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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Meung-sur-Loire

Présence templière à Meung-sur-Loire

Les éléments conservés pour Meung-sur-Loire n’autorisent pas à parler d’une simple proximité régionale du Temple. Ils attestent au contraire une possession templière localisée dans la ville et dans sa paroisse. La documentation mentionne un domaine du Temple de Meung-sur-Loire, rattaché à la maison du Temple de Saint-Marc, avec des biens identifiés et une acquisition datée du milieu du XIIIe siècle.

La nature du bien doit être précisée avec soin. Le dossier ne décrit pas ici une commanderie autonome de plein exercice, mais un ensemble de possessions relevant de la maison du Temple de Saint-Marc. À Meung-sur-Loire, cette implantation comprend au moins deux maisons et une ferme dépendante. Le libellé de Moulin du Temple ne se trouve pas confirmé par les pièces fournies ; il convient donc de s’en tenir à ce que les textes permettent effectivement d’établir.

Les deux maisons du Temple à Meung-sur-Loire

La maison du Temple de Saint-Marc possédait à Meung-sur-Loire deux maisons. La première est nommée la Croix-Blanche, située dans la rue de ce nom. La seconde se trouvait devant l’église Saint-Pierre, dans le faubourg de Meung.

La seconde maison est la mieux documentée. Elle avait été vendue par le doyen et le chapitre de l’église de Meung-sur-Loire, désignée dans l’acte sous la forme ecclesie Magduni super Ligerim, à Guy de Basinville, maître du Temple dans les possessions cismaritimes. Le prix de vente était de 140 livres parisis. La charte d’acquisition fut passée à Meung en 1254, dans l’octave de la fête de saint Liphard, au mois de juin, puis confirmée la même année, le 9 décembre 1254, par Robert, évêque d’Orléans.

Cette suite d’actes établit sans ambiguïté une présence templière effective à Meung-sur-Loire au XIIIe siècle. Elle montre aussi que cette présence prenait place dans un cadre urbain et ecclésiastique bien défini, au contact immédiat de l’église Saint-Pierre et sous le contrôle documentaire des autorités religieuses locales et diocésaines.

La ferme de la Bovrie

À cet ensemble s’ajoutait la ferme de la Bovrie, située dans la paroisse de Meung-sur-Loire, au lieu-dit Saint-Pierre. Le texte la décrit comme une exploitation importante, comprenant plus de 230 arpents de terre. Elle était traversée par le chemin de Meung à Gravant et par celui de Beaumont à la Croix du Trousset ; elle était bornée à l’est par le chemin de Beaugency au Bardon et au sud par celui de Vendôme à Orléans.

La Bovrie dépendait du Temple de Meung-sur-Loire. Cette mention est essentielle, car elle montre que l’implantation locale ne se limitait pas à des maisons urbaines ou suburbaines. Elle comportait aussi une exploitation foncière de grande étendue, insérée dans un réseau de chemins et de limites précisément repérées. On a donc affaire à un petit domaine templier articulant habitat et revenu agricole.

Organisation et dépendance

Les documents internes indiquent que les biens de Meung-sur-Loire relevaient de la maison du Temple de Saint-Marc. Cette précision invite à distinguer soigneusement la structure de tutelle et l’implantation locale. Meung-sur-Loire apparaît comme un domaine ou une dépendance pourvue de maisons et de terres, non comme une commanderie explicitement qualifiée comme telle dans les extraits conservés.

Le vocabulaire doit donc rester mesuré. Il est établi que les Templiers possédaient des biens à Meung-sur-Loire ; il est également établi que la Bovrie dépendait de la maison du Temple de Meung. En revanche, les pièces ici réunies ne permettent pas d’affirmer l’existence d’un moulin templier documenté dans cette notice, ni de transformer d’office cette implantation en commanderie autonome.

Éléments de durée

Les extraits transmis conservent aussi des indications de revenu pour l’époque moderne, preuve de la continuité patrimoniale du domaine après la disparition de l’ordre du Temple. Les deux maisons étaient louées et produisaient un revenu ; la ferme de la Bovrie était elle aussi affermée. Ces mentions tardives confirment la consistance économique de l’ensemble, même si elles relèvent d’un état postérieur à l’époque templière proprement dite.

On peut ainsi suivre, à partir du noyau documentaire de 1254, la réalité d’un patrimoine implanté durablement dans le terroir de Meung-sur-Loire : deux maisons bien situées dans l’espace local, auxquelles s’ajoutait une ferme considérable par sa superficie.

Synthèse

Meung-sur-Loire ne doit donc pas être présenté comme un simple lieu voisin d’implantations templières mieux connues. La documentation fournie atteste ici une présence templière directe. Cette présence se manifeste par deux maisons possédées par la maison du Temple de Saint-Marc, dont l’une est acquise en 1254 pour 140 livres parisis, avec confirmation épiscopale la même année, et par la ferme de la Bovrie, forte de plus de 230 arpents, dépendant du Temple de Meung-sur-Loire.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Meung-sur-Loire