Maison du Temple de Quimper
Repères territoriaux liés
À Quimper, la présence templière est attestée par une maison connue plus tard sous le nom de Temple de Saint-Jean. Le dossier conservé montre qu’il ne s’agissait pas simplement d’un hôpital attribuable d’emblée aux Hospitaliers, mais d’un établissement relevant d’abord des Templiers, passé ensuite aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Localisation historique
L’établissement se trouvait à Quimper, près de la chapelle Saint-Jean, sur le quai, dans le secteur de la Terre-au-Duc. La chapelle Saint-Jean-Baptiste était située à l’angle du quai et de la rue Vis. Derrière elle s’élevait l’ancienne maison, déjà ruinée au début du XVIIe siècle, qui conservait le nom de Temple de Saint-Jean.
Origine et identification du site
Une charte de 1160 mentionne un hôpital désigné comme Hospitalis inter duas Kemper. L’identification de cet établissement a longtemps été discutée. Toutefois, l’état de la commanderie visité en 1617 indique que la maison de Quimper portait le nom de Temple de Saint-Jean. Cet élément conduit à distinguer la maison templière de Quimper de l’hôpital mentionné dans la charte de 1160, lequel ne peut donc pas être attribué avec certitude à la même fondation.
La maison de Quimper apparaît ainsi comme un établissement templier ancien, dont la continuité se lit ensuite dans l’organisation hospitalière.
La maison et la chapelle Saint-Jean
Le noyau quimpérois comprenait au moins une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste et une maison attenante ou voisine servant d’ancien logis des commandeurs. La chapelle, partiellement ancienne dans ses maçonneries, fut en grande partie reconstruite au début du XVIIe siècle après les destructions subies pendant les troubles de la Ligue.
La maison elle-même, dite Temple de Saint-Jean, formait avec son jardin et son auditoire le centre seigneurial de cet établissement. C’est là que s’exerçait la justice attachée à la commanderie.
Possessions et droits
À l’époque moderne, la commanderie de Quimper disposait d’une juridiction haute, moyenne et basse exercée au voisinage de la chapelle Saint-Jean. Le fief quimpérois proprement dit paraît cependant avoir été de dimension restreinte, limité surtout à la chapelle, à l’ancien manoir et à l’auditoire.
En dehors de la ville, l’ensemble relevait de droits, tenues et dîmes dans plusieurs paroisses, notamment Penhars, Plonéis, Ergué, Beuzec-Cap-Sizun et Plougastel. Certains de ces noms apparaissent dans les mentions anciennes conservées pour le XIIe siècle, ce qui confirme l’ancienneté de l’assise foncière de l’établissement.
Dépendances et extension du temporel
Le temporel rattaché à Quimper ne se limitait pas au seul site urbain. Des biens relevaient aussi de cette commanderie dans d’autres secteurs du Finistère. Le dossier mentionne notamment le manoir de Lestivien en Plouhinec ainsi que le château et la seigneurie du Mur en Saint-Évarzec comme dépendances de cet ensemble.
Ces éléments montrent que la maison du Temple de Quimper ne doit pas être réduite à un simple édifice isolé : elle s’inscrivait dans un réseau de possessions, de revenus et de droits seigneuriaux.
Après la disparition de l’ordre du Temple
Comme beaucoup d’anciens biens templiers, la maison de Quimper passa aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Aux XVIe et XVIIe siècles, l’établissement apparaît encore comme une commanderie distincte, même lorsqu’elle fut tenue par les mêmes commandeurs que Pontmelvez. Les aveux restaient séparés, signe que l’entité conservait son individualité.
La juridiction de Saint-Jean de Quimper continua à fonctionner jusqu’au début du XVIIe siècle, avant une interruption. Elle fut ensuite rétablie au XVIIIe siècle.
Éléments de mémoire
Situer cette implantation
