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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Gilletus de Encreyo

Gilletus de Encreyo

Gilletus de Encreyo, également désigné sous la forme française Gillet de Encreyo, est un frère de l’Ordre du Temple rattaché au diocèse de Reims. Le personnage n’est saisi qu’à travers un petit nombre d’indications, mais celles-ci se laissent ordonner en une séquence cohérente : une réception dans l’ordre à Serenicourt, située vingt-huit ans avant sa déposition, puis une audition tenue le 8 mai dans la chapelle Saint-Éloi, dans un cadre parisien où apparaissent aussi le Temple de Paris, les frères Prêcheurs et l’évêque de Paris. En dépit de la brièveté de la matière conservée, ces repères suffisent à faire de lui un témoin utile pour l’histoire prosopographique des frères templiers entendus dans un contexte judiciaire parisien.

Identité et ancrage géographique

Les formes Gilletus de Encreyo et Gillet de Encreyo renvoient au même homme. Son principal rattachement territorial connu est le diocèse de Reims. Aucun lignage, aucune origine plus précise et aucune fonction particulière dans l’ordre ne sont indiqués. En l’état, son identification repose donc sur la stabilité de son nom, sur cette localisation diocésaine et sur son appartenance explicite au Temple.

Ce rattachement au diocèse de Reims doit être entendu comme le seul cadre géographique ferme attaché à sa personne. Il n’exclut pas sa présence dans d’autres lieux, mais il fournit le point d’ancrage à partir duquel le personnage est distingué parmi les frères mentionnés dans les dépositions.

Entrée dans l’Ordre du Temple

L’événement biographique le mieux assuré est son entrée dans l’Ordre du Temple. Celle-ci est placée à Serenicourt, vingt-huit ans avant la déposition conservée. La mention de la Toussaint comme repère liturgique donne à ce souvenir une valeur chronologique relativement précise, non par une date calendaire complète, mais par son inscription dans le cycle de l’année ecclésiastique.

Cette réception met également en scène un autre frère, Jean de Cella, explicitement associé à Gilletus de Encreyo à Serenicourt, à la Toussaint, vingt-huit ans auparavant. La formulation ne permet pas de définir plus exactement le rôle de Jean de Cella dans l’acte — réception, assistance, présence ou intervention d’une autre nature — mais elle établit un lien personnel direct entre les deux hommes au moment de l’entrée dans l’ordre.

Le chiffre de vingt-huit années d’ancienneté n’est pas secondaire. Il indique que Gilletus de Encreyo n’était pas un novice récemment reçu, mais un frère engagé de longue date au moment où son nom apparaît dans la procédure. Même réduite à cette seule indication, une telle durée éclaire sa place dans la communauté templière : il appartenait à une génération de frères capables de rapporter, avec un recul important, les circonstances de leur admission.

Déposition du 8 mai

Gilletus de Encreyo est ensuite connu par une déposition qui le concerne, tenue le 8 mai dans la chapelle Saint-Éloi. Cet élément fournit le second pôle essentiel de sa notice, après sa réception à Serenicourt. Il ne s’agit plus ici du temps de l’entrée dans l’ordre, mais de celui de la parole recueillie dans un cadre d’audition identifié par un lieu précis.

La chapelle Saint-Éloi sert ainsi de point de fixation à son témoignage. La notice ne permet pas de restituer le contenu détaillé de cette déposition, mais elle atteste avec netteté qu’il fut entendu dans un dispositif où le lieu, la date relative et l’objet personnel de l’audition sont tous explicitement conservés.

Le cadre parisien

Autour de cette déposition se dessine un environnement parisien marqué. Gilletus de Encreyo est mis en relation avec le Temple de Paris, avec les frères Prêcheurs, ainsi qu’avec l’évêque de Paris. Ces rapprochements ne définissent pas à eux seuls une résidence, une charge ou un mode d’intervention précis, mais ils situent son cas dans un espace institutionnel où plusieurs autorités et milieux religieux se croisent.

