut affirmer qu’un mas sis à La Moussière relevait des Templiers de Laumusse en 1275. On ne peut pas, sur cette seule base, reconstituer l’étendue exacte du domaine templier ni sa composition complète au XIIIe siècle.

Devenir du lieu après le Moyen Âge

La suite de la documentation porte surtout sur la terre de la Moussière après la période templière. Au commencement du XVIe siècle, elle était possédée par des gentilshommes qui en portaient le nom. Jean Ier de la Moussière la laissa, le 14 octobre 1538, à son fils Jean II. Celui-ci la transmit en 1569 à Marc de la Moussière, qui en jouit jusqu’en 1580.

Le 14 juillet 1580, la terre passa par adjudication à Nicolas de Ciergues, contrôleur des finances du roi à Mâcon. Par sa fille Constance de Ciergues, épouse de François de Viveret, puis par Pierrette de Viveret, mariée le 14 avril 1602 à Pierre de Rymont, la seigneurie entra dans la famille de Rymont. Elle passa ensuite à Marie de Rymont de Champgrenon, épouse de Philibert de Barthelot, seigneur de Rambuteau.

Le 19 février 1725, les fils de Marie de Rymont se partagèrent sa succession, et la Moussière échut à Philibert II de Barthelot de Rambuteau. Celui-ci la vendit le 28 août 1745 à Lambert de Lafond. En 1777, ce dernier légua ses biens à son épouse Jeanne-Marie Peysson, remariée le 29 septembre 1794 avec Jean Milou, qu’elle institua héritier. Le 15 février 1813, Jean Milou vendit la Moussière à Sulpice Nagel. Enfin, le 3 décembre 1865, Pierre-Fleury-Ferdinand Granjon de Lépiney et son épouse Marie-Sophie-Hectorine du Puy en firent l’acquisition.

Le château de la Moussière

La documentation mentionne aussi un château de la Moussière, décrit comme situé dans une position très heureuse. Cette mention appartient à l’histoire postérieure du lieu. Rien, dans les éléments fournis, n’autorise à identifier ce château comme un bâtiment templier du XIIIe siècle. Il convient seulement d’y voir un état plus tardif de la terre et de son siège seigneurial.

Ce que l’on peut établir

  • La Moussière correspond à un domaine du Temple documenté dans l’Ain.
  • Le lieu est attesté dès le XIIIe siècle.
  • En avril 1275, un mas situé à La Moussière est tenu en fief des Templiers de Laumusse par Jacques de Féliciat, pour lui-même, son frère Henri et leur sœur Marguerite.
  • La notice ne permet pas d’y établir une commanderie autonome.
  • L’histoire postérieure suit la transmission de la terre entre familles laïques du XVIe au XIXe siècle.

La notice doit donc être centrée sur cette réalité : La Moussière n’est pas un lieu sans rapport avec le Temple, mais un domaine où une possession templière est explicitement attestée au XIIIe siècle, dans la dépendance de Laumusse.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

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