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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Fontaine-lez-Montdidier

Fontaine-lez-Montdidier

Fontaine-lez-Montdidier, souvent désigné simplement sous la forme de Fontaine, est un établissement relevant d’abord de l’Ordre du Temple, puis passé aux Hospitaliers après la suppression de l’ordre templier. Située près de Montdidier, la maison apparaît dès les premiers temps de l’implantation templière dans la région. Son origine est liée à une donation ancienne attribuée à Payen de Montdidier, nommé aussi sous la forme latine Paganus de Monfe Desiderii, vers 1128.

Par la suite, Fontaine s’affirme comme un centre de gestion seigneuriale et foncière. Son importance ne tient pas seulement à son ancienneté, mais aussi au regroupement progressif de plusieurs établissements et dépendances sous son autorité. L’histoire de la maison n’est pas connue de manière continue, mais les mentions conservées permettent d’en suivre les principales lignes entre le XIIe et la fin du XVe siècle.

Identification et origine

Le site est attesté sous les formes Fontaine-lez-Montdidier et Fontaine. Il s’agit d’une commanderie établie près de Montdidier. Son origine est rattachée à une donation faite au Temple par Payen de Montdidier, également désigné sous la forme Paganus de Monfe Desiderii, vers 1128. Cette libéralité place d’emblée la maison dans l’orbite des premiers établissements templiers du nord du royaume.

Fontaine appartient donc d’abord à l’Ordre du Temple. Son histoire institutionnelle se poursuit ensuite sous les Hospitaliers, qui en prennent possession après la disparition de l’ordre templier et en assurent l’administration durablement.

De la maison templière à la commanderie hospitalière

Le passage de Fontaine aux Hospitaliers ne constitue pas une simple continuité nominale. La maison paraît alors jouer un rôle plus large dans l’organisation locale des biens de l’ordre, puisqu’un ensemble d’établissements lui est rattaché. Sont ainsi transférés à Fontaine la maison de l’Hôpital de Montdidier, la commanderie de Bellicourt, la maison de Tricot et la commanderie du Bois-d’Écu.

Ces rattachements montrent un mouvement de concentration administrative et domaniale autour de Fontaine. La maison ne se réduit plus à un établissement isolé près de Montdidier : elle devient un pôle de gestion pour plusieurs possessions régionales, ce qui explique la place qu’elle conserve à la fin du Moyen Âge dans l’organisation hospitalière.

Patrimoine et dépendances

Le temporel de Fontaine est composé d’un ensemble de lieux, de droits et de biens d’exploitation. La commanderie possède Belle-Assise et Rocquencourt. À cet ensemble s’ajoutent Framicourt, le moulin de Framicourt, le Bois de l’Hôpital et le fief d’Ayencourt. Le fief de Penailles dépend également de Fontaine, ce qui révèle l’existence d’une autorité seigneuriale structurée, s’exerçant sur des biens de nature diverse.

À la fin du XVe siècle, l’assise territoriale de la maison apparaît plus nettement encore. En 1495, Fontaine possède Villers-le-Tournelles et Cantegny. Ces mentions, ajoutées à celles de Framicourt, de Belle-Assise, de Rocquencourt et des autres dépendances, dessinent un domaine dispersé mais cohérent, organisé autour de la commanderie de Fontaine.

Administration et responsables

Quelques noms de responsables permettent d’entrevoir la continuité de l’administration de la maison. Pierre Rolin est mentionné comme commandeur de Fontaine. Nicole de Francqueville commande la maison en 1379. Ces jalons confirment le maintien de l’établissement et de son encadrement à l’époque hospitalière.

La maison est aussi mentionnée en 1373, ce qui atteste son activité et son inscription dans les mécanismes ordinaires de gestion de l’ordre au XIVe siècle. Sans livrer une série continue de titulaires, ces repères suffisent à montrer que Fontaine reste alors un établissement vivant et administrativement reconnu.

Vie seigneuriale et actes de gestion

Plusieurs mentions éclairent la gestion du domaine. Une transaction avec Saint-Lucien de Beauvais, relevée en 1390, montre que Fontaine intervient dans des rapports juridiques ou patrimoniaux avec d’autres institutions ecclésiastiques. Même si l’objet précis de l’acte n’est pas connu ici, son existence souligne la capacité de la commanderie à défendre, régler ou préciser ses intérêts.

Un terrier de la seigneurie de Fontaine est signalé en 1450. L’existence d’un tel instrument indique une organisation seigneuriale suffisamment développée pour enregistrer les tenures, les droits et les obligations attachés au domaine. Enfin, une visite priorale de 1495 concerne la commanderie, preuve qu’à cette date Fontaine est pleinement intégrée aux circuits de contrôle et d’inspection de l’ordre hospitalier.

Chronologie sommaire

Vers 1128, Payen de Montdidier, ou Paganus de Monfe Desiderii, donne Fontaine au Temple près de Montdidier. Après la suppression de l’Ordre du Temple, la maison passe aux Hospitaliers. Au cours de la période hospitalière, plusieurs établissements lui sont rattachés : la maison de l’Hôpital de Montdidier, la commanderie de Bellicourt, la maison de Tricot et la commanderie du Bois-d’Écu. Fontaine est mentionnée en 1373 ; Pierre Rolin puis Nicole de Francqueville comptent parmi ses responsables connus, cette dernière en 1379. Une transaction touchant la maison est relevée en 1390. En 1450, un terrier de la seigneurie de Fontaine atteste l’organisation de son domaine. En 1495, une visite priorale concerne la commanderie, dont les possessions comprennent alors notamment Villers-le-Tournelles et Cantegny.

Portée historique

Fontaine-lez-Montdidier illustre le devenir d’une maison templière ancienne, fondée par donation aristocratique dans la première moitié du XIIe siècle, puis maintenue, réorganisée et développée sous l’autorité hospitalière. Son intérêt tient à trois traits principaux : l’ancienneté de son implantation, la concentration progressive d’autres établissements autour d’elle, et la diversité de son patrimoine foncier et seigneurial.

La commanderie apparaît ainsi comme un relais durable de présence régulière, de gestion domaniale et d’administration locale dans l’environnement de Montdidier. Si le détail de son évolution échappe souvent, les repères conservés suffisent à faire de Fontaine un établissement de poids dans la géographie hospitalière régionale de la fin du Moyen Âge.

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