Le domaine du Temple de Saint-Bauzile à Roquecor
Le lieu traité sous le nom de Roquecor correspond ici au domaine du Temple de Saint-Bauzile, signalé dans la juridiction de cette commune. La documentation ne décrit pas une commanderie autonome installée au bourg de Roquecor, mais bien un domaine templier composé de terres et de droits seigneuriaux.
Une présence templière attestée dans la juridiction de Roquecor
Le domaine de Saint-Bauzile comprenait plusieurs terres nobles données à fief. À ces tenures s’ajoutaient des droits de lods, ainsi que la perception de la dîme au quartier de Labarthe. La documentation montre donc une implantation foncière et seigneuriale réelle, même si elle ne doit pas être confondue avec une grande maison conventuelle ou une commanderie distincte.
Cette présence s’inscrit dans l’organisation des biens templiers du pays, où certains lieux relevaient d’un établissement principal plus important tout en conservant localement des terres, des revenus et des droits bien identifiés.
Biens, revenus et droits seigneuriaux
À Saint-Bauzile, les biens consistaient en des terres tenues en fief, soumises à des lods de 5 pour un. Le domaine tirait également profit de la dîme du quartier de Labarthe, sans charge envers l’église pour cette perception.
Les fiefs de Saint-Bauzile furent plus tard réunis, pour l’évaluation de leurs revenus, à ceux situés dans la juridiction du Verdier. L’ensemble produisait alors 17 setiers de blé, 3 setiers d’avoine, une livre de cire et une poule, outre les lods ; il est précisé que la part du Verdier restait très faible dans ce total. Chaque feudataire devait en outre une poule.
Gestion du domaine et renouvellements de bail
La gestion de ces biens est suivie sur une longue durée. Le 6 mars 1407, le commandeur Amalric de Savignac inféoda ces biens. Le bail fut ensuite renouvelé le 15 décembre 1451 par Pierre Rafin, puis le 24 septembre 1534 par Philippe de Lasagne.
Ces actes montrent la permanence de l’exploitation et de l’encadrement seigneurial du domaine bien après la disparition de l’Ordre du Temple, dans le cadre des établissements qui avaient recueilli ses biens.
Privilèges fiscaux et conflits au XVIIe siècle
Les biens de Saint-Bauzile étaient exempts de taille. Au milieu du XVIIe siècle, les consuls les ayant néanmoins imposés, une procédure fut engagée par le commandeur Antoine de Glandèves de Castelet. Le 30 juin 1655, la cour des aides de Montpellier ordonna leur dégrèvement et défendit de les taxer à nouveau pour quelque charge que ce soit.
Un autre conflit porta sur la dîme du quartier de Labarthe. Le curé de la paroisse en revendiqua la perception. Le commandeur laissa d’abord faire, mais l’affaire fut reprise par Jean de Villeneuve-Villevieille, qui obtint du curé, le 5 mars 1686, une reconnaissance notariée du droit de la commanderie sur cette dîme.
Après la mort de ce curé, Jean Vedelh continua pourtant à lever les dîmes. En 1691, le commandeur Gaspard de Pontevès-Bargème l’assigna pour obtenir restitution des sommes perçues indûment et faire respecter les privilèges attachés au domaine.
Après le Temple
Les actes conservés pour les XVe, XVIe et XVIIe siècles appartiennent déjà au temps où les anciens biens du Temple étaient administrés par une commanderie. Ils confirment surtout la continuité d’un patrimoine foncier plus ancien, maintenu avec ses revenus, ses exemptions et ses droits de dîme.
Pour Roquecor, l’essentiel est donc de distinguer clairement les niveaux d’implantation : il ne s’agit pas nécessairement d’une commanderie locale, mais il est bien question d’un domaine templier attesté, durablement exploité et défendu en justice.
Ce qu’il faut retenir pour Roquecor
- Saint-Bauzile est attesté comme domaine du Temple dans la juridiction de Roquecor.
- La présence templière locale ne doit pas être niée, même si elle ne correspond pas à une commanderie autonome prouvée sur place.
- Le domaine comprenait des terres nobles en fief, des droits de lods et la dîme du quartier de Labarthe.
- Sa gestion est documentée sur la longue durée, avec des actes de 1407, 1451, 1534, 1655, 1686 et 1691.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
Pour découvrir l’univers templier proposé par notre partenaire marchand, retrouvez également l’Univers des Templiers de La Forge des Chevaliers®.
REPÈRES TERRITORIAUX
Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.
