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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Richard du Bois-Jocelin

Richard du Bois-Jocelin

Richard du Bois-Jocelin est un personnage attesté en 1258 à Sacquenville, dans un cadre seigneurial et templier étroitement lié. Il apparaît alors à la fois comme dépendant de Guillaume, seigneur de Sacquenville, et comme auteur d’une donation aux Templiers. Bien que sa trace soit brève, elle suffit à le situer dans les rapports concrets qui unissaient, au milieu du XIIIe siècle, la société laïque locale, l’autorité seigneuriale et les établissements du Temple.

Cette double caractérisation est l’intérêt principal du personnage. Richard n’est pas seulement nommé comme un individu isolé : il est inscrit dans une relation de dépendance et dans un acte de transfert au profit des Templiers. À ce titre, il relève de ces figures secondaires dont l’importance tient moins à une carrière connue qu’à la précision de leur insertion dans les structures sociales et juridiques de leur temps.

Identité et désignation

Le nom est conservé sous la forme principale de Richard du Bois-Jocelin. Une variante graphique, Richard du Bois-Jooelin, renvoie au même individu. Une telle fluctuation n’a rien d’inhabituel dans les usages écrits du XIIIe siècle et ne suffit pas à distinguer deux personnes.

Aucun autre élément sûr ne permet d’aller plus loin dans l’identification personnelle. Sa filiation, son âge, son statut exact dans la hiérarchie locale ou l’éventuel exercice d’une fonction particulière ne sont pas précisés. Son identité historique repose donc sur un faisceau restreint mais cohérent : son nom, la localisation à Sacquenville, le lien de dépendance envers le seigneur du lieu et la donation faite aux Templiers en 1258.

Insertion seigneuriale

En 1258, Richard du Bois-Jocelin est dit dépendre de Guillaume, seigneur de Sacquenville. Cette indication est capitale pour apprécier sa position. Elle l’inscrit dans une hiérarchie seigneuriale explicite et montre que son action s’exerce dans un cadre de dépendance reconnu, non dans une simple relation privée détachée des structures locales de pouvoir.

La nature précise de cette dépendance n’est pas détaillée davantage, mais son existence suffit à éclairer le contexte dans lequel Richard agit. Son rapport aux Templiers doit être compris à l’intérieur de ce monde seigneurial, fait de droits, d’obligations et de liens personnels. Guillaume, seigneur de Sacquenville, constitue ainsi le principal repère institutionnel de son inscription sociale.

Cette dépendance offre aussi un point d’appui pour lire la donation de 1258 : l’intervention de Richard au profit des Templiers n’émane pas d’un personnage abstrait, mais d’un homme inséré dans les dépendances du voisinage seigneurial. Même sans connaître les modalités exactes de cette relation, on voit que l’ordre du Temple se trouvait en contact avec des acteurs placés à différents degrés de la société locale.

Donation aux Templiers

Le fait le plus net concernant Richard du Bois-Jocelin est la donation qu’il effectue aux Templiers à Sacquenville en 1258. C’est par cet acte qu’il entre dans l’histoire des rapports entre les laïcs et l’ordre du Temple.

La nature du bien donné n’est pas précisée ici, pas plus que les clauses de la donation, les contreparties éventuelles ou les conditions juridiques de l’opération. L’essentiel n’en demeure pas moins assuré : Richard intervient personnellement comme donateur au profit des Templiers, dans le même cadre local où il est aussi défini par sa dépendance envers le seigneur de Sacquenville.

Ce geste, même connu de manière succincte, est historiquement significatif. Il montre que les Templiers recevaient des transferts ou des soutiens qui ne procédaient pas uniquement de grands lignages ou de dignitaires majeurs, mais aussi d’hommes moins bien documentés, enracinés dans la trame ordinaire des relations seigneuriales. Richard du Bois-Jocelin illustre ainsi un niveau intermédiaire de la société laïque, suffisamment inséré pour agir juridiquement, mais trop peu documenté pour que sa trajectoire puisse être reconstituée au-delà de cette mention.

Chronologie et cadre local

L’année 1258 constitue le seul repère chronologique assuré. Elle concentre les deux faits connus : la dépendance de Richard envers Guillaume, seigneur de Sacquenville, et la donation aux Templiers. Rien ne permet d’étendre avec certitude sa biographie en amont ou en aval de cette date.

Le cadre spatial est tout aussi resserré. Sacquenville est le lieu commun aux deux relations qui définissent historiquement le personnage : relation verticale avec le seigneur du lieu, relation institutionnelle avec les Templiers par le biais de la donation. Ce croisement entre un homme, un seigneur local et l’ordre du Temple donne toute sa consistance à la mention de Richard du Bois-Jocelin.

Portée historique

Richard du Bois-Jocelin n’est connu que par une apparition brève, mais celle-ci n’est pas négligeable. Elle met en lumière, à une échelle locale, la manière dont les établissements du Temple s’inséraient dans un environnement seigneurial précis. Son cas montre que les relations avec les Templiers passaient aussi par des individus de rang mal défini, dont l’existence n’émerge qu’à l’occasion d’un acte ponctuel.

Par cette mention se laissent entrevoir deux dimensions essentielles de la société du XIIIe siècle : d’une part, l’encadrement des hommes par des autorités seigneuriales nettement identifiées ; d’autre part, la circulation de biens ou de droits en faveur des Templiers. Richard du Bois-Jocelin, bien que discrètement attesté, prend ainsi place parmi ces témoins utiles à la reconstitution du tissu humain, juridique et social dans lequel s’inscrivait la présence templière.

Richard du Bois-Jocelin