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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Paris

Paris

Paris occupe une place majeure dans l’histoire des établissements templiers puis hospitaliers en France. La ville apparaît à la fois comme siège d’une maison du Temple d’importance exceptionnelle, comme cadre de réunions capitulaires, comme espace de juridiction et de gestion, et comme point de référence pour un ensemble de maisons, rues, chapelles et dépendances. Les formes anciennes du nom, telles que Parisius, Parisiensis, Paristi ou Pftris, renvoient tantôt à la ville elle-même, tantôt à son diocèse, ce qui traduit l’ampleur des usages administratifs et ecclésiastiques du toponyme.

Dans le cadre templier, Paris désigne d’abord la maison du Temple de Paris, le Temple de Paris ou encore le Templum Parisiense, avec son enclos, sa chapelle et son environnement urbain propre. Après la disparition de l’ordre du Temple, la ville demeure un centre de premier plan pour le prieuré de France et pour les établissements hospitaliers qui y sont signalés, notamment l’Hôpital de Paris, le Grand-Prieuré de France et la commanderie de Saint-Jean-de-Latran. Cette continuité fait de Paris un lieu central pour suivre les transformations institutionnelles entre le début du XIVe siècle et la seconde moitié du XIVe siècle.

Identification et cadre urbain

Le nom de Paris recouvre ici la ville, son diocèse et plusieurs espaces de commandement ou d’administration qui lui sont rattachés. L’expression de diocèse de Paris est employée dans des contextes de juridiction ecclésiastique et de gestion territoriale. La ville sert également de point de localisation à un grand nombre de maisons particulières ou d’éléments topographiques : Vico Templi, l’Enclos du Temple, la Croix du Trahoir, le cloître Notre-Dame, la rue du Figuier, ainsi que diverses demeures urbaines, comme la Maison de Nicolas Hondee, la Maison de Jean le Grant, la Maison de Ocrea, la Maison de Robert Anudei, la Maison de Blavot, la Maison de Guillaume de Marcilhiaco, la Maison de Jean de Chaminis, la Maison de Jean Rossel, la Maison de Tiron ou encore la Maison de la Serpent.

Plusieurs institutions religieuses ou ecclésiastiques sont pareillement situées à Paris : l’abbaye Saint-Magloire, l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, l’Église Notre-Dame de Paris, l’aula épiscopale, le viridarium de l’évêque de Paris, ainsi que la chapelle Saint-Blaise de la maison du Temple de Paris. L’ensemble dessine un paysage où les implantations du Temple et de l’Hôpital s’insèrent dans un tissu dense de pouvoirs, de propriétés et de voies urbaines.

Paris et la maison du Temple

Paris est le lieu de la maison du Temple de Paris, dite aussi commanderie du Temple à Paris, comm. du Temple, ou ancienne maison du Temple à Paris. Le site est encore désigné sous des formes comme ecclesia Templi Parisiensis, Templum Parisiense ou Yostel du Temple. Il comprend une chapelle et un espace identifié plus tard comme baillie qui jadiz fut du Temple à Paris. L’Enclos du Temple, aujourd’hui rapporté au secteur du 3e arrondissement de Paris, conserve le souvenir topographique de cette implantation.

Le Temple de Paris apparaît aussi comme lieu de réunion. Des chapitres de l’ordre y sont situés, de même qu’un chapitre général tenu à la maison du Temple de Paris. Un chapitre général de Paris y est également mentionné. Paris n’est donc pas seulement une résidence ou une commanderie urbaine : la ville remplit une fonction de centre délibératif au sein de l’organisation templière.

Procédures, interrogatoires et cadre ecclésiastique

Paris joue un rôle notable dans les procédures engagées contre des frères du Temple. Des processus ou procès envisagés au concile de Sens contre des frères y sont placés, de même qu’un édit de citation renouvelé aux archevêques et évêques du royaume de France, également lié au diocèse de Paris. Les interrogatoires du 9 février 1310 sont expressément rapportés au diocèse de Paris et à la ville de Paris.

La présence de l’archevêque de Sens, de l’évêque d’Amiens, du Parisiensis episcopus et de l’aula épiscopale de Paris souligne l’importance du cadre ecclésiastique parisien dans ces affaires. L’Église Notre-Dame de Paris appartient à ce même horizon institutionnel. Paris apparaît ainsi comme un lieu d’articulation entre justice ecclésiastique, autorité épiscopale et mémoire des établissements du Temple.

Paris, centre du prieuré de France au XIVe siècle

Après la suppression de l’ordre du Temple, Paris demeure un centre majeur pour les Hospitaliers et pour le prieuré de France. Le Grand-Prieuré de France y est localisé, tout comme le prieur de France, l’Hôpital de Paris, l’Hôpital Saint-Jean de Paris et la commanderie de Saint-Jean-de-Latran. La ville est le cadre du chapitre général du prieuré de France à partir de 1354, d’une assemblée des commandeurs du prieuré, du chapitre annuel du prieuré tenu le 14 juin 1363, ainsi que d’un chapitre du prieuré attesté en juin 1363 et de nouveau à partir du 14 juin 1374.

Paris est encore le lieu d’un paiement au prieur le 18 juin 1355, d’une assemblée de la Chandeleur en février 1373, d’un chapitre autour des 15-19 juin 1373, et de la présence de Robert de Juilly au début de juin 1363, le 24 juillet 1373, puis dans la deuxième quinzaine de juillet 1374. La ville sert donc de siège effectif au gouvernement du prieuré, à sa vie capitulaire et à certains actes de gestion.

Dépendances, agents et réseau parisien

Paris sert de pôle à plusieurs dépendances ou ressorts. Lourcines dépend de Paris. Un receveur est qualifié pour la ville, la vicomté et le diocèse de Paris en 1370. D’autres lieux ou entités sont associés à cet espace de commandement, parmi lesquels Corbueil, Yvrey, la baillie de Laigneville ou la préceptorie de Malo Passu. Cette centralité parisienne se lit également dans les mentions d’approvisionnement parisien.

Un grand nombre de personnes sont localisées à Paris ou à Parisius : Addam de Valincuria, frater Radulphus de Freynay, Frère Johannes Regis, Petrus de Torta Villa, Emery d’Amboise, Gaubertus de Silhi, Nicolaus de Sartis, Jacobus de Molayo, Henquinus Villane de Pretano, ainsi que d’autres figures liées à des maisons ou à des actes. La concentration de ces noms indique la densité des activités administratives, judiciaires et résidentielles attachées à la capitale.

Repères

Les principales formes du nom sont Paris, Parisius, Parisiensis, Paristi et Pftris. Les jalons chronologiques les plus nets sont 1309 et 1310 pour le contexte des poursuites et des interrogatoires, puis 1355, 1363, 1370, 1373 et 1374 pour l’activité capitulaire et administrative du prieuré de France à Paris. La ville demeure encore un point de mention en 1357 et dans des actes postérieurs qui conservent le souvenir de ses implantations religieuses et seigneuriales.

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