Une commanderie du Temple à Biches
Repères territoriaux liés
Le lieu de Biches, dans l’actuel département de la Nièvre, est bien attesté comme une implantation templière de premier rang. Les documents conservés le présentent non comme une simple mention toponymique isolée, mais comme une commanderie de l’Ordre du Temple. La qualification de Moulin du Temple renvoie à l’un des biens dépendant de cet ensemble, sans résumer à elle seule la réalité historique du site.
Localisation historique
Biches relevait anciennement du Nivernais. Les indications conservées situent la maison dans l’arrondissement de Château-Chinon et le canton de Châtillon-en-Bazois. Le site correspond donc à une implantation templière nivernaise dotée d’un centre seigneurial et de dépendances.
Attestation de la commanderie
Le Livre vert mentionne expressément Biches comme une commanderie de l’Ordre du Temple. Une visite réalisée en 1495, alors que le bien était passé depuis longtemps aux Hospitaliers, permet de saisir la consistance du chef-lieu hérité de l’époque templière. Il y est question d’une chapelle Saint-Blaise, desservie par un chapelain séculier, ainsi que de la maison du commandeur dans la basse-cour.
Cette description montre qu’il ne s’agissait pas d’un simple domaine rural sans structure propre, mais d’un établissement organisé, associant fonctions religieuses, résidence seigneuriale et encadrement d’un territoire relevant de sa juridiction.
Bâtiments et organisation du site
Les textes signalent à Biches une chapelle fondée sous le vocable de saint Blaise. Ils mentionnent également, à proximité, la maison du commandeur, décrite comme étant faite à pont-levis, ce qui traduit un caractère fortifié du chef-lieu.
Au XVIe siècle, le siège de Biches est encore présenté comme un beau château féodal, véritable forteresse. L’ensemble comprenait aussi une ferme, des terres labourables et des prairies, des bois, ainsi qu’un moulin. Cette continuité documentaire éclaire l’importance du centre seigneurial constitué à Biches.
Biens, revenus et économie
La documentation attribue à la commanderie une exploitation agricole notable. Une ferme dépendait du chef-lieu, avec des terres de labour et de prairie. Deux massifs boisés sont mentionnés, l’un appelé Bois de Bordasse, l’autre Bois de Vincences.
Un moulin, désigné comme le Moulin-Neuf ou Moulin de Fleury, faisait partie des biens de la seigneurie. Tous les hommes de celle-ci étaient tenus d’y faire moudre leur grain, ce qui montre l’exercice d’un droit banal. Ainsi, si un moulin est bien attesté à Biches, il doit être compris comme un élément de la commanderie, et non comme l’unique réalité historique du lieu.
Seigneurie et juridiction
La commanderie exerçait à Biches une autorité seigneuriale étendue. Les textes indiquent que le commandeur y possédait la haute, moyenne et basse justice. Le village de Biches et un autre petit village de la paroisse relevaient de cette domination, avec des hommes soumis à toute juridiction de la religion.
Des droits de dîme et de cens sont également signalés dans plusieurs localités des environs. Cette situation confirme que Biches commandait un ensemble territorial et seigneurial plus large qu’un simple établissement agricole.
Dépendances
Les documents indiquent que Biches avait des membres ou dépendances. Parmi ceux qui lui sont explicitement rattachés figurent Champallement et Mougues. Ces rattachements montrent que la maison de Biches structurait un réseau local de possessions.
Personnes et faits connus
Un commandeur de Biches est nommé pour l’année 1386 : Jacques de Gien. Un litige l’opposa alors au prieur de Collonge-sous-Sarcy au sujet d’une redevance due à l’occasion de la fête de saint Symphorien. Ce contentieux, réglé par transaction, illustre concrètement les droits revendiqués par la commanderie dans son environnement seigneurial.
Après la disparition de l’Ordre du Temple
Après la suppression de l’Ordre du Temple au début du XIVe siècle, la maison de Biches passa, comme tant d’autres biens templiers, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La visite de 1495 en témoigne déjà. Plus tard, la commanderie de Biches fut réunie avec ses dépendances à un autre ensemble hospitalier, ce qui marque la fin de son autonomie administrative.
À retenir
Biches ne doit donc pas être présenté comme un lieu de présence templière vague ou indéterminée. Les documents permettent d’y reconnaître une commanderie du Temple, dotée d’une chapelle, d’une maison du commandeur, d’un moulin, de terres, de bois, de droits seigneuriaux et de dépendances. Le moulin mentionné dans le libellé documentaire appartient à cette réalité plus large et ne saurait, à lui seul, définir l’ensemble du site.
Situer cette implantation
