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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Seigneurie et moulin du Temple de Montaigu

Seigneurie et moulin du Temple de Montaigu

Repères territoriaux liés

Le lieu de Montaigu, dans l’actuelle Seine-et-Marne, correspond à une possession templière attestée au Moyen Âge sur le territoire de Villiers-sur-Morin. Les documents conservés ne décrivent pas ici une commanderie autonome, mais un ensemble de biens comprenant au moins un moulin, une part de seigneurie et une maison relevant de la chevalerie du Temple.

Localisation historique

Montaigu est signalé dans l’ancien arrondissement de Meaux, canton de Crécy-la-Chapelle, sur la commune de Villiers-sur-Morin. Le toponyme médiéval apparaît sous la forme Monte acuto ou sous des formes voisines dans les actes latins.

Attestations médiévales

La présence des Templiers à Montaigu est documentée dès 1202 par la mention d’un moulin leur appartenant. Cette première attestation montre que leur implantation ne se limitait pas à un simple souvenir toponymique, mais reposait sur un bien productif clairement identifié.

En 1237, Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol et de Blois, prit en arrentement de frère Ponce d’Albon, alors commandeur des maisons du Temple en France, les moulins de Montaigu. L’acte mentionne notamment le moulin d’Orval et les trois quarts du moulin de Saux, avec les redevances attachées au dernier quart. En contrepartie, une rente annuelle de quatre muids de grain devait être livrée aux frères du Temple de Choisy, pour moitié à Noël et pour moitié à la Saint-Jean-Baptiste.

Seigneurie et accroissement du domaine

Les Templiers ne possédaient pas seulement un moulin à Montaigu. Une partie de la terre et de la seigneurie du lieu leur fut cédée au XIIIe siècle par Drogon, fils de feu Gautier, seigneur de Montaigu. Cette cession est signalée par des lettres de l’official de Meaux datées d’avril 1244.

Le domaine paraît ensuite s’être consolidé par acquisitions successives. En 1295, les Templiers achetèrent une maison aux enfants de feu Jean de Voulangis. L’acte précise que cette maison joignait celle de la chevalerie du Temple de Montaigu, ce qui confirme l’existence sur place d’une maison templière au sens de bien immobilier et centre d’exploitation, sans permettre d’y voir nécessairement une commanderie indépendante.

Biens et revenus

La documentation met surtout en lumière le rôle économique des moulins de Montaigu. Leur mise en arrentement au XIIIe siècle montre qu’il s’agissait d’un revenu suffisamment important pour être intégré dans la gestion d’ensemble des maisons du Temple en France. La rente en grain due aux frères de Choisy illustre également le rattachement fonctionnel de Montaigu à un réseau templier plus large.

Le domaine fut encore accru à la fin du XIIIe siècle par des donations seigneuriales. Gauthier de Châtillon, connétable de France et seigneur de Crécy, donna aux Templiers, avec l’accord d’Isabelle de Dreux, deux bois situés dans les environs de Ville-Neuve-Saint-Denis et du secteur de Crécy. Cet apport devait renforcer le revenu de la maison de Montaigu et de ses dépendances.

Après la suppression de l’Ordre

Après la disparition de l’Ordre du Temple, la maison de Montaigu avec ses dépendances passa dans le patrimoine des Hospitaliers. Au XIVe siècle, elle apparaît encore comme un bien doté de revenus identifiables. En 1367, Robert de Juilly, Grand Prieur de France, en accorda la jouissance viagère à Jacqueline de Juilly, veuve de Baudart de Mein, avec la rente des moulins de Montaigu et une autre rente assise sur le péage de Crécy.

Quelques années plus tard, les arrérages de ces rentes firent l’objet de réclamations, ce qui montre que les revenus de Montaigu restaient suffisamment reconnus pour donner lieu à intervention et règlement. Cela confirme la continuité patrimoniale du site après le transfert des biens du Temple à l’Hôpital.

Nature du site

Malgré l’intitulé ancien de certains relevés, les éléments disponibles désignent surtout à Montaigu une seigneurie, une maison et des moulins relevant des Templiers. Rien, dans les documents fournis ici, ne permet d’affirmer avec certitude qu’il s’agissait d’une commanderie autonome. La qualification la plus juste est donc celle d’un domaine templier structuré, associé à des revenus seigneuriaux et meuniers.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Seigneurie et moulin du Temple de Montaigu