Une possession du Temple attestée à La Croix-en-Brie
La Croix-en-Brie, en Seine-et-Marne, ne relève pas d’une simple évocation régionale du Temple. Les éléments conservés attestent au contraire une possession templière bien identifiée dans le village, liée à une chapelle du Temple et à un domaine qui passa ensuite aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Origine de l’établissement
La tradition conservée pour le lieu indique qu’une première église avait été bâtie par les moines de Cluny, puis cédée aux Templiers en 1217. Cette mention établit l’existence d’un bien templier à La Croix-en-Brie dès le premier tiers du XIIIe siècle.
Le site ne doit toutefois pas être présenté sans nuance comme une commanderie templière autonome. Pour la période du Temple, la prudence conduit à parler d’un domaine et d’une chapelle du Temple attestés dans la localité. La commanderie bien documentée à La Croix-en-Brie appartient surtout à la période hospitalière qui suit la suppression de l’Ordre du Temple.
La chapelle et l’église du lieu
La notice ancienne associe étroitement l’histoire templière puis hospitalière de La Croix-en-Brie à l’église locale. Une nouvelle église y aurait été reconstruite au XIIIe siècle avec des matériaux de l’édifice antérieur et des grès tirés des carrières voisines.
L’ensemble est décrit comme comprenant une nef de quatre travées, un chœur, un sanctuaire sans abside, deux bas-côtés voûtés d’ogives et, sur le côté nord, une chapelle dédiée à saint Loup. Le sanctuaire, le chœur et les bas-côtés sont attribués aux commandeurs, tandis que la nef aurait relevé plus directement de la communauté des habitants.
Ces indications éclairent la place du site dans la vie religieuse locale, sans permettre pour autant d’affirmer que tout l’édifice visible aujourd’hui remonte uniformément à la phase templière. Elles montrent surtout qu’à La Croix-en-Brie, le Temple puis l’Hôpital ont laissé une empreinte concrète sur les bâtiments et sur l’organisation paroissiale.
Devenir sous les Hospitaliers
Après la disparition de l’Ordre du Temple, les biens de La Croix-en-Brie passèrent aux frères de Saint-Jean de Jérusalem. La localité devint alors un centre hospitalier de premier plan dans ce secteur de la Brie.
Les Hospitaliers y transférèrent de Provins une commanderie relevant du grand prieuré de France. Cette maison eut pour membres plusieurs dépendances, parmi lesquelles Châteaubleau, Clos-Fontaine et Coutençon. D’autres états plus tardifs rattachent également à La Croix-en-Brie des membres comme Rampillon, ancien établissement distinct, ainsi que le Val de Provins.
Il convient donc de bien distinguer les deux temps de l’histoire du site : une possession templière attestée avant 1312, puis une commanderie hospitalière développée après le transfert des biens.
Le chef-lieu hospitalier et ses dépendances
Pour l’époque hospitalière, La Croix-en-Brie est décrite comme le siège d’un important établissement. Le chef-lieu comprenait un château entouré de fossés et placé près de l’église, avec une communication entre les deux bâtiments. La cure relevait de la collation du commandeur.
Une chapelle dédiée à Notre-Dame de Lorette appartenait également à la commanderie dans la rue principale du village. S’y ajoutaient une glacière et une ferme appelée Bellay, avec des terres dépendantes. Ces éléments appartiennent à l’histoire post-templière du lieu, mais ils montrent la continuité d’occupation et d’administration du domaine après son passage à l’Hôpital.
Personnes et administration connues
La Croix-en-Brie apparaît encore dans des notices prosopographiques de l’époque hospitalière. Au XIVe siècle, des frères y sont signalés en résidence, ce qui confirme le rôle administratif du lieu après la suppression du Temple.
On relève notamment la présence d’un prêtre donné résidant à La Croix-en-Brie en 1373, ainsi que celle de Thomas de Buyssel, commandeur de Rampillon, lui aussi signalé à La Croix-en-Brie à la fin du XIVe siècle. Ces mentions confirment les liens étroits entre La Croix-en-Brie et les dépendances voisines intégrées à sa baillie ou à sa commanderie.
Repères historiques
- 1217 : la tradition documentaire place à cette date la cession de La Croix aux Templiers par les moines de Cluny.
- Avant 1312 : La Croix-en-Brie possède donc bien un bien relevant du Temple.
- Après la suppression de l’ordre : le site passe aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
- Période hospitalière : La Croix-en-Brie devient le siège d’une commanderie et administre plusieurs membres dans la région.
Ce qu’il faut retenir
La Croix-en-Brie ne doit pas être présentée comme un simple village voisin de sites templiers. La présence de l’Ordre du Temple y est bien attestée par l’existence d’un domaine et d’une chapelle liés au Temple, avec une cession mentionnée en 1217. En revanche, la grande commanderie connue par les textes relève surtout de la période hospitalière qui prolongea et développa cet héritage.
L’histoire du lieu repose ainsi sur une continuité : une implantation templière réelle au XIIIe siècle, puis une réorganisation et un essor sous les Hospitaliers, qui firent de La Croix-en-Brie un centre important de leurs possessions briardes.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
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