Le lien avec le Temple de Paris indique d’abord que son nom s’inscrit dans la sphère templière parisienne, au moins au moment de la procédure. La mention des frères Prêcheurs, associée à ce même cadre, montre ensuite que l’affaire ne relevait pas d’un huis clos interne à l’ordre, mais prenait place dans un environnement religieux plus large. Enfin, la relation à l’évêque de Paris inscrit la déposition dans un horizon épiscopal et judiciaire qui dépasse la seule communauté templière.

Il convient toutefois de maintenir une distinction nette entre ce qui est établi et ce qui ne l’est pas. Il est légitime de dire que Gilletus de Encreyo apparaît dans un contexte parisien structuré par ces trois pôles — Temple de Paris, frères Prêcheurs, évêque de Paris — ; il ne l’est pas d’en déduire une fonction, une résidence permanente ou une nature de dépendance plus précise.

Chronologie relative

Les éléments conservés autorisent une chronologie simple, mais solide :

  • à la Toussaint, à Serenicourt, Gilletus de Encreyo entre dans l’Ordre du Temple ;
  • cet événement est placé vingt-huit ans avant sa déposition ;
  • frère Jean de Cella est alors en relation directe avec lui ;
  • le 8 mai, Gilletus de Encreyo fait l’objet d’une déposition dans la chapelle Saint-Éloi ;
  • cette déposition s’inscrit dans un cadre parisien en relation avec le Temple de Paris, les frères Prêcheurs et l’évêque de Paris.

Cette succession est brève, mais elle donne à la notice une armature temporelle réelle : un moment d’incorporation à l’ordre, puis un moment d’audition, séparés par près de trois décennies.

Relations attestées

Les relations explicitement associées à Gilletus de Encreyo sont peu nombreuses, mais bien individualisées :

  • avec l’Ordre du Temple, par son admission à Serenicourt ;
  • avec le diocèse de Reims, qui constitue son ancrage géographique ;
  • avec frère Jean de Cella, présent dans le souvenir de sa réception à la Toussaint ;
  • avec le Temple de Paris, dans le cadre où sa déposition est située ;
  • avec les frères Prêcheurs, également dans ce cadre parisien ;
  • avec l’évêque de Paris, autre pôle institutionnel lié à son cas ;
  • avec la chapelle Saint-Éloi, lieu de sa déposition du 8 mai.

Pris ensemble, ces liens montrent moins une carrière développée qu’un réseau minimal de rattachements suffisant pour replacer le frère dans les structures de l’ordre et dans l’environnement ecclésiastique de sa déposition.

Portée historique

La valeur historique de Gilletus de Encreyo tient à la combinaison de plusieurs marqueurs rares dans une notice de faible extension : une variante onomastique assurée, un rattachement diocésain, un lieu d’entrée dans l’ordre, un repère liturgique, le nom d’un autre frère associé à la réception, puis un lieu et un jour de déposition inscrits dans un contexte parisien identifiable. Ces éléments, même peu abondants, permettent de dépasser la simple mention nominale.

Sa notice éclaire en particulier deux aspects. D’une part, elle montre la persistance de la mémoire de réception chez un frère de longue ancienneté, capable de rapporter lieu, saison liturgique et nom d’un autre templier. D’autre part, elle met en évidence l’articulation entre des frères venus d’horizons diocésains divers et le centre parisien de l’audition, où interviennent à la fois l’espace du Temple, les Prêcheurs et l’autorité épiscopale.

Il demeure impossible d’aller plus loin sur sa carrière, ses déplacements ou ses responsabilités. Néanmoins, même limitée, cette notice garde une utilité certaine : elle restitue la présence d’un frère du diocèse de Reims dans une procédure parisienne, tout en conservant le souvenir précis de son incorporation au Temple vingt-huit ans auparavant à Serenicourt.

Gilletus de Encreyo