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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Vandenesse-en-Auxois

Maison du Temple de Vandenesse

Vandenesse-en-Auxois présente bien une implantation templière documentée. Les éléments conservés ne permettent donc pas de parler d’une simple proximité régionale sans présence locale. Ils établissent au contraire l’existence d’une maison du Temple à Vandenesse, ainsi que des droits et biens tenus par les Templiers dans la seigneurie.

La documentation connue mentionne qu’en 1237 les Templiers achetèrent à Jean de Châteauneuf le quart de ce qui lui appartenait dans la seigneurie de Vandenoisse, forme ancienne du nom. Cet acte fut confirmé en 1239 par sa veuve. Ces deux mentions suffisent à établir une présence templière effective dans le lieu, non comme simple souvenir diffus, mais par une possession seigneuriale clairement signalée.

Nature de l’établissement et consistance des biens

Les textes parlent d’une maison du Temple de Vandenesse. Il convient de conserver cette qualification, sans la transformer abusivement en commanderie templière autonome si le document ne l’affirme pas explicitement pour la période du Temple. En revanche, il apparaît que les Templiers possédaient dans la seigneurie une part de droits et de revenus, et qu’ils y détenaient aussi des biens fonciers.

Il est en outre indiqué que, sur la seigneurie de Vandenesse, la Maison du Temple de Beaune n’avait que des rentes et cens ainsi qu’une centaine d’arpents de bois. Cette précision éclaire la nature économique de leur présence : il ne s’agissait pas seulement d’un point d’appui religieux, mais d’un ensemble de droits utilement intégrés à la gestion patrimoniale du Temple en Bourgogne.

Une autre formulation conservée dans la documentation précise qu’une partie de la seigneurie appartenait à la Maison du Temple de Beaune. Cela suggère un lien administratif ou patrimonial étroit entre Vandenesse et l’ensemble de Beaune, sans autoriser à confondre les deux sites. La maison de Vandenesse doit donc être comprise comme une implantation locale insérée dans un réseau plus large.

Seigneurie, justice et continuité après 1312

Après la suppression de l’Ordre du Temple en 1312, les biens passèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Pour Vandenesse, cette succession n’est pas abstraite : elle apparaît dans un litige documenté. En 1322, les Hospitaliers, successeurs des Templiers, durent transiger avec Guy de Châteauneuf au sujet de l’exercice des droits de justice, qui faisait l’objet d’un différend entre eux.

Cette transaction montre que les droits détenus à Vandenesse n’étaient pas de pure forme. Ils engageaient des prérogatives seigneuriales assez substantielles pour provoquer contestation et règlement entre les détenteurs ecclésiastiques et le seigneur de Châteauneuf. Elle confirme aussi la continuité du dossier domanial entre la période templière et la période hospitalière.

Pour les siècles postérieurs, il est encore rappelé qu’un quart du domaine relevait de la commanderie de Beaune. Les Hospitaliers figurèrent ainsi parmi les seigneurs du lieu, notamment dans la charte d’affranchissement accordée aux habitants de Vandenesse par Guy de Châteauneuf, avec confirmation ultérieure par le duc de Bourgogne. Cet état prolonge vraisemblablement l’assise antérieure constituée sous les Templiers.

Église, sépultures et prudence nécessaire

La documentation évoque aussi l’église de Vandenesse, tenue pour assez digne pour recevoir des sépultures seigneuriales, celles de Jean de Châteauneuf en 1294 et de Guillaume en 1303. Cette remarque intervient dans une discussion plus large sur de supposées sépultures templières découvertes à Sainte-Sabine.

Sur ce point, la prudence s’impose. Les textes rejettent l’idée d’une implantation templière à Sainte-Sabine et refusent d’attribuer aux Templiers les cercueils en pierre et ornements précieux trouvés autour de cette église. Rien ne permet donc de déplacer vers Sainte-Sabine les faits documentés pour Vandenesse. La seule conclusion solide est double : les Templiers sont bien attestés à Vandenesse, et leur présence à Sainte-Sabine n’est pas établie.

Il ne faut pas davantage transformer en certitude ce qui relève seulement d’une hypothèse funéraire. Le dossier permet d’affirmer une maison templière voisine de l’église de Vandenesse et des droits seigneuriaux précis ; il ne permet pas d’identifier avec assurance des tombes templières conservées.

Formes anciennes du nom

Les formes anciennes relevées pour le lieu montrent la permanence du toponyme à travers les siècles : Vandenause en 1229, Vandenoisse en 1237, Vandenesse en 1263, Vandenosse en 1271, Wandenosse en 1285, puis d’autres variantes médiévales et modernes. Ces graphies confirment que les mentions se rapportent bien au même lieu de l’Auxois et au dossier seigneurial de Vandenesse sous Châteauneuf.

Ce que l’on peut établir pour Vandenesse-en-Auxois

Vandenesse-en-Auxois ne doit donc pas être présenté comme un simple espace voisin de sites templiers. Les documents permettent d’y reconnaître une maison du Temple, attestée par des acquisitions faites en 1237 et confirmées en 1239, ainsi que par la survivance de ses droits entre les mains des Hospitaliers après 1312. Les biens connus associent seigneurie partielle, rentes, cens et bois.

La notice doit en conséquence être recentrée sur cette réalité locale : à Vandenesse, la présence templière est documentée, mais elle doit être décrite avec exactitude, comme maison et comme possession seigneuriale et foncière, sans extrapolation sur des dépendances non prouvées, sans confusion avec Sainte-Sabine, et sans nier une implantation que les actes établissent clairement.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Vandenesse-en-Auxois