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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Métairie du Temple de Courchamp

Localisation et nature du bien

Repères territoriaux liés

Courchamp, aujourd’hui rattaché à la commune de Chaume-et-Courchamp dans le département de la Côte-d’Or, est attesté comme lieu de possession templière. Les éléments conservés permettent d’y reconnaître non pas une commanderie autonome, mais bien une métairie relevant du temporel du Temple. Cette qualification doit être maintenue avec précision, car la documentation mentionne explicitement la Métairie du Temple de Courchamp et non une maison ou une commanderie.

Le dossier toponymique montre l’ancienneté du lieu et la permanence de son identification. Le nom apparaît sous plusieurs formes au fil des siècles : Johannes de Curto Campo en 1114, Ecclesia de Corchamp entre 1163 et 1179, Corchamp en 1185, Cultus Campus en 1244, puis encore Courchamp en 1413, Corchamps en 1487 et Courchant en 1496. Ces variantes confirment la continuité du site dans les archives, sans autoriser pour autant à lui attribuer une nature différente de celle expressément transmise par les notices.

Biens et droits des Templiers à Courchamp

La présence templière y est documentée de manière positive. Dès 1144, les Templiers y percevaient des droits de dîmes sur le hameau. Cette indication est importante, car elle montre que leur implantation à Courchamp ne se réduisait pas à une simple mémoire toponymique : ils y détenaient effectivement des revenus seigneuriaux ou ecclésiaux portant sur la production locale.

La documentation indique également qu’ils possédaient la métairie de l’Envieuse. Cette mention éclaire la réalité économique de leur établissement. Il ne s’agit pas seulement de droits abstraits, mais aussi d’un bien foncier exploité, intégré à l’ensemble des possessions rurales du Temple. La métairie constituait vraisemblablement le cœur de leur présence locale, avec une fonction agricole et de perception des revenus.

À cette base s’ajoutent des accroissements fonciers. Il est en effet précisé que de nombreux champs sont concédés dès 1234. Cette date marque une phase d’extension ou de consolidation du patrimoine templier à Courchamp. La documentation ne détaille pas ici la liste des parcelles ni la forme juridique exacte de chaque concession, mais elle permet d’affirmer que les Templiers y renforcent alors leur assise territoriale par l’adjonction de terres cultivables.

Le cadre historique du site

L’ensemble des mentions disponibles dessine le profil d’une implantation rurale bien insérée dans le paysage local. La référence à Ecclesia de Corchamp entre 1163 et 1179 atteste l’existence d’un cadre paroissial ou ecclésial, tandis que les dîmes perçues par les Templiers dès 1144 montrent leur insertion précoce dans les circuits de prélèvement. À Courchamp, leur présence paraît donc associer exploitation agricole, perception de revenus et maîtrise de terres.

La forme latine Cultus Campus, relevée en 1244, rappelle elle aussi un espace mis en culture. Sans extrapoler au-delà des textes, elle s’accorde avec l’image d’un terroir structuré par les champs et les revenus fonciers, précisément ce que traduisent la mention de la métairie de l’Envieuse et celle des nombreuses concessions de champs au XIIIe siècle.

Ce que l’on peut établir, et ce que l’on ne peut pas étendre

Les documents permettent donc d’établir de façon solide une présence templière à Courchamp, fondée sur des droits de dîmes, la possession d’une métairie nommée et l’acquisition ou la concession de champs. En revanche, rien dans le dossier transmis n’autorise à transformer cette métairie en commanderie, ni à lui attribuer une chapelle, une maison du Temple distincte ou un rôle administratif supérieur.

De même, l’état des pièces reproduites ne permet pas de préciser avec certitude de quelle commanderie ou maison-mère relevait Courchamp, ni de suivre en détail le devenir du bien après la suppression de l’ordre du Temple au début du XIVe siècle. Cette absence de précision dans les extraits conservés n’efface pas la réalité de l’implantation ; elle impose seulement de s’en tenir à ce qui est explicitement documenté.

Synthèse

Courchamp correspond ainsi à une métairie templière attestée dans le secteur de l’actuelle commune de Chaume-et-Courchamp. Les Templiers y sont signalés dès 1144 comme percepteurs de dîmes sur le hameau ; ils y possédaient en outre la métairie de l’Envieuse, et leur patrimoine s’y accroît encore par la concession de nombreux champs à partir de 1234. Les formes anciennes du toponyme, régulièrement relevées du XIIe au XVe siècle, assurent l’identification durable du lieu. La documentation disponible décrit donc un établissement rural et foncier relevant du Temple, sans qu’il soit possible, sur cette seule base, de lui attribuer un statut supérieur à celui de métairie.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Métairie du Temple de Courchamp