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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Celles (15)

Maison du Temple de Celles

À Celles, dans le Cantal, la matière disponible ne renvoie pas à une simple tradition toponymique, mais bien à une maison du Temple explicitement mentionnée. Le lieu est associé au château de Celles, établi sur le versant nord de la vallée de l’Alagnon, dans un site boisé et encaissé. Les textes fournis décrivent d’abord Celles comme un fief seigneurial déjà constitué au XIIe siècle, avant son passage dans l’orbite templière au début du XIIIe siècle.

Du fief seigneurial à la maison du Temple

Avant l’installation des Templiers, Celles appartenait à une seigneurie qui avait donné son nom à une famille locale. Le dernier représentant signalé de cette lignée est Dalmace de Celles. Il apparaît en 1216 avec son frère Paterne, lorsqu’ils souscrivent à une donation de biens faite par Durand Passire au prieuré de Bredom. Cet acte ne concerne pas directement le Temple, mais il montre que la famille de Celles est encore alors bien identifiable dans les actes de la région.

Un témoignage postérieur affirme que Dalmace de Celles aurait donné ses biens au Temple en 1213 et serait devenu donat. Toutefois, le document invoqué pour cette affirmation n’a pas été retrouvé dans la matière transmise. Ce point doit donc être tenu pour rapporté mais non démontré par l’acte lui-même. En revanche, les textes fournis considèrent comme acquis que le fief de Celles était passé très tôt aux Templiers et qu’il forma ensuite une maison importante dans leur implantation auvergnate.

Une présence templière certaine au milieu du XIIIe siècle

La première attestation nettement assurée de la maison templière à Celles dans les documents réunis date de 1246. Cette année-là, le précepteur Pierre de Lespinasse reçoit de Bertrand de Rochefort, qualifié de chevalier, une donation consistant en cent sols de rente assis sur le village de Sévérac. Cet acte montre plusieurs traits concrets de l’établissement :

  • la maison de Celles est déjà suffisamment organisée pour être dirigée par un précepteur nommé ;
  • elle reçoit non seulement des terres, mais aussi des revenus constitués en rente ;
  • son recrutement relationnel touche la petite et moyenne aristocratie régionale, ici la famille de Rochefort.

La donation de 1246 est importante, car elle fait entrer Celles dans la documentation non comme simple souvenir local, mais comme un établissement en activité, capable de recevoir et d’administrer des revenus assignés sur un village déterminé.

Biens, dîmes et revenus défendus par la maison

La documentation montre ensuite la maison de Celles en position de défendre ses droits. En 1268, le précepteur de Celles l’emporte contre les contestations élevées par Guillelmette, dite la Rodiere de Celeant, et conserve l’ensemble des dîmes du village de Baynac. Le texte ne donne pas le détail de la procédure, mais le résultat est net : les Templiers maintiennent leur possession ou leur perception intégrale des dîmes de ce village.

Ce renseignement est capital pour caractériser la nature des intérêts du Temple à Celles. L’établissement ne reposait pas seulement sur un siège résidentiel ou seigneurial ; il disposait aussi de droits ecclésiastiques et économiques, ici des dîmes, qui constituaient un revenu régulier et disputé. La mention d’une opposition formelle indique par ailleurs que ces droits étaient assez substantiels pour susciter conflit ou résistance.

Le nom de Celeant, attaché à Guillelmette, est signalé comme douteux dans la tradition transmise. Une hésitation subsiste sur l’identification exacte du toponyme ou du lieu d’origine. Comme les documents fournis ne permettent pas de trancher avec certitude, il convient de conserver cette forme telle quelle, sans aller au-delà.

Personnes liées à la maison

Plusieurs noms peuvent être retenus parce qu’ils interviennent directement dans l’histoire de la maison :

  • Dalmace de Celles, dernier représentant mentionné de la famille seigneuriale de Celles ;
  • Paterne de Celles, son frère, cité avec lui en 1216 ;
  • Pierre de Lespinasse, précepteur de la maison en 1246 ;
  • Bertrand de Rochefort, chevalier et donateur de la rente de Sévérac en 1246 ;
  • Guillelmette, dite la Rodiere de Celeant, partie adverse dans l’affaire des dîmes de Baynac en 1268.

