La maison du Temple de Saint-Étienne-de-Renneville
Repères territoriaux liés
Saint-Étienne-de-Renneville désigne une implantation templière importante de l’actuel département de l’Eure, traditionnellement rattachée au territoire de Sainte-Colombe-la-Commanderie. Les documents conservés montrent qu’il ne s’agit pas d’une simple mention toponymique isolée, mais du centre d’un ensemble foncier ancien et bien structuré.
Localisation historique
Le lieu relevait de l’Eure, dans la région d’Évreux. Les textes associent Saint-Étienne-de-Renneville à Sainte-Colombe et aux terroirs voisins du Neubourg et de Glisolles. Le nom ancien peut varier selon les actes, mais il renvoie ici à la maison templière établie dans ce secteur et non à un homonyme extérieur au pays d’Évreux.
Origine et importance de l’établissement
Saint-Étienne-de-Renneville apparaît comme une maison d’origine templière fondée dès le XIIe siècle et richement dotée par les seigneurs d’Harcourt. La tradition documentaire place Richard d’Harcourt parmi les premiers bienfaiteurs marquants du lieu ; il était encore rappelé avant la Révolution par son tombeau, conservé autrefois dans le chœur de la chapelle.
Cette implantation prit une place notable dans l’organisation locale des biens du Temple. Les textes postérieurs montrent qu’elle formait le centre d’un ensemble de dépendances groupées autour d’elle, ce qui explique son poids dans la gestion du temporel régional.
La chapelle du Temple
La nature retenue pour ce lieu est celle d’une chapelle du Temple. Les documents permettent bien d’identifier une chapelle attachée à la maison de Saint-Étienne, notamment par la mention du chœur où fut enseveli Richard d’Harcourt. Cette chapelle s’inscrivait dans un établissement plus large, qui servait de noyau à plusieurs possessions templières voisines.
Il convient toutefois de ne pas réduire tout le site à la seule chapelle : la documentation montre un ensemble foncier et seigneurial plus vaste, dont la chapelle constituait l’un des éléments essentiels.
Donations et enrichissement du domaine
Parmi les dons anciens figure celui de Marguerite, comtesse de Warwich, qui donna en 1156 à l’église Sainte-Marie des chevaliers du Temple la ville de Lammadoc, avec l’accord d’Henri du Neubourg, son fils. Cet acte illustre l’ancienneté des libéralités consenties à la maison de Saint-Étienne.
Une autre charte signalée par l’inventaire de Renneville mentionne Geoffroy Vac, qui céda, avec le consentement de son fils Hugues, toute la terre qu’il possédait au-dessous du ruisseau de Masculey et d’Angerville, avec du bois et divers usages attachés au lieu. Ces donations montrent que le patrimoine de Saint-Étienne s’est constitué par agrégation progressive de terres, de droits et de revenus.
Un centre de dépendances et de revenus
La maison de Saint-Étienne-de-Renneville commandait ou regroupait plusieurs biens et membres dans les paroisses voisines. Les textes associent notamment à son domaine des possessions à Sainte-Colombe, Sémerville, Épreville, Bailly, Angerville et dans d’autres lieux du même secteur.
Ces dépendances n’avaient pas toutes la même nature. Certaines relevaient du domaine agricole, d’autres de moulins, de dîmes, de terres ou de droits seigneuriaux. Il est donc important de ne pas transformer systématiquement chacune de ces possessions en commanderie autonome : elles relevaient pour plusieurs d’entre elles de l’ensemble centré sur Saint-Étienne-de-Renneville.
Après la disparition de l’ordre du Temple
Après la suppression de l’ordre du Temple, la maison et ses dépendances passèrent à l’Hôpital. Les textes indiquent que l’ensemble fut transmis sans démembrement immédiat et conserva une réelle cohérence territoriale. Plus tard, dans l’organisation hospitalière, Saint-Étienne-de-Renneville demeura le chef-lieu d’une baillie particulièrement fournie en membres.
Cette continuité explique la bonne conservation du souvenir documentaire de la maison, bien au-delà de la période strictement templière.
Ce que l’on peut retenir
Saint-Étienne-de-Renneville correspond à une implantation templière solidement attestée dans l’Eure. La présence des Templiers y est certaine, et les documents montrent un établissement ancien, doté d’une chapelle, enrichi par plusieurs donations et placé à la tête d’un ensemble de biens voisins. Il serait donc inexact de présenter ce lieu comme une simple tradition locale sans consistance historique, ou d’y nier toute présence templière documentée.
Situer cette implantation
