P. de Scivreyo
P. de Scivreyo désigne un templier identifié comme responsable de la maison du Temple de Bures. Sous cette forme abrégée, le personnage apparaît comme un dignitaire local de l’ordre, rattaché avec netteté à cet établissement. Les variantes latines Petrus de Sivreyo et Petrum de Sivreyo se rapportent au même homme et permettent de reconnaître, derrière des graphies différentes, un commandeur de maison actif dans le cadre de Bures.
Identité et formes du nom
Le nom est conservé sous plusieurs états : P. de Scivreyo, Petrus de Sivreyo et Petrum de Sivreyo. La variation entre Petrus et Petrum relève de l’usage latin et de ses flexions, tandis que l’initiale P. abrège très vraisemblablement le même prénom. Le second élément, malgré une légère oscillation graphique entre Scivreyo et Sivreyo, demeure suffisamment proche pour autoriser l’identification d’une seule et même personne.
Cette stabilité relative de l’anthroponyme est importante, car elle permet d’unifier des mentions qui, prises isolément, pourraient sembler dispersées. En l’état, rien n’invite à distinguer plusieurs individus.
Appartenance à l’Ordre du Temple
P. de Scivreyo appartient à l’Ordre du Temple. Sa qualité de dignitaire ne renvoie pas ici à une dignité supérieure de l’ordre tout entier, mais à une position d’autorité dans l’encadrement local d’une maison. Il doit donc être compris comme un responsable inséré dans la hiérarchie ordinaire des établissements templiers, à l’échelle de Bures.
Commandement de la maison du Temple de Bures
Le trait le mieux assuré de sa notice est son lien de commandement avec la maison du Temple de Bures. Il est expressément présenté comme celui qui commande cette maison, et une mention parallèle sous la forme Petrus de Sivreyo le montre commandant la maison du Temple de Buris, forme latinisée du même lieu. Les deux désignations se recoupent et confirment une même charge exercée dans un même établissement.
Cette fonction fait de lui le chef d’une maison templière locale. Le dossier ne permet pas de préciser la durée de cette responsabilité, ni de savoir s’il a exercé ailleurs, avant ou après, une autre charge. Il n’en ressort pas moins que son identité historique est essentiellement définie par ce commandement à Bures.
Bures comme cadre d’exercice
Bures constitue le principal, et même l’unique, ancrage géographique assuré de P. de Scivreyo. Le rapport qui l’unit à ce lieu n’est pas une simple présence de circonstance : il s’agit d’un lien institutionnel direct, celui d’un supérieur de maison. C’est dans ce cadre que sa figure devient historiquement perceptible.
Aucun autre lieu ne peut lui être rattaché avec certitude. De même, rien ne permet d’étendre la notice à l’histoire matérielle de la maison, à ses dépendances ou à son temporel. La portée du témoignage demeure prosopographique et institutionnelle : un nom, une fonction, un établissement.
Mentions dans les dépositions
P. de Scivreyo est nommé comme dignitaire dans deux dépositions distinctes liées à Bures. La première est celle de Gautier de Bures, datée du xviiii mensis Decembris. La seconde est celle d’Étienne de Dijon, datée du xxi dies mensis Decembris. Dans l’une et l’autre, sa mention atteste sa visibilité comme personnage d’autorité associé à la maison de Bures.
Ces deux repères sont particulièrement utiles, non parce qu’ils livreraient une biographie développée, mais parce qu’ils confirment la reconnaissance de son statut dans des témoignages distincts et rapprochés dans le temps. Ils fixent ensemble un faisceau cohérent : un nom, une qualité de dignitaire et un rattachement constant à Bures.
Chronologie et limites de la notice
Les seuls jalons chronologiques explicitement conservés sont donc les deux jours de décembre attachés à ces dépositions, le dix-neuvième et le vingt-et-unième. Ils situent la mémoire de P. de Scivreyo dans une séquence brève où son autorité locale est assez connue pour être rappelée par plusieurs déposants.
En revanche, aucune date d’entrée en charge, de fin de commandement ou de carrière antérieure n’est fournie. Son origine, sa parenté et sa trajectoire personnelle restent hors d’atteinte. La notice doit ainsi rester centrée sur ce qui est fermement établi : l’homme du Temple, le commandeur de Bures, et le dignitaire nommé dans deux dépositions convergentes.
Portée historique
P. de Scivreyo représente un type de personnage fréquent dans l’histoire prosopographique du Temple : un responsable local dont la trace est brève mais précise. L’intérêt de son cas tient à la convergence entre les formes du nom, la fonction de commandement et l’association constante à Bures. Cette convergence suffit à faire de lui un point d’appui solide pour l’identification du personnel dirigeant de la maison.
Sa notice n’autorise pas de développement biographique ample, mais elle conserve une réelle valeur historique. Elle confirme l’existence d’un commandement templier personnalisé à Bures et montre qu’un dignitaire de cette maison était connu sous les formes P. de Scivreyo, Petrus de Sivreyo et Petrum de Sivreyo. Dans l’état actuel des mentions, c’est là l’essentiel, et aussi la limite, de ce que l’on peut affirmer.
