Aller au contenu

BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Chaintreaux

Le domaine du Temple de Lagerville à Chaintreaux

Le territoire de Chaintreaux est bien lié à une possession de l’Ordre du Temple. Les documents anciens y situent en effet le domaine du Temple de Lagerville, également écrit autrefois La Gerville. Il ne s’agit pas, d’après les éléments conservés, d’affirmer l’existence d’une commanderie autonome, mais bien d’un domaine templier attesté dans cette partie de la Seine-et-Marne.

Localisation historique

Lagerville relevait de l’actuelle commune de Chaintreaux. La terre était signalée à une lieue de celle des Charbonnières. Les mentions anciennes placent aussi la maison près de l’église et sur le vieux chemin conduisant à Bransles, ce qui confirme l’existence d’une implantation foncière identifiable dans le paysage local médiéval.

Une possession attestée à la fin du XIIIe siècle

La présence templière à Lagerville est explicitement documentée à la fin du XIIIe siècle. En 1288, Mathieu le Chambellan, seigneur de Villebéon, chevalier, donna aux frères du Temple tout ce qu’il possédait à Lagerville, dans la villa et le territoire du lieu. Cette donation portait sur un ensemble de biens et de droits suffisamment important pour constituer un véritable domaine rural.

Biens et droits compris dans la donation

Les biens cédés comprenaient notamment :

  • des terres ;
  • des vignes ;
  • des cens et terrages ;
  • des hostises et corvées ;
  • des droits de justice ;
  • une maison avec son jardin.

Ces éléments montrent une implantation qui dépassait la simple tenure isolée. Les Templiers y recevaient à la fois des biens d’exploitation, des revenus seigneuriaux et une maison implantée sur place.

Bois et exploitation seigneuriale

La même année, Mathieu le Chambellan céda encore aux Templiers, moyennant 300 livres tournois, les droits de coupe sur les bois qu’il possédait dans la paroisse de Lagerville. L’ensemble concernait 420 arpents de bois, dont une partie était occupée par des voies et des places vides. Cette opération souligne l’intérêt économique du site, où l’exploitation des ressources forestières venait s’ajouter aux terres et aux revenus déjà détenus.

Le donateur

Le principal personnage connu pour l’histoire de Lagerville est Mathieu le Chambellan, seigneur de Villebéon. Sa donation aux Templiers était assortie d’une charge pieuse : après sa mort, son anniversaire devait être célébré chaque année dans l’une des églises du Temple. Cette clause éclaire à la fois la nature spirituelle du lien avec l’ordre et l’importance accordée à cette fondation.

Nature de l’implantation templière

Les textes permettent donc d’affirmer une présence templière directe à Chaintreaux par le biais du domaine de Lagerville. En revanche, rien n’impose ici de transformer ce bien en commanderie indépendante. La prudence conduit à parler d’un domaine ou d’une maison du Temple, intégré à l’organisation foncière de l’ordre dans la région.

Devenir du site

La maison de Lagerville était encore connue par sa localisation ancienne, mais elle n’existait plus au début du XVIe siècle. Les terres et les droits seigneuriaux subsistèrent toutefois, avec une métairie à Bransles nommée Genouilly, rattachée à cet ensemble foncier. Cela montre que l’implantation médiévale ne s’est pas entièrement effacée avec la disparition du bâti principal.

Mémoire du lieu

Pour Chaintreaux, l’histoire templière ne relève donc pas d’un simple voisinage régional. Elle repose sur une possession clairement attestée : Lagerville, domaine du Temple établi sur le territoire de la commune. La mémoire locale doit être comprise à partir de cette réalité foncière, faite de terres, de droits, d’une maison et d’exploitations liées au même ensemble.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Chaintreaux