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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Maison du Temple de Villepruère

Villepruère, domaine templier de Ménétréols-sous-Vatan

Repères territoriaux liés

Villepruère, dans l’actuelle commune de Ménétréols-sous-Vatan (Indre), correspond à un domaine du Temple attesté dès le XIIe siècle. Les textes conservés montrent qu’il ne s’agissait pas d’une simple mention toponymique, mais bien d’un bien foncier tenu par les Templiers, en lien avec leur maison de L’Ormeteau.

Localisation historique

Le lieu est signalé dans le département de l’Indre, arrondissement d’Issoudun, canton de Vatan, sur le territoire de Ménétréols-sous-Vatan. Dans la documentation ancienne, Villepruère apparaît comme une terre ou un domaine relevant de l’ensemble templier local.

Attestation au XIIe siècle

Une charte scellée par Raoul II d’Issoudun rapporte un accord entre Eudes de Vatan, fils d’Evrard, et les Templiers au sujet de la terre de Villepruère, qu’Eudes revendiquait comme relevant de son fief. Le règlement prévoit le versement de cent dix sous d’or par les Templiers, afin qu’ils rentrent en possession de cette terre. Ce témoignage place l’existence du domaine templier de Villepruère dans une période très ancienne de l’implantation de l’ordre dans ce secteur.

Le texte mentionne aussi Hugues de Beaugency, alors précepteur de la maison de L’Ormeteau, accompagné de frère Landry de Trasennis et de Pierre Boselli. Villepruère apparaît ainsi comme un bien déjà intégré au réseau templier de la région.

Un domaine rattaché à L’Ormeteau

La documentation indique que la terre de Villepruère demeura annexée à la commanderie de L’Ormeteau jusqu’à la Révolution. Cette précision est essentielle : elle atteste une présence templière certaine à Villepruère, tout en montrant que le lieu doit d’abord être compris comme un domaine dépendant, et non automatiquement comme une commanderie autonome.

Biens, redevances et exploitation

Les actes conservés montrent que Villepruère participait à l’économie rurale du Temple. Une charte de 1178 évoque un cens de deux muids, l’un de froment et l’autre d’orge, mesure de Vatan, que les frères du Temple devaient conduire chaque année au château de Vatan. Ce cens était payable au domaine de Villepruère et grevait une terre située entre Ménétréols et Veu.

Le même ensemble documentaire montre aussi l’intérêt des Templiers pour la consolidation de leurs possessions par amortissements, confirmations et acquisitions de terres voisines. Villepruère n’était donc pas un simple point isolé, mais un élément actif de la gestion foncière templière dans le pays de Vatan.

Personnes connues et administration du lieu

Un acte de 1178 mentionne à la fois André, précepteur de L’Ormeteau, et frère Bouchard, qualifié de précepteur de Villepruère. Cette mention suggère qu’à cette date le domaine possédait une organisation suffisamment structurée pour être administré sur place. La documentation invite toutefois à la prudence : cette titulature ne doit pas conduire, à elle seule, à transformer systématiquement Villepruère en commanderie pleinement distincte sans autre preuve explicite.

Au tournant du XIVe siècle, le lieu réapparaît encore dans les actes. En 1300, Jean du Four, damoiseau, vend une rente annuelle de trois setiers d’avoine, mesure de Vatan, à rendre à la grange de Villepruère. Cette mention confirme l’existence d’un bâtiment d’exploitation attaché au domaine. La même année, une donation est ensuite consentie en faveur des frères.

Chapelle et traces du domaine

Les descriptions tardives signalent encore à Villepruère une chapelle existante à la fin de l’Ancien Régime. Elle y est décrite comme couverte en tuile et à bardeau, pourvue d’un autel, d’un tableau de l’Annonciation, d’ornements liturgiques et d’une cloche. Cette survivance montre que le domaine avait conservé jusqu’à une date avancée certains éléments de son organisation religieuse et seigneuriale.

Devenir du bien

Comme les autres possessions du Temple, Villepruère passa après la suppression de l’ordre dans l’ensemble des biens administrés par ses successeurs. Le domaine resta ensuite uni à L’Ormeteau jusqu’à l’époque révolutionnaire, où il fut aliéné comme bien national.

En l’état des documents, Villepruère doit donc être présenté comme un domaine templier solidement attesté, lié à la maison de L’Ormeteau, avec terre, grange, revenus et chapelle, sans en faire automatiquement une commanderie autonome lorsque les textes ne l’établissent pas de façon certaine.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Maison du Temple de Villepruère