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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Thoires

Le Moulin du Temple de Thoires

Thoires conserve bien le souvenir d’une possession templière attestée. Il ne s’agit pas ici d’affirmer l’existence d’une commanderie autonome, mais d’un domaine et d’un moulin relevant des Templiers, en lien avec la maison d’Epailly. Les formes anciennes du lieu, telles que Toyre et Thoira, apparaissent dans les actes du XIIIe siècle.

Une possession templière clairement attestée

La documentation mentionne à Thoires un moulin du Temple ainsi qu’un domaine détenu par les frères du Temple. Ces biens provenaient de donations consenties au début du XIIIe siècle par Hugues de Thoire, chevalier. Les Templiers y disposaient donc d’une implantation foncière réelle, qui contredit toute présentation de Thoires comme un simple lieu sans présence templière documentée.

Les actes conservés montrent que cette possession était rattachée à l’ensemble templier d’Epailly. Thoires doit ainsi être compris comme une dépendance rurale et productive de ce réseau, non comme une maison indépendante attestée par les textes.

Donations et accroissement du domaine

Au début du XIIIe siècle, Hugues de Thoire donna aux Templiers un domaine et un moulin. D’autres droits vinrent s’y ajouter dans les années suivantes, notamment autour de l’usage du moulin et de l’exploitation locale. Une mention de 1214 signale, au profit de la maison du Temple d’Epailly, des avantages accordés sur les moulins de Thoires ainsi que d’autres droits utiles à la mise en valeur du terroir.

La documentation fait également apparaître un complément de dotation en 1218, avec un droit de pêche. Ces éléments montrent que la possession templière ne se limitait pas à un simple bâtiment, mais formait un petit ensemble économique associant terres, moulin et usages seigneuriaux.

Plus tard, en 1267, frère Martin, commandeur de Bure et d’Epailly, agissant au nom des frères de la chevalerie du Temple, acheta à Jean de Champlitte des bois et des vignes sur Thoire. Cette opération confirme la continuité de l’intérêt templier pour ce lieu au cours du XIIIe siècle et l’élargissement progressif de leurs biens.

Un bien à vocation économique

Le cas de Thoires illustre une présence templière d’abord tournée vers l’exploitation des ressources. Le moulin occupait une place essentielle dans l’économie locale, tandis que le domaine, les droits d’usage, les bois, les vignes et la pêche participaient à la valeur de l’ensemble. Une telle possession s’inscrivait dans la logique habituelle des établissements du Temple, fondée sur la gestion de revenus ruraux et sur l’organisation de dépendances relevant d’une maison principale.

Dans ce cadre, Thoires apparaît comme une annexe utile au temporel d’Epailly. Rien n’autorise à y voir une commanderie distincte, mais tout indique une propriété bien intégrée à l’administration templière régionale.

Rattachement à la maison d’Epailly

Les mentions anciennes relient explicitement les biens de Thoires aux Templiers d’Epailly. Le moulin est désigné comme appartenant aux frères du Temple, et les actes du XIIIe siècle montrent que les donations et acquisitions faites à Thoires profitent à cette maison. La gestion par le commandeur de Bure et d’Epailly, en 1267, confirme ce rattachement administratif.

Thoires doit donc être replacé dans l’orbite d’Epailly, importante implantation templière de cette partie de la Bourgogne. Le lieu ne représente pas un établissement isolé, mais une dépendance foncière exploitée dans le cadre d’un ensemble plus vaste.

Après la suppression de l’ordre

Comme les autres biens du Temple, les possessions de Thoires passèrent après la disparition de l’ordre au début du XIVe siècle à leurs successeurs. La mémoire locale a conservé le souvenir d’une ancienne grange des Templiers, devenue par la suite un bien tenu par l’ordre de Malte, puis intégrée à d’autres formes de seigneurie.

Ce devenir s’accorde avec le sort habituel des biens templiers, transmis aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem après la suppression de l’ordre du Temple.

Toponymie et mémoire du lieu

La survivance du nom de Moulin du Temple constitue un indice important de continuité mémorielle. Les formes anciennes relevées dans les documents montrent que ce moulin était encore identifié par son appartenance templière dans la durée. Cette toponymie n’est pas un simple souvenir vague : elle correspond à une possession bien attestée dans les textes médiévaux et postérieurs.

Ainsi, pour Thoires, la présence templière ne relève pas d’une hypothèse générale à l’échelle du département, mais d’une implantation locale précise, fondée sur un domaine, un moulin et plusieurs droits acquis ou donnés au cours du XIIIe siècle.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Thoires