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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Boullay-les-Troux

Un domaine du Temple attesté à Boullay-les-Troux

Boullay-les-Troux conserve bien le souvenir d’un bien relevant de l’Ordre du Temple. Il ne s’agit pas, d’après les éléments conservés, d’une commanderie autonome, mais d’un domaine du Temple établi dans la paroisse des Troux, entre Limours et Chevreuse, et rattaché à l’ancienne maison du Temple de la Villedieu-lez-Maurepas.

Les textes signalent au Boulay un manoir seigneurial accompagné d’environ une centaine d’arpents de terres en labour et de bois. La présence templière y est donc documentée de façon concrète, à travers une possession foncière et seigneuriale, et non par une simple tradition locale.

Origine de la possession

L’une des attestations les plus anciennes remonte à 1190. Cette année-là, Simon, seigneur de Chevreuse, sur le point de partir pour la Terre sainte, donna aux frères du Temple sa maison appelée le Boulay, ainsi qu’un bois nommé le Bois-des-Lais. L’acte reçut l’assentiment de l’évêque de Paris, puisque ces biens relevaient de sa mouvance.

Cette donation montre que le Boulay était déjà identifié comme un bien suffisamment important pour faire l’objet d’un transfert formel au profit de l’ordre. Elle constitue le noyau ancien de la présence templière sur le territoire concerné.

Terres et accroissement du domaine

Le domaine ne se limitait pas à cette première donation. La plus grande partie des terres du Boulay provenait aussi d’acquisitions réalisées auprès d’un chevalier nommé Jean Dauneel, seigneur de Denizy. Les Templiers lui achetèrent notamment soixante-huit arpents de terre arable dans la paroisse et les confins des Troux, au territoire du Boulay.

S’y ajoutaient encore vingt et un arpents et un quartier de bois au même lieu, près de Montabé, ainsi que quarante sols de cens à Hautvillers. Ces éléments montrent un ensemble foncier composé de terres labourables, de bois et de revenus seigneuriaux, progressivement consolidé autour du Boulay.

Nature du bien templier

Les informations conservées invitent à définir le site comme un domaine rural seigneurial. Le Boulay relevait d’une organisation templière plus vaste et formait un membre dépendant de la maison de la Villedieu-lez-Maurepas. Rien n’impose donc d’y voir une commanderie distincte ; en revanche, il est certain que les Templiers y possédaient un bien structuré et exploité.

Le domaine associait habitat seigneurial, terres agricoles, bois et droits attachés à la seigneurie. Cette configuration correspond à une présence templière de gestion et de revenu, solidement insérée dans l’économie locale.

Droits seigneuriaux

Le commandeur y détenait la haute, moyenne et basse justice. Le Boulay ne représentait donc pas seulement une exploitation agricole, mais aussi une seigneurie dotée de prérogatives juridictionnelles.

Les textes mentionnent également un droit de forage sur les vins et un droit de fortage sur les pierres meulières extraites dans la seigneurie, à raison de cinq sols par meule. Ces mentions éclairent les ressources que l’ordre pouvait tirer du lieu, au-delà des seules cultures et du bois.

Place du Boulay dans le réseau templier

Le domaine de Boullay-les-Troux s’inscrivait dans le réseau des biens dépendant de la maison du Temple de la Villedieu-lez-Maurepas. Cette précision est importante : elle indique que le site participait à un ensemble administratif et économique plus large, où certains biens n’étaient pas des maisons principales, mais des dépendances utiles à l’entretien du patrimoine de l’ordre.

Pour Boullay-les-Troux, l’histoire templière doit donc être comprise à l’échelle d’un domaine dépendant, bien attesté dans les textes, et non comme celle d’une forteresse ou d’un grand établissement autonome.

Ce qu’il faut retenir

Contrairement à ce que l’on affirme parfois, Boullay-les-Troux ne doit pas être présenté comme un lieu sans présence templière documentée. Les éléments disponibles attestent au contraire un domaine du Temple au Boulay, composé d’un manoir, de terres, de bois et de droits seigneuriaux.

La prudence reste nécessaire sur la forme exacte des bâtiments et sur l’évolution détaillée du site, mais le fait essentiel ne prête pas à confusion : les Templiers ont bien possédé un domaine à Boullay-les-Troux, dépendant de la maison de la Villedieu-lez-Maurepas.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Boullay-les-Troux