Localisation
Repères territoriaux liés
La maison du Temple de Cernay se trouvait sur le territoire d’Ermont, dans l’actuel Val-d’Oise. La documentation emploie les formes Cernay, Sarnay et Emon pour désigner les lieux concernés par les actes du XIIIe siècle.
Nature du bien
Les documents permettent d’attester à Cernay une maison du Temple, associée à une terre et seigneurie, et non une simple mention toponymique isolée. La qualification de domaine du Temple doit donc être comprise ici à partir d’un ensemble de biens effectivement détenus par les Templiers autour de cette maison.
Formation du temporel templier
La documentation indique que la terre et seigneurie de Cernay furent données à l’Ordre du Temple par un seigneur du lieu. Un acte de février 1269 montre ensuite Jean de Cernay, écuyer, déclarant donner aux frères du Temple, pour les besoins de leur maison de Paris, un ensemble considérable de droits et de biens relevant de lui.
Cette donation comprenait neuf fiefs, tenus notamment par Adam d’Essonville, Eudes de Sarcelles, le détenteur du fief de La Chaussée, Gauthier de Dampont, Mathieu de Choisy, Jean de Sartrouville, Sedile, sœur de Jean de Cernay, Philippe Mayer, chanoine de Montmorency, et Thomas Minier.
À ces fiefs s’ajoutaient des cens et des rentes seigneuriales dans plusieurs lieux, notamment à Sarcelles, Béthemont, Villiers-le-Bel et Sartrouville. L’acte mentionne aussi, pour Cernay même, la maison de Cernay, désignée comme domum apud Sarnayum, avec le four et les censives du lieu, ainsi que douze arpents de terre arable. D’autres biens sont signalés : des prés à Béthemont, quelques maisons à Chauvry, quatre arpents de vigne au finage de Cernay, et des terres à Meiafin, avec les droits de justice et de seigneurie que Jean de Cernay y possédait.
Amortissements et accroissement des biens
Les possessions ainsi reçues firent l’objet de confirmations et d’amortissements féodaux dans les années suivantes. En 1270, Mathieu de Montmorency accorda des lettres d’amortissement pour les biens mouvant de son fief sur Cernay et Ermont. Ces biens sont décrits avec plus de précision : le manoir de Sarnay avec vingt-cinq arpents de terre, sept maisons à Emon, et toute la voirie que Jean de Cernay tenait des seigneurs de Montmorency à Sarnay et à Emon.
En 1274, Robert et Mathieu de Bachival amortirent encore des biens acquis par les Templiers à Cernay et au Plessis, provenant de Richard de Banthelu, chevalier, et de Mathieu de Banthelu, écuyer. La documentation montre donc non seulement une donation initiale importante, mais aussi une politique d’acquisitions et de régularisation seigneuriale dans le secteur.
Enfin, par lettres du 4 décembre 1284, Robert, sire d’Attainville, amortit à son tour divers héritages relevant de son fief et appartenant aux Templiers sur Cernay. Le détail conservé dans l’extrait mentionne au moins une maison derrière le pressoir du Temple et une autre maison appelée la maison Doilée, preuve supplémentaire d’une implantation foncière concrète et diversifiée.
Statut de la maison
La maison de Cernay apparaît comme un établissement templier bien attesté, situé sur le territoire d’Ermont. Les documents la présentent ensuite comme devenue, sous les Hospitaliers, un membre de leur commanderie du Grand-Prieuré de France à Paris. Cette formule indique un rattachement à un ensemble hospitalier plus vaste, sans autoriser pour autant à transformer rétrospectivement toute la notice en commanderie autonome pour la période templière.
Après la suppression du Temple
Après la disparition de l’Ordre du Temple, la maison passa donc aux Hospitaliers. Un document interne signale encore, pour les années 1362 à 1366, un gouverneur de la maison de Cernay, Pierre de Hautavesnes, et précise que cette maison était alors un membre de la commanderie du Temple de Paris, c’est-à-dire de l’ancien ensemble parisien passé à l’Hôpital. Cette mention confirme la continuité de gestion du bien au XIVe siècle.
Ce que l’on peut établir
En revanche, les extraits fournis ne permettent pas de décrire avec certitude l’aspect des bâtiments, ni d’assigner précisément toutes les parcelles à une topographie moderne. Ils permettent surtout d’établir l’existence d’une implantation templière effective à Cernay, sur le territoire d’Ermont, et son insertion dans un ensemble seigneurial et foncier constitué au XIIIe siècle.
Situer cette implantation
