Matheus de Neapoli
Matheus de Neapoli est un dignitaire ecclésiastique attesté en 1309 dans le cadre du procès des Templiers en France. Il apparaît comme notaire du siège apostolique et comme membre des commissaires apostoliques chargés de l’enquête contre l’Ordre du Temple. Son nom est associé à la procédure conduite dans le royaume de France, notamment à Paris, ainsi qu’à Rouen, où sa présence est signalée dans l’église de la ville. Il se laisse ainsi reconnaître comme l’un des agents de l’instance pontificale mobilisée dans une phase décisive de l’instruction.
La physionomie du personnage demeure celle d’un homme de procédure plus que d’un prélat dont la carrière serait largement connue par ailleurs. Ce qui ressort avec netteté est son insertion dans l’appareil judiciaire apostolique : il agit au nom du siège romain, dans un dossier directement suivi par le pape, et prend place parmi les commissaires chargés d’encadrer l’enquête menée en France contre l’ordre.
Identité et formes du nom
L’identification de Matheus de Neapoli requiert une attention particulière en raison de la variété des désignations sous lesquelles il apparaît. Les formes relevées comprennent Matheus de Neapoli, Matbeus de Neapoli, Mateo de Neapoli, Matheum de Neapoli et Mathei de Neapoli. À ces graphies s’ajoutent les appellations de caractère plus fonctionnel ou honorifique : dominus Matheus, dominus Matheus de Neapoli, Matheus sedis apostolice notarius et Matheus de Neapoli sedis apostolice notarius.
Deux autres formes, Matheus Caragoli et Matheus Caragoli de Neapoli, montrent qu’un second élément anthroponymique pouvait lui être associé. Dans l’état des mentions conservées, ces variantes doivent être rapportées à une seule et même personne, active en 1309 dans l’entourage immédiat de la commission apostolique. La diversité des graphies tient moins à l’existence de plusieurs individus qu’aux usages de rédaction des actes et à la souplesse habituelle des désignations personnelles dans les pièces de procédure.
Qualité de notaire apostolique
Matheus est expressément qualifié de notaire du siège apostolique. Ce titre le place dans le personnel spécialisé employé par la juridiction pontificale pour les procédures solennelles. Dans le contexte du procès des Templiers, cette fonction n’est pas accessoire : elle indique une compétence reconnue dans l’élaboration, l’enregistrement ou la validation d’actes relevant de l’autorité papale.
La formule sedis apostolice notarius le rattache donc directement à l’exercice de la justice pontificale. Elle éclaire aussi sa présence parmi les commissaires apostoliques : son rôle n’était pas celui d’un simple assistant occasionnel, mais celui d’un homme qualifié pour participer à la mise en forme institutionnelle de l’enquête.
Appartenance aux commissaires apostoliques
Matheus de Neapoli est compté parmi les commissaires apostoliques. Son appartenance à ce groupe est essentielle pour comprendre sa place dans l’affaire : il ne figure pas seulement dans l’environnement du procès, mais dans l’organe même chargé de l’instruction apostolique. À ce titre, il prend part au dispositif par lequel le siège romain reçoit, encadre et formalise les opérations dirigées contre l’Ordre du Temple.
Cette position lui confère une importance institutionnelle plus grande que ne le laisserait supposer la seule brièveté des mentions conservées. Même si le détail de chacune de ses interventions n’est pas connu, son insertion dans la commission le situe parmi les agents qui donnent à l’enquête sa dimension proprement pontificale.
Mandat et relation avec Clément V
L’action de Matheus de Neapoli s’inscrit sous l’autorité directe de Clément V. Le pape lui adresse à Poitiers un commandement daté du deuxième jour avant les ides d’août de la troisième année du pontificat. Cette donnée est importante, car elle place Matheus dans une relation explicite de délégation avec le souverain pontife.
Un tel lien éclaire sa présence au sein des commissaires apostoliques dans l’affaire du Temple : Matheus n’agit pas dans un cadre purement local ni comme officier dépendant d’une autorité diocésaine, mais comme homme employé dans une procédure relevant du sommet de la juridiction ecclésiastique. La mention de Poitiers inscrit en outre son activité dans l’espace où s’exerce concrètement le gouvernement pontifical de Clément V à ce moment.
