Repères territoriaux liés
Le domaine du Temple de Campestre correspond, d’après la documentation conservée, à un ensemble de biens possédés par l’ordre du Temple sur le territoire de Campestre-et-Luc, dans l’actuel département du Gard, arrondissement du Vigan et canton d’Alzon. La qualification de domaine doit être maintenue avec précision : les éléments transmis n’autorisent pas à y voir une commanderie, ni même à identifier avec certitude un établissement conventuel autonome. Ils attestent en revanche une présence patrimoniale templière réelle, fondée sur des acquisitions foncières et immobilières.
Attestation de la présence templière
Le fait le plus ancien explicitement signalé pour Campestre est daté du 6 mars 1147. Ce jour-là, Sensuda de Novillas donna à l’ordre du Temple une terre située à Campestre. Cette mention établit clairement l’existence d’un bien templier dans ce lieu dès le milieu du XIIe siècle. Elle interdit donc de réduire Campestre à un simple toponyme sans contenu historique : une possession foncière y est bien documentée.
La notice conservée ajoute que les Templiers y acquirent des maisons et des domaines. Cette formulation indique que leur implantation ne se limitait pas à une seule parcelle isolée, mais qu’elle relevait d’un patrimoine plus large, composé à la fois de terres et de biens bâtis. En l’état des textes fournis, il n’est toutefois pas possible de reconstituer en détail la chronologie de ces acquisitions, leur consistance exacte, leur mode d’exploitation ou leur rattachement administratif précis à une maison templière plus importante.
Nature du bien
La documentation permet donc d’identifier à Campestre un domaine du Temple, au sens d’un ensemble de possessions détenues par les frères. Rien, dans les éléments transmis, ne permet en revanche d’y localiser une chapelle templière, une grange, un moulin ou une commanderie proprement dite. Il convient d’éviter toute extension abusive : la présence de maisons et de terres ne suffit pas, à elle seule, à démontrer l’existence d’un centre institutionnel de l’ordre.
Cette prudence est d’autant plus nécessaire que les documents distinguent ailleurs plusieurs catégories de biens templiers, et notamment, dans la même commune de Campestre-et-Luc, un dossier séparé relatif à Luc-Bas. Même si Campestre et Luc relèvent aujourd’hui de la même commune, rien n’autorise ici à confondre automatiquement le domaine de Campestre avec les biens mentionnés à Luc-Bas, ni à fondre les deux notices en une seule entité historique. Le dossier présent doit donc rester centré sur Campestre.
Portée historique de la documentation
La matière conservée est brève mais significative. L’acte de 1147 montre que Campestre entrait déjà dans l’aire de recrutement patrimonial de l’ordre du Temple au XIIe siècle. La mention ultérieure de maisons et de domaines suggère une politique d’enracinement local comparable à celle observée dans d’autres régions méridionales, où les Templiers accumulaient des biens fonciers dispersés afin d’en tirer des revenus agricoles, seigneuriaux ou locatifs. Pour Campestre toutefois, cette interprétation doit rester mesurée : les documents transmis ne décrivent ni cultures, ni tenures, ni cens, ni dépendances, ni personnel d’exploitation.
Il faut donc reconnaître à la fois la solidité et les limites du dossier. La présence templière n’est pas hypothétique : elle est explicitement appuyée par une donation de terre et par la mention d’acquisitions de maisons et de domaines. En revanche, l’histoire interne de ces biens ne nous est pas parvenue dans les extraits disponibles. On ignore notamment leur étendue, leur regroupement éventuel, leurs revenus, les noms des tenanciers ou encore les circonstances de leur transmission après la suppression de l’ordre du Temple au début du XIVe siècle.
Localisation historique
Le lieu est rattaché à Campestre-et-Luc, dans le Gard. La documentation emploie ici la forme Campestre pour désigner le secteur concerné par la donation de 1147 et par les acquisitions templières. Cette désignation doit être respectée telle quelle, sans déplacement vers une autre localité ni assimilation à un site voisin. En l’absence d’indications topographiques plus précises, le domaine ne peut pas être localisé davantage à l’intérieur du terroir communal.
État de ce que l’on peut établir
En définitive, le dossier de Campestre permet d’affirmer l’existence d’un domaine templier attesté dès 1147 par une donation de terre, enrichi ensuite par des acquisitions comprenant au moins des maisons et d’autres domaines. Cette base documentaire suffit à reconnaître une implantation patrimoniale de l’ordre du Temple à Campestre, mais non à requalifier le site en commanderie ou à lui attribuer des structures qui ne sont pas mentionnées. L’histoire de ces biens demeure donc partiellement connue, mais leur appartenance templière elle-même ne fait pas doute dans les limites des documents conservés.
Situer cette implantation

Raccord historique local
Le rapprochement territorial désormais consolidé permet de relier Domaine du Temple de; Campestre-Saint-Luc à un point d’implantation templière documenté dans le même département : Campestre-et-Luc.
Le dossier fait notamment apparaître domaine du Temple, terres. Ces éléments sont présentés comme des repères du secteur et non comme la preuve automatique d’une commanderie dans la commune moderne.
La formulation reste volontairement prudente : le rapprochement confirme un lien territorial documenté sans étendre au-delà des éléments établis la nature exacte de la présence de l’Ordre du Temple.