Champallement est bien lié à une implantation du Temple, attestée par les documents comme une maison du Temple pourvue d’une chapelle. Il ne convient donc ni de nier la présence templière, ni de transformer ce bien en simple souvenir diffus, ni en commanderie autonome lorsque les textes parlent d’abord d’une maison et d’un membre dépendant.
Une maison du Temple attestée à Champallement
Les documents internes désignent explicitement à Champallement une maison du Temple. Cette maison apparaît comme un ancien membre de la commanderie de Biches. Elle était située à environ un quart de lieue du village, sur le chemin conduisant à Montenoison. Cette précision topographique rattache l’établissement à un emplacement distinct du bourg lui-même, dans un cadre rural conforme à la gestion foncière des ordres militaires.
La chapelle de Notre-Dame
La chapelle constitue l’un des traits les mieux établis pour Champallement. Elle était dédiée à Notre-Dame et desservie régulièrement. En 1495, une messe y était célébrée chaque semaine, le dimanche, par un prêtre recevant pour ce service une somme de six livres. Cette mention tardive montre qu’après la disparition de l’ordre du Temple, le site conservait encore un usage cultuel et une organisation héritée de son ancien statut.
Comme la nature indiquée pour la fiche est celle d’une chapelle du Temple, il faut la conserver et l’articuler avec le reste de la documentation : la chapelle n’était pas un édifice isolé sans contexte, mais la chapelle d’une maison templière.
Un établissement templier connu dès la fin du XIIIe siècle
Les éléments les plus anciens conservés dans les documents internes proviennent des mentions relatives au procès des Templiers. Champallement y apparaît sous la forme latine Campo Alamani. La maison relevait alors du diocèse de Nevers. Un précepteur y est nommé en 1299 : frère Henri Donarcan, ou Dornarcan, sergent. Cette indication suffit à établir qu’il existait alors une structure templière organisée sur place, avec un responsable identifié.
Un autre passage signale qu’un témoin avait lui-même été reçu dans la chapelle de la maison du Temple de Champallement, par ce même frère Henri Donarcan, dans les environs de l’année 1299. Cette donnée confirme à la fois l’existence de la maison, celle de sa chapelle, et l’usage effectif du lieu par les frères du Temple à la fin du XIIIe siècle.
Dépendance de Biches et continuité hospitalière
Champallement n’apparaît pas comme une grande commanderie indépendante dans les documents fournis, mais comme un membre de Biches. Cette dépendance est importante pour éviter toute exagération. Le site relevait d’un ensemble plus large centré sur Biches, maison mieux dotée et durablement structurée.
Après la suppression de l’ordre du Temple au début du XIVe siècle, le bien passa, comme les autres possessions du Temple, dans l’ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. Les textes montrent que cette continuité ne fut pas seulement théorique : l’ancienne maison de Champallement demeura intégrée à l’administration hospitalière comme dépendance de Biches.
Cette continuité se lit encore au XIVe siècle. Un frère sergent, Philippe Postel, est signalé comme muté en 1364 de Villemoison à Champallement, alors membre de Biches, puis résident à Champallement en 1373. Ces mentions prouvent que le lieu restait alors suffisamment vivant dans l’organisation hospitalière pour y affecter un religieux en résidence.
Biens, droits et revenus
À la fin du XVIIe siècle, la maison et la chapelle avaient disparu. Les documents précisent toutefois ce qu’il restait de l’ancien établissement : l’enclos, un bois de quarante journaux appelé le Bois de l’Hôpital, ainsi que des censives et des portions de dîme à Champallement, Neuilly, Neuville, Taconin, Montenoison et dans les lieux voisins. Même après la disparition des bâtiments, les droits fonciers et seigneuriaux subsistaient donc en partie.
Un épisode judiciaire l’illustre nettement. En 1488, le commandeur fit condamner par le Parlement de Paris les sergents du seigneur de Chanteloup, venus accomplir des actes de justice dans la seigneurie de Champallement. Cette procédure montre que les détenteurs de l’ancien membre de Champallement défendaient encore leurs droits seigneuriaux à la fin du XVe siècle.
État du site et portée historique
Il faut distinguer soigneusement deux temps de l’histoire du lieu. Au Moyen Âge, Champallement possède bien une maison du Temple avec chapelle, puis une continuité sous les Hospitaliers. En revanche, les bâtiments avaient disparu à la fin du XVIIe siècle. On ne peut donc pas présenter le site comme conservé dans son état médiéval, mais on ne peut pas davantage nier l’implantation templière initiale.
Champallement représente ainsi une possession rurale documentée, de dimension modeste mais réelle, associant maison, chapelle, terres, bois, revenus et droits seigneuriaux. La chapelle de Notre-Dame en constitue l’élément le plus net pour l’identité de la fiche, sans qu’il faille la détacher de la maison dont elle dépendait.
Repères
- Nature documentée : maison du Temple avec chapelle dédiée à Notre-Dame.
- Statut : membre de la commanderie de Biches.
- Précepteur attesté : frère Henri Donarcan ou Dornarcan, sergent, en 1299.
- Usage cultuel attesté : une messe hebdomadaire encore desservie en 1495.
- Évolution : passage aux Hospitaliers après la suppression du Temple.
- État postérieur : maison et chapelle disparues à la fin du XVIIe siècle, avec maintien partiel des droits et revenus.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
Pour découvrir l’univers templier proposé par notre partenaire marchand, retrouvez également l’Univers des Templiers de La Forge des Chevaliers®.
REPÈRES TERRITORIAUX
Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.
