Une maison du Temple attestée à Crimolois
Le territoire de Crimolois conserve bien le souvenir d’une implantation templière documentée. Les éléments disponibles permettent d’y reconnaître une maison du Temple, rattachée à l’ensemble de la Madeleine de Dijon, et non une simple évocation régionale sans ancrage local. Il ne convient donc pas de présenter Neuilly-Crimolois comme un lieu seulement voisin d’établissements templiers : pour la partie de l’ancienne commune de Crimolois, la présence de l’Ordre est explicitement attestée.
Attestations médiévales
Les mentions conservées montrent que Crimolois apparaît dans la documentation templière dès le XIIe siècle sous plusieurs formes anciennes du nom. Cette ancienneté confirme l’existence d’un établissement ou d’un domaine suffisamment structuré pour être identifié dans les archives de la maison du Temple de la Madeleine de Dijon.
En 1208, les Templiers de la Madeleine de Dijon font intervenir Gui de Blaisy comme témoin dans une affaire touchant les villages de Magny et de Crimolois. Cette mention montre que Crimolois entrait alors dans le champ direct de leurs intérêts et de leurs droits.
Une seigneurie et des biens relevant de Crimolois
La documentation ancienne présente Crimolois comme une ancienne maison du Temple et seigneurie de la maison de la Madeleine de Dijon. Cette qualification invite à voir dans le lieu un point d’appui foncier réel de l’Ordre, sans pour autant extrapoler au-delà de ce que les textes permettent d’affirmer sur l’importance exacte de l’établissement.
Autour de cette maison, les Templiers détenaient ou recevaient divers biens et revenus dans le secteur dijonnais. Un titre de 1220 évoque ainsi Enguerrand de Fontaines comme homme des Templiers. Le même contexte laisse entrevoir des biens assis près du château de Fontaines, au finage d’Échirey, ainsi qu’une vigne sur le territoire de Chazeuil et quelques cens. Ces indications montrent un ensemble de possessions dispersées, conforme à l’économie ordinaire des maisons rurales du Temple.
Donations connues
Une donation de juin 1259 éclaire plus précisément les droits attachés à la maison de Crimolois. Aalis, sœur de Caton de Sauz, concède alors aux Templiers de Crimolois le droit de prendre une charrette de bois dans toutes ses forêts de Bressey. L’acte est approuvé par son mari, Eudes de Domois, ainsi que par leurs enfants.
Ce type de concession rappelle que l’activité d’une maison templière ne reposait pas seulement sur la terre labourable. L’accès au bois, indispensable aux constructions, au chauffage, aux clôtures et aux usages agricoles, faisait partie des ressources concrètes qui assuraient la vie et l’exploitation d’un domaine.
Crimolois dans l’organisation templière locale
Les mentions conservées rattachent Crimolois à l’environnement de la Madeleine de Dijon. Il faut donc comprendre cette implantation dans un réseau de biens, de tenures, de droits et de dépendances répartis autour de Dijon, plutôt que comme une forteresse isolée. La maison de Crimolois participait vraisemblablement à cette organisation territoriale, fondée sur la gestion de revenus ruraux et de possessions éparses.
En l’état des informations disponibles, il est préférable de parler d’une maison du Temple et d’une seigneurie templière à Crimolois, sans lui attribuer d’office le rang de commanderie autonome.
Toponymie et mémoire du lieu
Les formes anciennes du nom de Crimolois sont nombreuses au cours des XIIe et XIIIe siècles, ce qui atteste une continuité d’identification du lieu dans les actes. Cette stabilité documentaire renforce l’attribution de la maison du Temple au territoire de Crimolois et non à un site voisin homonyme.
Ainsi, pour l’histoire de l’actuelle commune de Neuilly-Crimolois, c’est bien Crimolois qui porte la trace médiévale la plus nette de la présence templière.
Après la suppression de l’Ordre
Comme les autres biens du Temple, la maison et les droits de Crimolois ont dû être touchés par la réorganisation consécutive à la suppression de l’Ordre au début du XIVe siècle. Les éléments fournis ici ne détaillent pas ce devenir local dans le temps long, mais ils suffisent à établir qu’il existait auparavant une possession templière bien réelle sur ce territoire.
Synthèse
Crimolois ne doit pas être présenté comme un simple lieu voisin de la présence templière en Côte-d’Or. Les textes y signalent au contraire une maison du Temple, dotée d’une seigneurie et insérée dans le réseau de la Madeleine de Dijon. Des affaires de 1208 et une donation de 1259 montrent que les Templiers y exerçaient des droits concrets et y géraient des intérêts locaux. Pour la partie de Neuilly-Crimolois correspondant à l’ancien village de Crimolois, la présence de l’Ordre du Temple est donc documentée.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
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