Les notices transmises ajoutent que les Rochefort appartenaient à un lignage bien implanté dans plusieurs seigneuries régionales, et que les Lespinasse étaient donnés comme originaires de Saint-Bauzire. Elles rapportent aussi qu’Aude, femme de Robert de Lespinasse, avait donné en 1212 un bien nommé les Chazeaux aux Templiers du Puy. Ce dernier fait éclaire utilement l’environnement familial du précepteur Pierre de Lespinasse, mais il ne concerne pas directement la maison de Celles ; il doit donc rester un simple élément de contexte prosopographique.

Le rang de Celles dans le réseau templier local

Les textes fournis présentent Celles comme une des grandes maisons du Temple dans ce secteur de Haute-Auvergne. Cette appréciation doit être reçue avec prudence, car elle n’est pas accompagnée ici d’un état complet de ses dépendances, de ses revenus ou de son personnel. Néanmoins, plusieurs indices vont dans le sens d’un établissement de réelle consistance :

  • un passage précoce d’un fief seigneurial entier ou largement constitué dans le patrimoine du Temple ;
  • l’existence d’un précepteur nommé ;
  • des rentes assises sur Sévérac ;
  • des dîmes conservées à Baynac malgré opposition ;
  • une capacité d’intervention dans des affaires dépassant probablement la seule exploitation domaniale.

Un dernier renseignement va dans ce sens : en 1278, le commandeur de Celles est choisi comme arbitre dans un différend opposant Milon et Hugues. L’extrait conservé s’interrompt avant de livrer l’objet précis du litige, mais le simple fait qu’un commandeur de Celles ait été désigné pour arbitrer un conflit montre la considération dont il pouvait jouir dans les milieux seigneuriaux ou ecclésiastiques du voisinage.

Nature des biens attestés

Les pièces résumées dans les documents ne donnent pas un terrier complet de la maison, mais elles permettent tout de même de cerner quelques catégories de biens et de droits effectivement attachés à Celles :

  • un siège local associé au château de Celles ;
  • des rentes, notamment cent sols sur le village de Sévérac ;
  • des dîmes, en particulier celles du village de Baynac ;
  • une autorité institutionnelle suffisante pour qu’un commandeur ou précepteur agisse, reçoive, défende et arbitre.

En revanche, rien dans la matière fournie n’autorise à attribuer à Celles, de manière assurée, une chapelle, un moulin, des granges, des bois, une haute justice ou un ensemble de dépendances nommées. Ces éléments existent ailleurs dans la documentation départementale pour d’autres établissements, mais ils ne doivent pas être reportés ici sans preuve spécifique.

Après la suppression du Temple

Les extraits transmis ne livrent pas d’état explicite de la maison de Celles après la suppression de l’ordre du Temple au début du XIVe siècle. Il est donc préférable de ne pas reconstruire son devenir institutionnel en détail à partir d’analogies extérieures. Aucune notice fournie ici ne décrit son transfert, son revenu postérieur, ni son éventuelle intégration documentée à une commanderie hospitalière nommée.

On peut seulement constater que la mémoire du lieu a continué à être attachée à une maison du Temple, et que l’implantation était encore suffisamment marquée dans l’érudition locale pour être distinguée parmi les établissements du département.

Topographie et traces du site

La documentation rattache explicitement l’implantation au château de Celles, situé sur le versant nord de la vallée de l’Alagnon. Ce point d’ancrage topographique est plus solide que les développements étymologiques proposés sur le nom de Celles. L’explication par une ancienne cellule d’ermite est une interprétation, non une preuve d’origine templière. Elle peut aider à comprendre une tradition savante sur le toponyme, mais elle ne remplace pas les attestations médiévales.

Pour l’histoire du Temple, l’essentiel est ailleurs : Celles n’apparaît pas comme un simple nom rapporté tardivement, mais comme un lieu seigneurial devenu maison templière, actif au moins entre 1246 et 1278, recevant des rentes, défendant des dîmes et représenté par des précepteurs ou commandeurs identifiables.

En l’état des faits disponibles, la notice de Celles doit donc être centrée sur cette réalité précise : un ancien fief noble passé au Temple au début du XIIIe siècle, certainement en mains templières au milieu du siècle, et suffisamment structuré pour administrer des revenus à Sévérac, maintenir ses dîmes à Baynac et intervenir encore comme maison reconnue à la fin des années 1270.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Celles (15)