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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Saint-Aubin (59)

Maison du Temple de Saint-Aubin

Saint-Aubin, sur le territoire de l’actuelle commune de Dourlers, correspond bien à une implantation templière attestée dans le département du Nord. Le lieu ne doit donc pas être présenté comme un simple espace voisin du monde templier : les textes signalent ici une véritable maison du Temple, fondée au début du XIIIe siècle.

Localisation historique

La maison de Saint-Aubin relevait du secteur d’Avesnes-sur-Helpe, dans une zone de contact entre Hainaut et terres de circulation vers l’est et le sud du royaume. Les indications anciennes la placent sur le chemin de Dourlers. Elle était associée à un enclos de terre et à un environnement d’exploitation rurale, ce qui correspond à une implantation utile à la fois pour la gestion foncière et pour les échanges.

Origine et première attestation

L’existence de la maison est attestée dès septembre 1205. À cette date, un seigneur nommé Gautier, avec le consentement de ses frères Bouchard, chantre de l’église de Laon, et Guy, donne aux frères du Temple sa maison de Saint-Aubin, avec le manoir qui en dépend, un vivier neuf, la terre labourable et des terres situées du côté de Dourlers, accompagnées de droits de pâturage. Cette donation marque la naissance documentée de l’établissement templier de Saint-Aubin.

Les documents anciens présentent cette maison comme une maison du Temple établie dès le commencement du XIIIe siècle. Certaines traditions érudites la décrivent comme un chef-lieu de commanderie à l’époque templière ; dans tous les cas, la présence d’une maison organisée y est clairement attestée, avec des biens, des droits et une activité propre.

Biens et cadre d’exploitation

Le noyau du domaine comprenait la maison elle-même, le manoir qui en dépendait, un vivier, des terres labourables et des droits d’usage. Des descriptions plus tardives évoquent aussi une chapelle, un enclos d’environ cinq arpents et un ruisseau au nord, dont l’eau faisait tourner un moulin. L’ensemble montre un établissement rural structuré, fondé sur l’exploitation du sol, les ressources hydrauliques et la circulation des marchandises.

Saint-Aubin apparaît ainsi comme une petite maison templière à vocation économique. Elle n’était pas seulement un point de résidence : elle participait à la mise en valeur des terres et au fonctionnement des échanges dans cette partie du Hainaut.

Donations et accroissement du domaine

Le premier don de 1205 ne resta pas isolé. En juillet 1217, Gautier accorda encore aux frères du Temple de Saint-Aubin l’entrée d’un bois limité par celui de son frère Guy, pour une contenance de vingt muids à la mesure d’Avesnes. Cette nouvelle libéralité renforçait les ressources de la maison et son accès au bois, élément essentiel pour une exploitation médiévale.

Un autre témoignage important apparaît en 1251, lorsque Baudouin d’Avesnes, seigneur de Beaumont, et Félicité, son épouse, exemptèrent les frères de la maison de Saint-Aubin de tout droit de tonlieu dans leur seigneurie du Sart et de Dourlers, pour les denrées et marchandises nécessaires à leurs achats et à leurs ventes. Cette franchise montre que la maison participait activement à des mouvements commerciaux et ne se réduisait pas à une simple tenure isolée.

Fonction économique

Les notices anciennes décrivent Saint-Aubin comme une maison pastorale et de commerce. Elle servait de liaison entre le Hainaut et les foires de Champagne. Cette fonction éclaire la nature de l’établissement : il s’agissait d’un point d’appui modeste mais utile, inséré dans les circuits de circulation, de ravitaillement et d’exploitation agricole entretenus par l’Ordre du Temple.

Dans ce cadre, les exemptions accordées aux frères prennent tout leur sens. Elles facilitaient l’achat, la vente et le passage des denrées dans l’espace seigneurial voisin, confirmant le rôle logistique de la maison.

Dépendances et rattachements

Saint-Aubin possédait une relation étroite avec Toillon, sur l’actuelle commune du Favril, présenté comme une filiale ou dépendance de la maison. Cette articulation montre que Saint-Aubin n’était pas un simple bien isolé, mais un point d’organisation d’un petit ensemble local.

Les textes indiquent aussi qu’au milieu du XIIIe siècle, puis à nouveau à la fin du même siècle, Saint-Aubin et Favril-Toillon furent placés sous la juridiction d’Avesnes-le-Sec. Cela suggère une évolution dans l’organisation interne du réseau templier régional, avec l’intégration de maisons plus modestes dans une structure de commandement plus large.

Après la suppression de l’Ordre du Temple

Comme les autres biens templiers, la maison de Saint-Aubin passa ensuite aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Au moment de cette transmission, les textes signalent encore l’existence du site et de ses terres. La continuité du domaine après 1312 montre que l’établissement avait une réalité foncière suffisamment nette pour être repris dans l’organisation hospitalière.

La mémoire de Saint-Aubin demeure donc celle d’une implantation templière bien attestée, même si son importance était inférieure à celle des plus grandes maisons régionales.

Ce qu’il faut retenir

  • Saint-Aubin, à Dourlers, n’est pas un lieu hypothétique : une maison du Temple y est attestée dès 1205.
  • Le site comprenait des terres, un manoir, un vivier et des droits d’usage, puis reçut aussi des bois et des franchises.
  • La maison avait une fonction économique réelle, à la fois rurale, pastorale et commerciale.
  • Toillon dépendait de cet ensemble, avant que Saint-Aubin et Favril-Toillon ne soient rattachés à la juridiction d’Avesnes-le-Sec.
  • Après la suppression du Temple, les biens passèrent aux Hospitaliers.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

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