Repères territoriaux liés
La métairie du Temple d’Aulot est attestée comme une dépendance rurale située dans le département de la Côte-d’Or, dans l’arrondissement de Montbard et le canton de Recey-sur-Ource, sur le finage de Bure. La documentation ne permet pas d’en faire une commanderie autonome. Elle montre au contraire un établissement qualifié de métairie dans les textes d’Ancien Régime, bâti sur un plateau au sud-est de la commanderie de Bure, dont il était éloigné d’environ cinq kilomètres.
Nature du bien
Le dossier conserve la mémoire d’un ensemble agricole important, associé à une chapelle. Il faut donc distinguer avec soin les réalités documentées. Aulot est d’abord une métairie, c’est-à-dire une exploitation dépendante, et non une maison ou une commanderie individualisée. La présence d’une chapelle sur place est également attestée, mais elle ne change pas la nature principale du bien, qui reste celle d’un domaine agricole relevant d’un ensemble plus vaste.
La transmission précise aux Templiers n’est pas décrite par les documents conservés ici. En revanche, ceux-ci indiquent que la ferme d’Aulot fut sans doute héritée du Temple par les Hospitaliers. Cette formule prudente est essentielle : elle signale une continuité probable entre la période templière et la gestion hospitalière, sans permettre d’affirmer davantage que ce que les textes autorisent. La présence templière doit donc être retenue comme probable dans la chaîne de possession, mais sans forcer la documentation au-delà de son niveau de certitude.
Situation et dépendance
Aulot se trouvait sur le territoire de Bure, comme la métairie de Conclois, à laquelle elle est explicitement comparée. Cette proximité de statut éclaire sa fonction : il s’agissait d’une exploitation relevant de la commanderie, insérée dans l’économie foncière de celle-ci. Son implantation sur un plateau au sud-est de Bure, avec une distance de cinq kilomètres, montre qu’elle formait une annexe de travail et de mise en valeur des terres plutôt qu’un centre religieux ou administratif indépendant.
Le site bénéficiait en outre d’un environnement utile à l’exploitation. Au bas du plateau coulait une source pérenne, la Douix, qui se jette dans l’Ource. Cette mention n’est pas anecdotique : elle rappelle les conditions concrètes de fonctionnement d’un domaine rural, où l’accès durable à l’eau comptait pour les hommes, le bétail et l’activité quotidienne.
Exploitation et revenus
La documentation fournit plusieurs indications précises sur l’économie d’Aulot. En 1605, le fermage de la métairie était fixé à cinq livres tournois et dix setiers de grains, répartis à quantités égales entre froment, seigle, orge et avoine. Cette composition du loyer montre une exploitation diversifiée, associant revenu monétaire et redevance en nature.
À l’époque moderne, les bâtiments sont décrits comme « immenses ». L’ensemble comprenait cinq maisons avec chambre à four, quatre granges, cinq écuries et une soue à porcs, entre autres aménagements. Ce détail donne la mesure d’un établissement agricole de grande ampleur, capable d’abriter non seulement des habitants et des réserves, mais aussi un cheptel et les fonctions ordinaires d’une exploitation structurée.
Le domaine foncier lui-même était considérable. Il comptait 426 arpents, comprenant terres, pâquis et friches jugées impropres à la culture, auxquels s’ajoutaient 54 arpents de prés. Cette répartition souligne une économie fondée à la fois sur les labours, les espaces de parcours et les surfaces de fauche, dans un équilibre typique d’une grande dépendance rurale.
La chapelle d’Aulot
Une chapelle a existé à Aulot jusqu’au début du XIXe siècle. Sa présence est explicitement signalée et ne doit pas être effacée derrière la seule métairie. Toutefois, elle apparaît comme l’oratoire d’un domaine agricole, destiné à l’usage des occupants, et non comme le signe d’un établissement ecclésiastique distinct.
En 1768, les commissaires la visitent dans leur procès-verbal d’améliorissements. Ils la décrivent comme une petite chapelle dédiée à saint Biaise, dont les murs, la charpente et la couverture étaient en bon état. Ils précisent aussi qu’elle n’était conservée que pour la dévotion des fermiers et qu’elle n’était grevée d’aucune charge de messes, conformément à un décret de 1745. Cette mention éclaire très concrètement sa fonction à la fin de l’Ancien Régime : une chapelle encore entretenue, mais réduite à un usage dévotionnel local, au service des habitants de la métairie.
Portée historique
Aulot doit donc être compris comme une dépendance agricole importante du secteur de Bure, probablement passée des Templiers aux Hospitaliers, et restée nettement identifiée comme métairie dans les documents postérieurs. La chapelle Saint-Biaise, attestée jusqu’au début du XIXe siècle, appartenait à cet ensemble sans en modifier la nature. Les textes conservés permettent ainsi d’établir non pas une commanderie autonome, mais un domaine rural vaste, bâti, exploité et durablement maintenu dans l’orbite d’un établissement plus important.
Situer cette implantation
