Tartari
Le terme Tartari, variante latinisée correspondant aux Tartares, désigne dans les usages médiévaux un groupe humain ou, plus largement, un ensemble de populations identifiées sous ce nom. Dans le cadre de l’histoire des Templiers, cette appellation ne renvoie pas à une institution au sens strict, ni à une fonction interne de l’ordre, mais à une catégorie de désignation appliquée à des acteurs extérieurs au monde latin et aux structures propres du Temple.
Le mot relève ainsi d’un vocabulaire de relation, de classement et de perception. Il sert à nommer des peuples perçus comme distincts, parfois à très grande échelle, sans que cette dénomination garantisse toujours une précision ethnique, politique ou territoriale complète. Son intérêt historique tient précisément à cette fonction de désignation générale, révélatrice des catégories par lesquelles les contemporains ordonnaient leur compréhension d’espaces et d’acteurs extérieurs.
Nature du terme
Tartari doit être compris comme une graphie savante ou diplomatique, tandis que Tartares en constitue l’équivalent français. La coexistence de ces deux formes rappelle que l’appellation circule entre plusieurs niveaux d’écriture : le latin des actes, des récits ou des formulations érudites, et la langue vernaculaire des réemplois historiques.
Il ne s’agit donc ni d’un titre, ni d’un office, ni d’une dignité de l’ordre du Temple. À la différence des hiérarchies, charges ou circonscriptions templières, Tartari désigne une réalité située hors de l’organisation de l’ordre. Le terme appartient au lexique contextuel par lequel les textes médiévaux identifient des interlocuteurs, des adversaires, des voisins ou des populations connues de manière directe ou indirecte.
Usage médiéval et portée de l’appellation
Dans la langue des actes et des récits, Tartari fonctionne avant tout comme un identifiant collectif. Comme d’autres désignations médiévales appliquées à des ensembles lointains ou perçus globalement, le mot peut recouvrir une réalité vaste, appréhendée depuis l’Occident latin sous une forme unifiée. Il possède dès lors une double portée : descriptive, parce qu’il nomme un groupe reconnu comme tel, et classificatoire, parce qu’il rassemble sous un même nom des populations identifiées de l’extérieur.
Cette généralisation impose une lecture prudente. L’emploi de Tartari ne suffit pas, à lui seul, à déterminer avec exactitude le cadre politique visé, les subdivisions internes, ni le degré de cohésion des groupes ainsi nommés. Le terme doit donc être saisi à la fois comme une désignation positive et comme un marqueur de perception historique. Il renseigne moins sur l’organisation intrinsèque des populations désignées que sur la manière dont les rédacteurs médiévaux construisent et formulent l’altérité.
Rapport avec l’histoire templière
Dans l’histoire des Templiers, la mention de Tartari prend sens par rapport aux espaces de contact dans lesquels l’ordre a évolué. Engagé dans des contextes de guerre, de négociation, de circulation et de confrontation entre pouvoirs, le Temple apparaît dans des textes qui emploient ce type de désignation pour situer des acteurs extérieurs. Le mot n’éclaire donc pas une fonction administrative ou une structure propre à l’ordre, mais l’environnement humain, politique et mental dans lequel celui-ci s’inscrivait.
À ce titre, Tartari appartient au vocabulaire utile pour comprendre la manière dont les contemporains nommaient certaines puissances ou populations extérieures. Son importance est d’abord contextuelle : il renseigne sur les cadres intellectuels et politiques du monde latin médiéval, ainsi que sur les catégories de langage mobilisées dans les récits et actes touchant à l’histoire templière.
Valeur historique et précautions d’interprétation
Une notice consacrée à Tartari doit rester mesurée. Le terme est bien une appellation, non la désignation d’une institution unique ou d’une hiérarchie précisément définie. Son emploi n’autorise pas, en lui-même, une reconstruction détaillée de structures internes, d’un territoire univoque ou d’une identité homogène. Sa signification exacte dépend du contexte dans lequel il apparaît, de la langue du texte et de l’intention du rédacteur.
En ce sens, l’appellation éclaire surtout les usages de nomination dans l’histoire templière et, plus largement, dans le monde latin médiéval. Elle renvoie à une réalité reconnue par les contemporains, mais exprimée au moyen de catégories larges, variables dans leur précision selon les textes. Pour l’historien, Tartari constitue donc moins une définition close qu’un indice de perception, de classement et de rapport à l’altérité.
Graphies et repérage
La variante principale à retenir est Tartares, équivalent vernaculaire de Tartari. Cette double forme est utile pour l’identification des occurrences, car les textes peuvent passer d’une graphie latine à une graphie française selon leur nature, leur langue et leur contexte de rédaction.
Le maintien de la forme Tartari présente un intérêt philologique : il rappelle que l’on a affaire à une désignation transmise dans un cadre d’écriture savant ou diplomatique. La forme française Tartares manifeste quant à elle la continuité de l’appellation dans l’usage historique et facilite son repérage dans les formulations vernaculaires.
