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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

La Madeleine-lez-Joigny

La Madeleine-lez-Joigny

La Madeleine-lez-Joigny désigne un établissement de l’ordre du Temple situé à Joigny ou dans son voisinage immédiat. Le toponyme est également attesté sous les formes la Madeleine et la Bladdeine. Ces variantes renvoient à une même maison, identifiable par son rattachement constant à l’espace jovinien et par quelques mentions échelonnées entre le début du XIIIe siècle et le XVIe siècle.

Malgré une série d’attestations peu abondante, l’existence de la maison ne fait pas de doute. Elle apparaît à la fois comme établissement templier proprement dit, comme point d’ancrage dans le territoire de Joigny, et comme centre de gestion d’un patrimoine comprenant au moins Jaulges. La notice ne permet pas de restituer l’ensemble de son développement institutionnel, mais elle autorise à en cerner l’identité, l’implantation et quelques relations significatives.

Nom et identification

L’appellation La Madeleine-lez-Joigny associe un vocable religieux à une détermination topographique. L’élément lez-Joigny signale la proximité de Joigny et sert à individualiser l’établissement. La forme brève la Madeleine relève d’un usage abrégé, tandis que la Bladdeine représente une graphie ancienne ou altérée qu’il convient de rattacher au même lieu. La prise en compte de ces variantes est essentielle pour maintenir l’unité de l’identification.

La maison est explicitement donnée comme relevant du Temple. Elle doit donc être comprise comme un établissement intégré à l’organisation templière locale, chargé de tenir et d’administrer les biens qui lui étaient attachés.

Implantation dans l’espace jovinien

La localisation à Joigny constitue le principal repère spatial de la maison. Cette inscription dans l’espace jovinien n’est pas seulement nominale : elle se marque aussi par l’intervention, à différentes dates, de personnages de haut rang en relation avec l’établissement. En 1219, Pierre, comte de Joigny, est mentionné à son propos. En 1255, la reine de Navarre, comtesse de Champagne, intervient à son tour en lien avec la commanderie.

Ces deux jalons montrent que La Madeleine-lez-Joigny appartenait à un environnement seigneurial et politique où les autorités supérieures pouvaient avoir à connaître des affaires touchant les maisons religieuses et militaires. Sans permettre de préciser la nature exacte de chaque acte, ces mentions inscrivent nettement l’établissement dans l’horizon de pouvoir de Joigny et de la Champagne.

Statut et fonction d’établissement

La Madeleine-lez-Joigny est désignée comme une commanderie. Dans ce cadre, elle ne doit pas être envisagée comme un simple point de présence, mais comme une maison dotée d’une personnalité fonctionnelle suffisante pour apparaître dans les actes et pour détenir des biens. Son rattachement à l’ordre du Temple implique une vocation de gestion patrimoniale, de perception de revenus et d’encadrement d’un domaine local.

Les éléments conservés ne permettent pas d’aller plus loin dans la description de ses bâtiments, de son personnel ou de sa hiérarchie interne. En revanche, ils suffisent à montrer qu’elle formait une unité reconnue, identifiée par son nom et capable d’être concernée directement par des opérations touchant ses intérêts.

Biens et dépendances

Le bien le plus nettement associé à la maison est Jaulges, possédé par La Madeleine-lez-Joigny. Cette relation patrimoniale est importante, car elle montre que l’établissement exerçait son action au-delà de son siège propre et qu’il disposait d’au moins une dépendance ou d’un bien foncier relevant de sa gestion.

La possession de Jaulges donne à la maison un relief particulier : elle apparaît non seulement comme un lieu nommé, mais comme un centre d’administration domaniale. Rien n’autorise ici à préciser la nature exacte de cette possession ni son étendue, mais le simple fait de sa mention suffit à attester une emprise concrète sur le territoire.

Chronologie des attestations

La série chronologique conservée, bien que brève, permet de fixer plusieurs repères.

En 1219, Pierre, comte de Joigny, est en relation avec La Madeleine-lez-Joigny. Cette mention établit l’ancienneté de la maison dès la première moitié du XIIIe siècle et la place d’emblée dans le champ des intérêts comtaux locaux.

En 1255, la reine de Navarre, comtesse de Champagne, est également concernée par l’établissement. Ce second jalon confirme que la maison demeurait alors un élément reconnu du paysage institutionnel régional.

Enfin, en 1532, Jean de Frolois vend à la commanderie à Jaulges. Cette mention tardive ne renseigne pas sur toute l’évolution de la maison entre le XIIIe et le XVIe siècle, mais elle montre que l’appellation de La Madeleine-lez-Joigny restait encore opérante dans les transactions relatives à ce bien et que le lien entre la commanderie et Jaulges se maintenait dans les actes.

Portée historique

La Madeleine-lez-Joigny se laisse ainsi définir comme une maison templière de l’espace de Joigny, solidement identifiable malgré le petit nombre de témoignages conservés. Son intérêt historique tient à trois éléments principaux : son appartenance explicite au Temple, son insertion dans le cadre territorial et politique jovinien, et la possession de Jaulges, qui révèle une réalité patrimoniale dépassant le seul site principal.

Les interventions de Pierre, comte de Joigny, puis de la reine de Navarre, comtesse de Champagne, montrent en outre que l’établissement entrait dans des circuits d’autorité de haut niveau. Même discontinue, la chronologie disponible fait apparaître une dénomination durable et une continuité de reconnaissance institutionnelle, au moins dans les actes touchant son patrimoine.

Repères

Variantes : la Madeleine ; la Bladdeine.

Nature : commanderie de l’ordre du Temple.

Localisation : Joigny.

Bien possédé : Jaulges.

Dates repères : 1219 ; 1255 ; 1532.

La Madeleine-lez-Joigny