Localisation et identification
Repères territoriaux liés
Le lieu documenté se rattache à Conchil-le-Temple, dans l’actuel Pas-de-Calais. Les textes internes ne décrivent pas ici une simple absence de souvenir templier, mais bien une implantation attestée. Ils situent entre Waben et Conchil un lieu nommé la Commanderie, regardé comme l’emplacement de la maison appelée le Temple-lez-Waben. Des formes anciennes du nom sont également signalées pour le secteur, notamment Templum en 1222, Domus de Wabenc en 1228 et Le Temple delez Waben en 1464.
Nature du bien
La notice doit être comprise à partir d’un ensemble plus large que le seul moulin. Les documents décrivent en effet une maison du Temple, à laquelle étaient attachés plusieurs éléments d’exploitation et de seigneurie. Parmi ses dépendances figurent explicitement un moulin et un four banal. La qualification documentaire de Moulin du Temple correspond donc ici à un élément dépendant d’une maison attestée, et non à une commanderie autonome distincte de celle-ci.
La maison du Temple de Conchil
D’après d’anciens terriers, la maison se trouvait entre deux chemins, l’un menant à Waben, l’autre à Montreuil. Au moment où les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem entrèrent en possession de ce bien après la disparition de l’ordre du Temple, il en dépendait 60 journaux de terre réservés à l’usage des frères, ainsi que 700 journaux de bruyères et de mauvaises terres affermés pour 23 setiers de grains par an, estimés à 5 livres et 15 sols.
Les documents ajoutent qu’il y avait en outre un moulin et un four banal, avec des rentes rapportant 54 livres par an. Pour l’année 1373, cet ensemble forme le revenu connu du Temple en ce lieu. Il est donc certain que l’implantation ne se réduisait pas à un simple toponyme : elle comprenait une maison, des terres, des droits seigneuriaux et des installations d’exploitation.
Droits et seigneurie après le passage aux Hospitaliers
En 1352, les Hospitaliers durent soutenir plusieurs procès contre le comte de Ponthieu au sujet de droits seigneuriaux contestés au lieu dit du Temple, ainsi que pour une maison qu’ils possédaient dans la ville de Rue. À cette occasion, il fut reconnu que les successeurs des Templiers détenaient dans ces lieux la haute, moyenne et basse justice. Les textes transmis montrent ainsi la continuité de la possession et des droits après 1312, sans rupture de mémoire sur l’existence de l’établissement.
Les destructions et réfections du XVe siècle
Les guerres du XVe siècle endommagèrent fortement le Temple-lez-Waben. La visite prieurale de 1495 décrit un membre de la commanderie de Loisons où se trouvaient une chapelle brûlée pendant les guerres, puis refaite à neuf, une maison attenante à cette chapelle où demeurait le censier, une grange et des étables également incendiées puis relevées, enfin des moulins tombés en ruine et ensuite rétablis. Ces mentions confirment à la fois l’existence matérielle du site et l’importance de ses dépendances agricoles et banales.
La chapelle était dédiée à la sainte Vierge. À la fin du XVe siècle, elle était desservie par un prêtre séculier recevant une pension de 20 livres. Ce desservant jouissait aussi d’une dîme sur le territoire du Temple, valant 8 livres par an. En 1757, la desserte était assurée par le curé de Saint-Vaast, rémunéré 6 sols par messe.
Le moulin dans l’ensemble du domaine
Le moulin est donc bien documenté, mais toujours comme une composante d’un ensemble plus vaste. Les textes ne permettent pas d’en faire un établissement indépendant de la maison du Temple. Ils montrent au contraire qu’au XIVe siècle il participait avec le four banal aux revenus du lieu, puis qu’à la fin du XVe siècle les moulins, tombés pendant les guerres, avaient été réparés. La notice doit ainsi conserver la nature précise de moulin du Temple, tout en rappelant que ce moulin relevait d’une maison templière puis hospitalière solidement attestée.
Toponymie et postérité du site
En l’état des pièces fournies, on peut donc retenir à Conchil-le-Temple l’existence d’une maison du Temple dite Temple-lez-Waben, dotée de terres, d’un moulin, d’un four banal, d’une chapelle et de droits de justice, passée ensuite aux Hospitaliers, restaurée après les destructions de guerre et demeurée lisible dans la toponymie locale.
Situer cette implantation
