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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Maison du Temple de Dagonville

Une métairie templière avec chapelle Saint-Èvre

Repères territoriaux liés

La présence templière de Dagonville correspond à un établissement rural doté d’une chapelle, et non à une commanderie autonome clairement attestée par les éléments conservés. Il s’agissait d’une métairie pourvue d’une chapelle placée sous le vocable de saint Èvre, relevant à l’origine du territoire de Dagonville.

Localisation historique

Le site se trouvait aux confins du Barrois et du Verdunois, dans un écart qui dépendait anciennement de Dagonville, à peu près à mi-chemin entre Commercy et Bar-le-Duc. Les indications anciennes situent cette maison à proximité immédiate du chemin séparant Dagonville du territoire de l’actuelle Lignières-sur-Aire.

Origine et attestation

L’établissement paraît remonter au XIIe siècle, sans qu’il soit possible d’en préciser la date de fondation avec certitude. En revanche, rien ne permet de retenir comme acquise l’idée d’une introduction des Templiers en ce lieu par le comte de Bar Renaud Ier.

Au début du XIIIe siècle, la présence des Templiers à Dagonville est clairement mise en lumière par plusieurs affaires touchant à leurs droits et à leurs biens.

Biens, droits et activité

La maison de Dagonville était une implantation de dimension modeste, organisée autour d’une exploitation agricole avec chapelle. Les textes montrent qu’elle participait à l’économie locale par la perception de dîmes et la détention de droits sur certains biens.

  • En 1212, un différend opposa les Templiers à la collégiale de Ligny au sujet des dîmes de Dagonville.
  • L’accord intervenu prévoyait un prélèvement annuel en blé et en avoine au profit des chanoines.
  • Les Templiers abandonnèrent également les deux parts qu’ils possédaient dans le moulin de Morlaincourt.

Conflits et arbitrages

Un second litige opposa les Templiers de Dagonville à l’abbaye de Saint-Mihiel. Cette affaire se prolongea durant une grande partie du XIIIe siècle et ne trouva son issue qu’en 1284.

L’arbitrage fut confié à l’évêque de Toul, Conrad Probus, et à l’abbé de Trois-Fontaines. Le règlement prévoyait que les Templiers verseraient au cellérier de l’abbaye une redevance de dix setiers de méteil, en contrepartie de quoi ils ne seraient plus inquiétés pour les acquisitions qu’ils pourraient réaliser à Dagonville.

Étendue des possessions

Au moment où les biens du Temple passèrent aux Hospitaliers, ceux de Dagonville comprenaient notamment 321 jours de terres à Levoncourt et 34 fauchées de prés à Sampigny. Ces indications confirment que l’établissement ne se limitait pas à une simple chapelle isolée, mais s’inscrivait dans un ensemble foncier plus large.

Devenir du site

La métairie et sa chapelle disparurent en 1805. Les matériaux issus de leur démolition furent remployés, et plusieurs pierres taillées portant encore des marques attribuées aux Templiers furent réutilisées lors de travaux dans l’église paroissiale de Dagonville.

Traces et mémoire du lieu

Si l’édifice a disparu, le souvenir de la maison du Temple de Dagonville demeure attaché à cet ancien écart rural et à la chapelle Saint-Èvre qui en constituait le principal repère. Les mentions médiévales conservées suffisent à attester une présence templière réelle dans ce secteur, sous la forme d’une maison agricole et de ses dépendances foncières.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Maison du Temple de Dagonville