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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Chevillard

Le domaine du Temple de La Condamine à Chevillard

Le territoire de Chevillard, dans l’actuel département de l’Ain, est bien concerné par une présence templière documentée. Celle-ci ne correspond pas à une commanderie solidement établie, mais à un domaine du Temple situé à La Condamine, désignée dans les formes anciennes Condamina, de Condamina de la Doys, villa Contamine de la Dueys ou encore la Doys de Condamina. Il est donc inexact de présenter Chevillard comme un lieu sans présence templière attestée.

Localisation historique

La Condamine relevait de la commune de Chevillard. Le lieu est rattaché au secteur de Nantua, dans le Bugey, et apparaît comme une paroisse placée sous le vocable de saint Pierre, anciennement annexe de Vieu-d’Izenave. Les textes indiquent que ce noyau d’habitat ne se distingue véritablement qu’au début du XIIIe siècle.

Origine de la présence templière

Au commencement du XIIIe siècle, La Condamine dépendait du fief des seigneurs du Balmey, dont l’aîné portait le nom de Condamine. C’est dans ce cadre seigneurial que les Templiers de Molissole cherchèrent, vers 1230, à s’implanter sur place. Leur établissement reposait sur des fonds qui leur avaient été donnés par Garnier du Balmey, gentilhomme du pays.

Cette tentative montre une présence réelle de l’ordre du Temple à La Condamine, même si elle ne déboucha pas sur la fondation durable d’une maison autonome. Il faut donc parler ici avec précision d’un bien templier attesté et d’une tentative d’installation, non d’une commanderie certaine.

La tentative de fondation d’une maison du Temple

Les Templiers entreprirent d’élever à La Condamine une maison de leur ordre. Cette installation fut contestée par les chartreux de Meyriat, qui firent valoir leurs droits et privilèges sur le secteur. L’affaire donna lieu à une sentence arbitrale rendue en 1232 par les prieurs de Portes et de Saint-Sorlin, avec l’archiprêtre d’Ambronay.

La décision fut défavorable aux Templiers sur le point principal : ils durent démolir la maison qu’ils avaient construite. En revanche, ils conservèrent la libre disposition de leurs terres. Ce point est essentiel pour comprendre la situation historique de Chevillard : l’implantation bâtie fut empêchée, mais les biens fonciers templiers ne furent pas annulés pour autant.

Seigneurs, droits et cadre foncier

Les droits des seigneurs du Balmey sur La Condamine passèrent progressivement, par donations et ventes, aux chartreux de Meyriat et aux prieurs de Nantua. En 1236, Amé III du Balmey céda encore à Humbert de Mornay, prieur de Nantua, les droits qu’il conservait sur le village.

La documentation met ainsi en lumière un espace de pouvoirs partagés et disputés, où les Templiers n’étaient pas seuls en présence. Leur domaine s’inscrivait dans un environnement seigneurial et ecclésiastique complexe, marqué par la concurrence des établissements religieux voisins.

Nature du bien templier

Pour Chevillard, la réalité historique la mieux établie est celle d’un domaine du Temple à La Condamine. Les textes permettent aussi d’affirmer une tentative de création d’une maison, rapidement contrariée. En revanche, rien n’autorise à transformer ce dossier en commanderie pleinement constituée et durable. La nuance est importante : il y eut bien présence et possession templières, mais dans une forme limitée et contestée.

Évolution du lieu après la période templière

Après ces événements du XIIIe siècle, La Condamine poursuivit son développement sous d’autres autorités. En 1270, les religieux de Nantua placèrent le village sous la garde du sire de Thoire-Villars. Ce droit de garde servit ensuite de base à une extension de leur autorité seigneuriale.

Au XIVe siècle, Condamine fut rattachée à des cadres de domination plus larges. En 1355, le lieu fut uni au mandement de Saint-Martin-du-Frêne. En 1366, les redevances féodales furent cédées à Amé de Meyriat, seigneur de Maillat. Des concessions faites aux habitants dans les forêts contribuèrent ensuite au développement d’un habitat qui n’avait été d’abord qu’un petit hameau dépendant de Vieu-d’Izenave.

Ce qu’il faut retenir pour Chevillard

Chevillard ne doit donc pas être décrit comme un simple lieu du Haut-Bugey sans trace templière locale. Les documents attestent au contraire un domaine du Temple à La Condamine, sur le territoire communal, ainsi qu’une tentative de fondation par les Templiers de Molissole vers 1230. Cette tentative échoua en 1232 sur le plan de la construction, mais les terres demeurèrent entre leurs mains.

L’histoire templière de Chevillard est ainsi celle d’une possession foncière réelle, liée à La Condamine, dans un contexte de rivalités avec d’autres institutions religieuses. Elle mérite d’être présentée comme telle, sans exagération, mais sans nier non plus une présence que les textes établissent clairement.

Raccord historique local

Le rapprochement territorial désormais consolidé permet de relier Chevillard à un point d’implantation templière documenté dans le même département : Condamine-la-Doye.

Ce lieu est aujourd’hui rattaché à Chevillard – 01 Domaine du Temple de La Condamine. Cette précision permet de distinguer le site historique de la commune administrative actuelle.

Le dossier fait notamment apparaître moulin à eau, domaine du Temple, terres. Ces éléments sont présentés comme des repères du secteur et non comme la preuve automatique d’une commanderie dans la commune moderne.

La formulation reste volontairement prudente : le rapprochement confirme un lien territorial documenté sans étendre au-delà des éléments établis la nature exacte de la présence de l’Ordre du Temple.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

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