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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

P. de Bononia — notice 137

P. de Bononia

P. de Bononia, également nommé frater P. de Bononia, frater Petrus de Bononia et Petrus de Bononia, est un frère du Temple dont les attestations conservées le rattachent à la fois à l’ordo Templi et à la cour romaine. Il apparaît dans la séquence parisienne du procès des Templiers, où son nom figure à plusieurs reprises dans des actes de défense de l’ordre et des frères. Cette convergence de mentions permet de l’identifier avec sûreté comme un templier engagé, au moins nominalement, dans les démarches procédurales conduites à Paris, sans que l’on puisse pour autant reconstituer sa carrière ni lui attribuer une charge déterminée.

Son intérêt tient à cette double appartenance explicitement formulée : membre de l’Ordre du Temple, il est aussi dit de la Curia Romana, ou cour de Rome. Une telle qualification le place dans un milieu de représentation ecclésiale et de circulation institutionnelle qui éclaire sa présence dans les actes de défense, même si la nature exacte de son lien avec la cour romaine n’est pas précisée.

Nom et identification

Les différentes formes sous lesquelles il est désigné renvoient au même personnage. L’initiale « P. » est développée par la leçon Petrus de Bononia, qui établit le prénom Pierre. La forme de Bononia correspond à une désignation d’origine ou d’attache, selon un usage anthroponymique courant, sans qu’il soit possible de déterminer davantage ce qu’elle recouvre dans son cas.

La répétition des mentions, en latin comme en français, confirme l’unité de l’identification. Il ne s’agit pas d’une apparition isolée, mais d’un nom qui revient dans plusieurs actes liés à la défense templière à Paris.

Appartenance au Temple et lien avec la cour romaine

P. de Bononia est expressément présenté comme membre de l’Ordre du Temple, sous les formulations frater et ordo Templi. Cette appartenance ne fait donc pas de doute. Il est en outre rattaché à la Curia Romana, également désignée comme cour romaine ou cour de Rome, avec Rome pour lieu de référence.

Cette seconde qualification est importante. Elle n’autorise pas à lui assigner un office précis dans l’entourage pontifical, mais elle suggère un frère intégré à un espace de relations plus large que celui d’une simple présence locale. Dans le contexte du procès, un tel profil aide à comprendre pourquoi son nom se rencontre dans des pièces de défense : il pouvait compter parmi les frères aptes à intervenir, à représenter, à soutenir ou à cautionner des démarches formelles au nom de l’ordre ou de certains de ses membres.

Présence dans la phase parisienne du procès

P. de Bononia est directement associé au procès des Templiers à Paris. Les mentions conservées le montrent inséré dans la série des actes par lesquels les frères, ou certains d’entre eux, cherchent à organiser et à faire valoir la défense de l’ordre.

Son nom figure d’abord dans une cédule présentée par des frères pour la défense de l’Ordre, à la chapelle de l’aula épiscopale, le 7 avril. Cette attestation est importante, car elle le place non seulement dans un écrit de défense, mais aussi dans un cadre procédural précis, localisé et daté.

Une nouvelle mention apparaît ensuite dans la cedula ad defensionem dicti ordinis, au vingt-troisième jour du mois d’avril, dans la même chapelle. La répétition de son nom dans deux cédules de défense distinctement datées montre une présence suivie dans cette séquence procédurale et non une simple apparition accidentelle.

Il est encore lié à la « Citation de l’ordre et des frères pour la défense », toujours à Paris. Cette relation confirme son inscription dans les mécanismes par lesquels la défense prend forme collectivement, qu’il s’agisse d’une présence personnelle, d’une adhésion ou d’une reconnaissance dans un acte commun.

Une autre attestation le fait apparaître dans une cédule envoyée par les frères détenus à Saint-Martin-des-Champs. Ce point est notable, car il rattache son nom aux communications produites depuis, ou pour, le groupe des frères emprisonnés. Sans permettre de définir exactement son rôle, cette mention montre qu’il appartient au même horizon d’action que les initiatives émanant des détenus ou circulant en leur nom.

Enfin, P. de Bononia figure dans l’appel des frères défenseurs du 10 mai, à Paris. Cette dernière mention prolonge la série antérieure et confirme sa présence dans les démarches menées au cours du printemps parisien pour soutenir la défense de l’ordre.

Chronologie des attestations

Les repères conservés permettent de suivre une courte chronologie, concentrée mais cohérente :

  • 7 avril : mention dans une cédule présentée par des frères pour la défense de l’Ordre, à la chapelle de l’aula épiscopale ;
  • 23 avril : mention dans la cedula ad defensionem dicti ordinis, dans la même chapelle ;
  • 10 mai : présence dans l’appel des frères défenseurs, à Paris ;
  • 10 mai : association avec Pierre de Vererio à la chapelle Saint-Éloi.

Cette suite de dates montre que P. de Bononia appartient au groupe des noms qui reviennent dans les étapes successives de la défense parisienne. On perçoit ainsi moins un acteur isolé qu’un frère durablement inscrit, durant cette période, dans le réseau des actes et des comparutions liés à la cause templière.

Relations personnelles attestées

Deux rapprochements nominaux sont explicitement conservés autour de P. de Bononia. Le premier le relie à Johannes de Jamvilla, également nommé Jean de Jemvilla. La variation entre la forme latine et la forme française relève des usages habituels de rédaction ; rien n’invite à y voir deux personnes distinctes. La nature de la relation n’est pas spécifiée, mais leur association indique au minimum une proximité dans le même environnement procédural.

Le second rapprochement concerne Pierre de Vererio, avec une mention datée du 10 mai à la chapelle Saint-Éloi. Là encore, la relation n’est pas qualifiée plus précisément. Toutefois, le cadre daté et localisé de cette association l’inscrit nettement dans les démarches de défense alors en cours.

Ces liens ne suffisent pas à reconstituer un cercle personnel au sens fort, mais ils situent P. de Bononia parmi des frères dont les noms apparaissent conjointement dans les mêmes opérations procédurales, ce qui éclaire son insertion dans un milieu d’action collective.

Portée historique

La figure de P. de Bononia reste documentairement mince, mais elle n’est pas négligeable. Les attestations qui le concernent dessinent le profil d’un frère du Temple présent dans les actes parisiens de la défense, et assez régulièrement nommé pour que son identification soit ferme. Son rattachement simultané à l’ordre et à la cour romaine donne à cette présence un relief particulier : il appartient à ces personnages qui, sans laisser une biographie développée, apparaissent au point de contact entre la communauté templière et les instances ecclésiales plus larges.

En l’état, il convient de s’en tenir à cette image : celle d’un templier nommé Pierre de Bononia, lié à Rome, intervenant ou du moins compté parmi les frères engagés dans la défense de l’ordre à Paris, entre la chapelle de l’aula épiscopale et la chapelle Saint-Éloi, dans les semaines où se structurent les principales initiatives collectives en faveur du Temple.

P. de Bononia — notice 137