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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Bichiis

Bichiis

Bichiis, également attesté sous la forme Biches, désigne un établissement de l’Ordre de l’Hospital de Saint-Jean de Jérusalem situé dans l’évêché de Nevers. L’ensemble des mentions conservées permet d’y reconnaître une commanderie, ou à tout le moins un centre de gestion local exerçant une autorité sur plusieurs dépendances et disposant d’un équipement économique diversifié. L’année 1373 en offre l’image la plus précise.

Dans cet état, Bichiis apparaît non comme un simple toponyme, mais comme un point d’articulation du réseau hospitalier. S’y lisent à la fois une insertion hiérarchique dans l’ordre, l’existence de maisons ou lieux dépendants, la présence de personnes nommément désignées et l’exploitation de biens productifs. Même lorsque certains liens demeurent formulés de manière brève, l’ensemble suffit à restituer la consistance institutionnelle, territoriale et économique de l’établissement.

Nom, localisation et appartenance

Les graphies Bichiis et Biches renvoient au même établissement. Cette oscillation n’a rien d’exceptionnel dans les formes médiévales des toponymes et doit être prise en compte pour l’identification du lieu.

Bichiis est explicitement situé dans l’évêché de Nevers en 1373. Il relève de l’Ordre de l’Hospital de Saint-Jean de Jérusalem. Ce double ancrage, territorial et institutionnel, fixe son inscription dans l’espace hospitalier du diocèse nivernais.

Statut et place dans l’organisation hospitalière

La nature des relations connues montre que Bichiis dépasse le simple rang d’exploitation isolée. Le fait qu’un homme y commande, que d’autres lieux en dépendent et que des biens spécialisés y soient localisés conduit à y voir une commanderie au sens pratique du terme, c’est-à-dire un centre d’administration et de perception des revenus.

Son rattachement à un niveau supérieur de l’ordre transparaît aussi par la mention d’un lien avec le Prior major de France en 1373. La teneur exacte de cette relation n’est pas explicitée, mais elle inscrit Bichiis dans une chaîne d’autorité plus large que le seul cadre local.

Dépendances et environnement territorial

Au moins deux dépendances sont expressément rattachées à Bichiis. Campo Alemanni dépend de Bichiis ; Mogues est également indiqué comme dépendant de Bichiis en 1373. Ces rapports montrent que l’établissement commande un petit ensemble de biens ou de maisons subordonnés et qu’il exerce une fonction de centralisation.

Deux autres lieux, Apponayo et Columpna, sont associés à Bichiis en 1373. La nature exacte de leur rapport n’est pas précisée. Il est seulement assuré qu’ils appartiennent à la sphère relationnelle de l’établissement, qu’il s’agisse de son voisinage patrimonial, de son ressort administratif ou d’un ensemble de possessions ou de dépendances connexes. En l’état, il convient de les maintenir comme lieux liés à Bichiis sans surdéterminer leur statut.

Commandement et personnel

En 1373, Jacobus de Giemo commande Bichiis. Cette mention confirme l’existence d’un chef d’établissement et donne un point d’appui sûr pour reconnaître l’exercice d’une autorité locale structurée.

La même année, Perrinus Villani est présent à Bichiis. Clemens Comitis y est également signalé. Aucune fonction n’est explicitement donnée pour ces deux hommes, mais leur présence atteste qu’autour du commandeur gravite un personnel ou une communauté attachée à la maison. Même réduites à de brèves indications nominatives, ces mentions montrent que Bichiis est alors un lieu effectivement occupé et administré.

Biens, équipements et exploitation

Les biens localisés à Bichiis dessinent une base économique assez nette. Un moulin à blé est attesté dans la commanderie en 1373. Il correspond à un équipement essentiel pour la transformation des céréales et signale un revenu technique lié à la mouture.

Trois étangs sont également mentionnés à Bichiis en 1373. Leur nombre mérite d’être relevé : il ne s’agit pas d’un simple point d’eau isolé, mais d’un petit ensemble hydraulique susceptible de soutenir diverses formes de mise en valeur. Sans qu’il soit nécessaire d’aller au-delà de ce qui est attesté, ces étangs participent manifestement de l’assise matérielle de l’établissement.

À ces équipements s’ajoute un moulin à draps de laine localisé à Bichiis. Cette mention complète sensiblement le profil de la maison. À côté d’un moulin à blé, qui renvoie à la production céréalière et aux revenus banaux ou seigneuriaux, l’existence d’un moulin affecté aux draps de laine indique une activité d’un autre ordre, liée à la transformation textile. Bichiis ne se laisse donc pas seulement entrevoir comme un centre de prélèvement foncier, mais comme un lieu doté d’installations techniques variées.

L’association, dans un même établissement, d’un moulin à blé, d’un moulin à draps de laine et de trois étangs révèle une structure de revenus diversifiée. Ces éléments, joints à l’existence de dépendances, confirment la fonction de Bichiis comme pôle d’exploitation et de gestion à l’intérieur du réseau hospitalier.

Chronologie conservée

L’année 1373 concentre l’essentiel des repères assurés : localisation dans l’évêché de Nevers, présence du commandeur Jacobus de Giemo, mention de Perrinus Villani, dépendance de Mogues, existence du moulin à blé et des trois étangs, ainsi que relations avec Apponayo, Columpna et le Prior major de France. D’autres indications, non datées dans l’état conservé, concernent Campo Alemanni, Clemens Comitis et le moulin à draps de laine. Cette répartition invite à considérer 1373 comme le moment le plus nettement perceptible de l’histoire de l’établissement, sans exclure que certaines composantes aient eu une durée plus large.

Repères

Variantes du nom : Bichiis, Biches.

Localisation ecclésiastique : évêché de Nevers.

Appartenance institutionnelle : Ordre de l’Hospital de Saint-Jean de Jérusalem.

État le mieux éclairé : 1373.

Dépendances connues : Campo Alemanni ; Mogues.

Lieux associés : Apponayo ; Columpna.

Personnes associées : Jacobus de Giemo ; Perrinus Villani ; Clemens Comitis.

Biens mentionnés : moulin à blé ; moulin à draps de laine ; trois étangs.

Appréciation historique

Bichiis apparaît comme un établissement hospitalier du diocèse de Nevers doté d’une réelle épaisseur administrative et économique. La présence d’un commandeur nommé, l’existence de dépendances identifiées, l’association à d’autres lieux et la mention d’équipements productifs variés permettent d’y reconnaître un centre local d’exploitation et de commandement. Si plusieurs relations demeurent sommairement formulées, notamment avec Apponayo, Columpna et le Prior major de France, elles n’en réduisent pas la portée d’ensemble : Bichiis tenait une place effective dans l’organisation territoriale de l’Hôpital.

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