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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

enquête de 1373 dans le prieuré de France

enquête de 1373 dans le prieuré de France

L’enquête de 1373 dans le prieuré de France est une opération de constat et d’enregistrement portant sur des établissements, des revenus, des dépendances et des personnes relevant de l’Hôpital dans le prieuré de France. Elle se rattache à un moment de contrôle administratif et patrimonial, dans lequel apparaissent à la fois des maisons, des commanderies, des granges, des revenus ecclésiastiques et des charges liées à la guerre. Le vocabulaire conservé montre un relevé attentif des biens et de leur état matériel ou fiscal, avec des termes comme decima, granchia, boveria, granarium, furnum, domus ou encore bursa capituli.

Cette enquête concerne explicitement le prieuré de France et l’Hôpital. Elle fait apparaître un espace très large, qui ne se limite pas à une seule commanderie, mais embrasse des implantations de Champagne, du diocèse de Sens, du Laonnois, de la région de Provins, de l’Île-de-France, de la Normandie, ainsi que plusieurs localités des anciens Pays-Bas et de la principauté de Liège. L’ensemble suggère moins un récit ponctuel qu’un instrument de gouvernement, destiné à dresser un état des lieux de possessions et de charges réparties dans un ressort étendu.

Repères

L’enquête est datée de 1373 et se situe dans le cadre du prieuré de France. Le nom même de l’événement est stable, avec la forme « enquête de 1373 dans le prieuré de France » et la variante de capitalisation « Enquête de 1373 dans le prieuré de France ».

Le dossier mentionne le prieuré de France comme cadre institutionnel principal. Parmi les lieux expressément liés à l’enquête figurent notamment Provins, Avalterre, Meleduno, Castello Pruvinensi, Commerniaco, Rampillione, Cruce in Bria et Chevruto, ce dernier étant situé dans le diocèse de Sens. Sens apparaît d’ailleurs à plusieurs reprises, tant pour des personnes que pour l’arrière-plan géographique de certaines notices.

Objet et contenu de l’enquête

L’enquête porte sur des maisons hospitalières et sur leur réseau de dépendances. Le lexique des biens et des revenus y occupe une place notable. Les mentions de decima renvoient à des prélèvements ou revenus de type décimal; celles de granchia, boveria, granarium et furnum indiquent un intérêt concret pour l’exploitation agricole, l’équipement des domaines et leurs capacités de stockage ou de transformation. La présence de la bursa capituli suggère en outre une attention portée aux flux financiers ou aux réserves de chapitre.

Le vocabulaire de la contrainte et de l’insécurité est également perceptible, avec les termes guerra, inimici regni Francie et gardianus regius. L’enquête se place donc dans un contexte où l’état des établissements ne peut être dissocié des pressions militaires, des gardes ou protections royales, ni des dommages susceptibles d’affecter les revenus et l’exploitation des biens. Le mot fortereche va dans le même sens, en signalant une attention aux dispositifs fortifiés ou à la capacité défensive de certains sites.

Établissements et territoires mentionnés

Le relevé embrasse un grand nombre d’établissements hospitaliers. Sont nommées, entre autres, la commanderie du Plessie d’Arrebourse, la commanderie de Sacy, la commanderie de Monnestau, la commanderie du Sauce sur Yonne, la commanderie de Villemoson, la commanderie de Baugy, la commanderie de Courval, la commanderie de Breteyille et la commanderie de la Landelle.

À côté de ces commanderies apparaissent diverses maisons, cours et dépendances désignées sous des formes abrégées ou latinisées, telles que la crie du Temple, la comm. du Temple, la crie Saint-Jean, la crie Saint-Marc, la crie du Val-de-Provins, la crle d’Ozouer-le-Voulgis, la crle de Pilvernier, la crle de Passy, la crle du Plessis-aux-Éventés, la comm. de Puisieux-sous-Laon, le m°n de Morlaine, le mon de Nesle-l’Hôpital, le mon de Saint-Jean-lès-Nivelles, le mon de Neuve-Court et la ferme d’Oosterhout. L’ensemble est même résumé par une mention collective des « cries et mons du prieuré de France présumées d’origine templière », formule qui éclaire la mémoire institutionnelle de certains établissements sans permettre, à elle seule, de reconstituer pour chacun une histoire détaillée.

Le maillage territorial est très large. Il comprend notamment Champagne et le prieuré de Champagne, Bretteville-le-Rabet, Broquiers, Campeaux, Campigny, Bourg-sur-Aisne, Bruyères, Cerny-en-Laonnois, Chavonne, Catillon, Chambeugle, Cerisiers, Champfleury, Châteaubleau, Chalou-la-Reine, Compiègne, La Bruyère en Belgique, Bruxelles, Chantraine, Cambrai, Chartres, Turnhout, Tricot, Thony, Vailly-sur-Aisne, Les Vallées, Vaillampont, Vieille-Cour, Vernoit, Visé, Ville-sur-Haine, Walsbergen, Warnant, Villedieu-lès-Bailleul, Villedieu-de-Montchevrel et Villedieu-de-Saultchevreuil.

Personnes et acteurs

L’enquête fait intervenir ou mentionne plusieurs catégories d’acteurs. Les collecteurs pontificaux, les commissaires-enquêteurs et Grégoire XI apparaissent dans son horizon institutionnel. La mention du gardianus regius signale aussi un environnement où l’autorité royale pouvait entrer dans la gestion ou la protection des biens.

Parmi les personnes nommées figurent Johannes Jouberti, Ludovicus Gobini, Johannes Charronni, Johannes Guerini et Stephanus Britonis; plusieurs de ces mentions se rattachent à Sens. On relève aussi Adam Boulart, Jordanus Brant, Willelmus Brant, Bernardus Carit, Guido de Clederio, Clerembaut de Carnieres, Jehan de Carnieres, Simon de Bucy, Pierre de Caux, Ponchardus de Chivres et Guillaume de Champenoies.

D’autres noms étendent encore l’aire de l’enquête vers les régions septentrionales: Robertus de Turribus, Egidius de Wasia, Johannes de Traiecto, Henricus de Wippervorde, Thomas de Waleran, Guillaume Villart, Henricus de Villarret, Nicole de Vérone, Philippe d’Yvort, Jehanne de Villerres et Willequinus Theutonicus. Ces personnes ne peuvent pas toutes être caractérisées avec précision, mais leur présence confirme le caractère administratif et relationnel très dense de l’opération.

Portée historique

L’intérêt principal de l’enquête tient à la vision d’ensemble qu’elle offre sur l’administration hospitalière du prieuré de France en 1373. Elle met en relation des commanderies, des maisons, des revenus, des équipements ruraux, des espaces de stockage, des charges financières et des contraintes politiques ou militaires. Elle éclaire ainsi le fonctionnement concret d’un grand ressort hospitalier, non seulement comme cadre religieux, mais comme réseau foncier et économique.

Dans le détail, plusieurs identifications demeurent délicates en raison de graphies anciennes, abrégées ou latinisées. Certaines localités ou dépendances peuvent être reconnues avec vraisemblance, mais leur interprétation doit rester prudente tant que les rapprochements toponymiques et institutionnels ne sont pas confirmés pièce à pièce. L’enquête n’en demeure pas moins un jalon important pour l’histoire du prieuré de France et pour l’étude de ses établissements au XIVe siècle.

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