Rôle dans le procès des Templiers
En 1309, Matheus de Neapoli participe au procès des Templiers dans le royaume de France. Sa présence est plus précisément rattachée à l’enquête contre l’Ordre du Temple menée à Paris. Ce point permet de le situer dans la phase française de l’instruction apostolique, au moment où les autorités ecclésiastiques recueillent et organisent les éléments de procédure relatifs à l’ordre accusé.
Son appartenance aux commissaires apostoliques montre qu’il ne doit pas être envisagé comme un témoin périphérique. Il appartient à l’instance qui conduit l’enquête elle-même. Même si les actes conservés ne détaillent pas séance par séance son intervention personnelle, sa qualité de notaire apostolique et de commissaire suffit à le ranger parmi les acteurs effectifs de la procédure, chargés d’en assurer la régularité et la traduction juridique.
Présence à Paris, Vallès et Rouen
Paris constitue le principal point d’ancrage de son activité connue dans l’affaire templière. C’est là que se rattache sa participation à l’enquête menée en France contre l’ordre. Une mention de 1309 signale en outre une lettre d’excuse de Matheus de Neapoli à Vallès, près de Paris. Sans que le contenu de cette pièce soit précisé, son existence individualise davantage encore sa place dans le déroulement de la procédure : elle montre que son nom apparaît non seulement au titre d’une commission collective, mais aussi dans un acte qui le concerne personnellement.
Matheus est également signalé à Rouen, dans l’église de la ville. Cette présence atteste la circulation des commissaires et l’extension géographique du travail d’enquête au-delà du seul centre parisien. La nature exacte de l’acte accompli à Rouen n’est pas précisée, mais l’association de son nom à ce lieu confirme son implication concrète dans le maillage des opérations judiciaires menées en France.
Chronologie resserrée de l’activité connue
Tous les repères réunis pour Matheus de Neapoli se concentrent sur l’année 1309. Cette densité chronologique correspond à la phase active de la procédure apostolique contre l’Ordre du Temple en France. On peut ordonner les éléments connus autour de quatre pôles : le commandement pontifical reçu à Poitiers ; la participation à l’enquête conduite à Paris ; la mention d’une lettre d’excuse à Vallès près de Paris ; enfin la présence relevée à Rouen, dans l’église de la ville.
Cette chronologie brève mais cohérente dessine le profil d’un officier en mission, engagé dans un cadre judiciaire précis et pour un objet clairement déterminé. Rien ne permet d’étendre avec assurance sa carrière au-delà de ces attestations, mais celles-ci suffisent à le replacer avec netteté dans l’organisation concrète du procès.
Repères
Date attestée : 1309.
Lieux associés : Poitiers ; Paris ; Vallès près de Paris ; Rouen ; église de Rouen ; royaume de France.
Principales qualités : notaire du siège apostolique ; membre des commissaires apostoliques ; participant au procès des Templiers.
Variantes du nom : dominus Matheus de Neapoli, Matheus de Neapoli sedis apostolice notarius, Matheus Caragoli, Matheus Caragoli de Neapoli, Matbeus de Neapoli, Matheus sedis apostolice notarius, Mateo de Neapoli, Matheum de Neapoli, Mathei de Neapoli, dominus Matheus.
Appréciation historique
Matheus de Neapoli appartient au personnel ecclésiastique qui confère au procès des Templiers sa portée proprement apostolique. Son dossier n’autorise pas une biographie développée, mais il permet de cerner solidement une fonction et un rôle. Notaire du siège apostolique, membre des commissaires, destinataire d’un commandement de Clément V, présent dans les opérations conduites à Paris et signalé à Rouen, il figure parmi les hommes chargés de mettre en œuvre en France l’enquête pontificale contre l’Ordre du Temple.
L’intérêt historique du personnage tient précisément à cette position intermédiaire entre l’autorité pontificale suprême et l’exécution locale des actes de procédure. À travers lui apparaît la trame administrative et judiciaire sans laquelle l’affaire du Temple ne peut être comprise : celle d’agents qualifiés, mobiles, et directement insérés dans le fonctionnement de la commission apostolique.
