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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Cerisiers

Cerisiers

Cerisiers, aussi attesté sous les formes Gerisien, Gérisiers et Cerasarie, désigne un établissement hospitalier du ressort de Sens, dans l’actuel département de l’Yonne. Les mentions conservées en font une maison de réelle importance dans l’organisation de la Religion de l’Ospital de Saint Jehan de Jherusalem : le lieu apparaît comme commanderie, mais aussi comme baillie, et il est inséré dans un ensemble de dépendances rurales et de maisons subordonnées. Après un démembrement, Cerisiers relève du prieuré de France.

Cette position donne à l’établissement un double profil. D’une part, il s’agit d’une implantation nettement localisée dans la région de Sens ; d’autre part, Cerisiers fonctionne comme un centre de gestion, recevant ou exerçant des dépendances, administrant des biens dispersés et entrant dans des opérations de gouvernement qui dépassent l’échelle d’une simple exploitation domaniale.

Dénomination et localisation

La variété des formes toponymiques — Gerisien, Gérisiers, Cerasarie — n’empêche pas l’identification d’un même établissement. Cerisiers est expressément situé à Sens, ce qui le place dans la partie septentrionale de l’ancien diocèse et explique la fréquence de ses liens administratifs avec ce secteur. La mention de Gérisiers pour des lieux, des titulaires ou des transferts montre qu’il ne faut pas dissocier ces graphies, mais les lire comme des formes concurrentes d’un même centre hospitalier.

Statut institutionnel

Cerisiers appartient à la Religion de l’Ospital de Saint Jehan de Jherusalem et dépend, après démembrement, du prieuré de France. Les actes le traitent tantôt comme commanderie, tantôt comme baillie de Cerisiers. Cette double qualification n’est pas anodine : elle suggère un établissement qui n’est pas seulement un siège local de perception et d’exploitation, mais aussi un point de regroupement administratif capable d’embrasser plusieurs maisons et revenus.

Le lien avec Sens est lui-même formulé de manière forte. Cerisiers est localisé dans ce ressort, mais il est également indiqué comme dépendant de Sens. Cette relation peut traduire un emboîtement administratif ou domanial dont les modalités ont varié selon les périodes et selon les biens concernés ; dans tous les cas, elle confirme que Cerisiers n’était pas isolé, mais inscrit dans une hiérarchie régionale structurée.

Ressort, dépendances et biens associés

La maison de Cerisiers apparaît au centre d’un petit ensemble de dépendances. Avant 1460, Launay-lez-Sens dépend de Cerisiers comme commanderie. Une relation particulière est aussi signalée avec Launay, mentionné à part comme commanderie en rapport avec Cerisiers, ce qui renforce l’importance de ce voisinage dans son ressort administratif.

Plusieurs biens ou établissements dépendent de Cerisiers : Grange Rouge, Grange du Pommerat, les moulins de Fossemore et Saint-Thomas de Joigny. Cet ensemble montre la diversité de son temporel. On y rencontre à la fois des granges, donc des points d’exploitation agricole, des moulins, qui relèvent d’un revenu technique et seigneurial, et une maison comme Saint-Thomas de Joigny, dont le rattachement indique une extension du pouvoir de gestion de Cerisiers au-delà de son seul terroir immédiat.

Le cas de Saint-Thomas-de-Joigny est particulièrement net. Le lieu est dit dépendre de Cerisiers, et un transfert à Gérisiers est signalé en 1430. Cette donnée traduit un mouvement de concentration ou de recentrage administratif au profit de Cerisiers au XVe siècle, au moins pour cette dépendance. Elle confirme que la maison jouait alors un rôle de pôle récepteur dans la réorganisation locale des biens hospitaliers.

Le ressort de Gérisiers comprend encore plusieurs lieux désignés comme situés en lui : La Grange-Rouge, Le Pommerai et Le Sauce, avec pour ce dernier la précision d’Escolives. Ces indications complètent utilement la physionomie du domaine. Elles montrent que Cerisiers commandait ou englobait un ensemble de tenures et de points d’exploitation dispersés, dont l’unité tenait moins à la continuité territoriale qu’à une administration commune.

Commandeurs et titulaires

La série des responsables connus, bien que discontinue, atteste la continuité institutionnelle de la maison. Frère Ferry de Foucherolles est commandeur de Cerisiers le 21 juin 1317. Robert de Juilly est également donné comme commandeur de Cerisiers, de même que Jean Le Roy. Pour ce dernier, l’existence d’une renonciation à son gouvernement de Cerisiers montre que la direction de la maison relevait de procédures formelles suffisamment marquées pour laisser trace d’un abandon de charge.

Jehan de Calais est, quant à lui, associé au commandement de Gérisiers. Cette mention confirme, par l’usage même de la variante toponymique, l’identité de l’établissement sous ses diverses graphies. Jean de La Viscongne est signalé comme possesseur de Cerisiers ; la formule ne précise pas davantage le contexte, mais elle traduit au minimum une relation de maîtrise ou de tenue du lieu à un moment donné.

Administration et pratique du gouvernement

Plusieurs indices permettent de mesurer la place de Cerisiers dans l’administration hospitalière régionale. L’existence d’un inventaire des commanderies de Cerisiers, Launay, Roussemeau et Le Plessis-aux-Éventés inscrit la maison dans une gestion coordonnée avec d’autres établissements. Une telle association montre que Cerisiers entrait dans des opérations de classement, de contrôle et d’ordonnancement du temporel à une échelle dépassant son seul domaine propre.

La permission d’échange de la baillie de Cerisiers est un autre indice de cette consistance administrative. Le fait même que la baillie puisse faire l’objet d’une mesure d’échange implique une entité reconnue, juridiquement et économiquement définie. Cerisiers se présente ainsi non comme une simple dépendance secondaire, mais comme un objet de gouvernement à part entière dans l’organisation du prieuré.

Sa présence dans une enquête menée en 1373 dans le prieuré de France confirme cette importance. Cerisiers y figure comme établissement pleinement intégré à la carte institutionnelle de l’Hôpital, soumis aux mécanismes généraux de description et de contrôle du temporel.

Appréciation d’ensemble

Cerisiers ressort comme un établissement hospitalier de premier plan à l’échelle locale, placé dans l’orbite de Sens et rattaché au prieuré de France. Sa qualification de commanderie et de baillie, l’existence de commandeurs identifiables dès 1317, la mention d’une renonciation de gouvernement, l’association à un inventaire commun et la possibilité d’un échange de sa baillie dessinent une maison solidement constituée dans les cadres administratifs de l’Hôpital.

Son importance tient aussi à son réseau de dépendances : Launay-lez-Sens avant 1460, Saint-Thomas-de-Joigny, Grange Rouge, Grange du Pommerat, les moulins de Fossemore, ainsi que divers lieux compris dans le ressort de Gérisiers comme La Grange-Rouge, Le Pommerai et Le Sauce d’Escolives. L’ensemble compose le profil d’un noyau de gestion domaniale et institutionnelle important dans la région de Sens, dont la chronologie n’est pas continue mais dont la fonction directrice apparaît nettement.

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