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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Urbain V

Urbain V

Urbain V est un pape du XIVe siècle dont le nom apparaît, dans les relations conservées, à propos d’actes d’autorité pontificale, de repères de résidence et d’interventions touchant notamment l’ordre de l’Hôpital. Les mentions réunies permettent moins d’écrire une biographie suivie que de dégager plusieurs points fermes : son identification comme pontife, sa présence à Viterbe en 1367 puis à Rome en 1369, ainsi que son association à une convocation d’assemblée des Hospitaliers à Carpentras et à une autorisation d’autel portatif accordée à Henri de Saint-Trond.

Son nom est transmis sous la forme régulière Urbain V, avec la variante graphique Urbain Y. Cette dernière n’altère pas l’identification du personnage, mais elle mérite d’être signalée pour l’histoire des copies et de la tradition textuelle. L’ensemble compose le profil d’un pontife saisi dans l’exercice de son gouvernement, à la fois dans des décisions d’ordre institutionnel et dans des concessions plus particulières.

Identité pontificale et cadre chronologique

Urbain V est explicitement qualifié de pape. Une relation indique qu’il « succède au pape » en 1367 ; prise isolément, cette formulation vaut d’abord comme repère chronologique interne rattachant son pontificat à cette date. Elle s’accorde avec un autre fait qui le situe à Viterbe la même année, ce qui donne à 1367 une place centrale dans les mentions conservées.

Une autre date, 1365, figure parmi les jalons associés à son dossier. En l’absence de précision sur l’événement auquel elle se rattache, elle ne peut être développée davantage, mais elle invite à replacer les actes ou les relations concernant Urbain V dans une séquence qui couvre au moins le milieu et la fin des années 1360. La date du 28 juillet 1393, également transmise, demeure isolée : elle peut relever d’une mention tardive, d’une reprise ou d’un état diplomatique postérieur, sans qu’il soit possible de l’intégrer avec certitude à l’activité propre du pontife.

Repères de lieu

Les localisations conservées sont peu nombreuses, mais elles sont nettes. Urbain V est à Viterbe en 1367. Cette indication donne un point d’ancrage précis au début de la séquence chronologique la plus sûre. Il est ensuite situé à Rome en 1369. Ces deux repères dessinent un horizon italien et montrent que les mentions relatives à son pontificat ne se limitent pas à des actes abstraits : elles l’inscrivent aussi dans des lieux déterminés.

Carpentras n’apparaît pas comme lieu de résidence pontificale, mais comme cadre d’une intervention de son autorité. Le toponyme est lié à la convocation d’une assemblée des Hospitaliers, ce qui fait de cette ville un point important dans l’action institutionnelle attribuée à Urbain V. La géographie qui se dessine autour de lui associe ainsi des lieux de présence personnelle et des lieux d’exercice du pouvoir pontifical.

Actes attribués à Urbain V

Le dossier le plus consistant concerne une assemblée des Hospitaliers à Carpentras. Deux intitulés sont transmis : une « Bulle de convocation d’une assemblée des Hospitaliers à Carpentras » et une « Convocation pontificale à l’assemblée de Carpentras ». Il est vraisemblable que ces formulations renvoient à une même initiative ou à deux désignations voisines d’un même ensemble d’actes. Dans tous les cas, l’élément essentiel est l’usage par Urbain V de son autorité pontificale pour convoquer une réunion intéressant directement l’ordre de l’Hôpital.

Cette intervention est historiquement significative. Elle montre le pape agissant non seulement comme chef de l’Église, mais comme instance de régulation et d’impulsion à l’égard d’un grand ordre religieux-militaire. Dans une encyclopédie consacrée aux Templiers, ce point mérite une attention particulière : après la suppression de l’ordre du Temple en 1312, les affaires des ordres militaires relèvent notamment de cadres institutionnels où l’Hôpital occupe une place majeure. La convocation de Carpentras illustre ainsi la manière dont l’autorité pontificale s’exerce sur ces structures dans la seconde moitié du XIVe siècle.

À côté de cet acte collectif figure une mesure d’un autre ordre : l’« Autorisation d’autel portatif à Henri de Saint-Trond ». Il s’agit d’une décision plus ponctuelle, attachée à une personne, mais elle complète utilement l’image d’Urbain V en montrant la diversité des objets traités sous son nom. D’un côté, la convocation d’une assemblée de portée institutionnelle ; de l’autre, une autorisation individuelle de caractère religieux : cette juxtaposition donne une idée concrète de l’éventail de l’action pontificale qui lui est attribuée.

Entourage et réseau de relations

Plusieurs personnages sont mis en relation avec Urbain V. Fr. Raymond Bérenger est présenté comme participant à Urbain V en tant que pape ; même si la nature exacte de cette participation n’est pas explicitée, le lien suggère une insertion dans son entourage d’action ou dans une opération menée sous son autorité. Jean V Paléologue est lui aussi relié au pontife, ce qui élargit d’emblée l’horizon relationnel à une figure de rang élevé, sans que le contenu précis de cette relation soit davantage détaillé.

Niccolô d’Osimo appartient également à ce réseau. Son nom figure au voisinage d’Urbain V sans qualification plus développée, mais sa présence confirme que le pontife est saisi dans un ensemble de rapports personnels et institutionnels variés. Deux autres noms complètent ce tableau : Guillaume de Chauconnin et Guillaume de Munte. Le premier est simplement associé à Urbain V ; le second est qualifié de dignitaire. Dans les deux cas, les relations conservées n’autorisent pas à préciser davantage le contenu du lien, mais leur réunion autour du pape montre un entourage composite où se croisent religieux, dignitaires et interlocuteurs politiques.

Pris ensemble, ces noms dessinent moins une cour définie qu’un faisceau de connexions. Urbain V y apparaît comme un point de convergence entre des individus de statuts différents, ce qui correspond bien à la nature de l’autorité pontificale telle qu’elle transparaît ici : capacité de convoquer, d’autoriser, de recevoir ou d’encadrer des interventions impliquant des acteurs divers.

Chronologie d’ensemble

La chronologie qui peut être proposée reste nécessairement resserrée. Le jalon le plus assuré est 1367, année à laquelle Urbain V est à la fois situé à Viterbe et rattaché, dans la tradition ici suivie, à une succession pontificale. Rome apparaît ensuite en 1369. Entre ces deux repères s’insèrent les actes qui relèvent de son autorité, notamment ceux qui concernent Carpentras et l’ordre de l’Hôpital. La date de 1365 suggère un arrière-plan chronologique légèrement antérieur, sans qu’un événement précis puisse lui être assigné dans l’état des mentions conservées.

Le 28 juillet 1393 doit être traité à part. Cette date est conservée parmi les repères liés à Urbain V, mais elle ne s’accorde pas immédiatement avec la séquence des années 1360 telle qu’elle se laisse reconstituer. Elle signale probablement une survivance de l’acte, une reprise ou une mention postérieure, plutôt qu’un moment assurément intégrable à l’action directe du pontife.

Portée historique

La notice d’Urbain V vaut surtout par la combinaison de trois séries d’indices : la qualité pontificale, les localisations précises et les actes d’autorité. Il ne s’agit pas d’un portrait biographique complet, mais d’une figure nettement identifiable dans l’exercice du gouvernement ecclésial. À travers Viterbe, Rome et Carpentras, on suit un pape inséré dans un espace déterminé ; à travers la convocation des Hospitaliers et l’autorisation accordée à Henri de Saint-Trond, on observe une pratique concrète de l’autorité.

Pour l’histoire des ordres religieux-militaires, l’intérêt principal réside dans son lien avec l’assemblée des Hospitaliers à Carpentras. Cet élément place Urbain V dans la continuité des interventions pontificales sur les structures hospitalières, dans un monde où l’ordre du Temple a déjà disparu depuis longtemps. Les autres relations, qu’elles concernent Fr. Raymond Bérenger, Jean V Paléologue, Niccolô d’Osimo, Guillaume de Chauconnin ou Guillaume de Munte, confirment que son nom se situe au croisement d’affaires ecclésiastiques et politiques plus larges, même lorsque leur détail échappe.

En définitive, Urbain V se laisse reconnaître ici comme un pontife actif, repérable par quelques points d’appui fermes plutôt que par un récit continu : un pape attesté dans les années 1360, localisé à Viterbe puis à Rome, et intervenant de manière explicite dans les affaires de l’Hôpital par la convocation d’une assemblée à Carpentras.

Urbain V