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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Fréniches

Présence templière au Bois près de Fréniches

Le dossier ne permet pas de soutenir une absence templière à Fréniches. Il atteste au contraire l’existence d’une maison du Temple dite « Le Bois », située près de Libremont et de Fréniches, dans la baillie du Vermandois et le diocèse de Noyon. La notice doit donc être comprise à partir de cette implantation documentée, sans déplacer cette maison sur un autre site voisin ni la confondre avec une simple tradition locale.

La nature du bien est également précisée par les documents : il s’agit d’une maison du Temple, et non d’une commanderie expressément qualifiée comme telle dans les pièces ici réunies. Cette maison possédait une chapelle, mentionnée dans les formules latines conservées autour de in domo de Bosco prope Frainices et de Bosco in Viromandia. Le libellé « Chapelle du Temple » correspond donc à un élément réel de l’établissement, mais cette chapelle doit être replacée dans son cadre exact, celui de la maison du Bois.

Une maison attestée à la fin du XIIIe siècle

Plusieurs indices concordants situent l’activité de cette maison à la fin du XIIIe siècle. Le procès de l’Ordre évoque des réceptions de frères faites dans cette maison du Bois. Le nom du recevant n’est pas assuré dans tous les cas : les documents évoquent soit le prêtre du Temple frère Daniel le Breton, soit Robert de Cernay. Cette incertitude porte sur l’identité du recevant, non sur l’existence de la maison elle-même.

Un épisode est daté de 1296 : l’un des frères alors présents, Pierre de Lagny, aurait plus tard réussi à s’enfuir en 1307. D’autres mentions placent au Bois-près-Fréniches le maître de la baillie du Vermandois, Guérin de Grandvilliers, vers 1297, puis encore en 1299. Au même moment, frère Pierre est donné comme précepteur de la maison, vers 1297. Ces éléments suffisent à établir que Le Bois n’était pas un lieu fictif ou un simple souvenir toponymique, mais une maison effectivement insérée dans l’organisation templière.

Fonctions de la maison

Le témoignage de Pierre de Poignencourt, sergent du Temple ayant été quelque temps clavaire de la maison, apporte un éclairage sur son fonctionnement. Il affirme que les aumônes et l’hospitalité y étaient convenablement observées. Cette indication suggère une maison d’une certaine tenue, puisque les documents rappellent que l’aumône n’était pas pratiquée dans les plus petites maisons de l’Ordre.

La chapelle n’y apparaît pas comme un accessoire secondaire. Elle sert de cadre à des réceptions mentionnées par le procès, ce qui lui confère une place nette dans la vie religieuse de l’établissement. On ne doit donc pas réduire Le Bois à une simple exploitation rurale anonyme : les faits conservés montrent une maison disposant d’une chapelle, d’un personnel identifié et d’une activité assez marquée pour apparaître dans les dépositions relatives au procès des Templiers.

Après la suppression de l’Ordre

Les documents indiquent que le site passa ensuite aux Hospitaliers. Le lieu devint « Bois de l’Hôpital », et la maison elle-même est signalée plus tard comme « la ferme de l’Hôpital ». Cette continuité de destination renforce l’identification du site : il ne s’agit pas d’une attribution flottante à Fréniches en général, mais d’un établissement localisé au Bois, près de Fréniches et de Libremont, repris après la disparition de l’Ordre du Temple.

La chapelle aurait subsisté longtemps. Elle est décrite comme une vaste et antique chapelle, dite de Sainte-Madeleine, où les Hospitaliers faisaient acquitter deux messes par semaine. Elle était encore vue intacte vers 1790, avant d’être détruite à la Révolution. Les documents ajoutent qu’il n’en restait plus ensuite que quatre murs. Ces indications appartiennent toutefois à l’état postérieur du site et doivent être distinguées de la période templière proprement dite.

Ce que l’on peut affirmer pour Fréniches

La formulation la plus sûre consiste à dire que le territoire rattaché à Fréniches conserve le souvenir documenté de la maison du Temple du Bois, située près de Fréniches et de Libremont, active au moins dans les dernières années du XIIIe siècle, et encore identifiable après 1312 sous les Hospitaliers. Les mentions de 1296, 1297 et 1299, les noms de Pierre de Poignencourt, de Guérin de Grandvilliers, de frère Pierre, de Daniel le Breton, de Robert de Cernay et de Pierre de Lagny constituent les principaux repères historiques assurés par le dossier.

Repères

  • Nature : maison du Temple dite « Le Bois », avec chapelle.
  • Localisation documentaire : près de Libremont et de Fréniches, en baillie du Vermandois, diocèse de Noyon.
  • Mentions certaines : réceptions de frères dans la maison ; présence de la chapelle ; activité attestée en 1296, vers 1297 et en 1299.
  • Personnes citées : Pierre de Poignencourt, frère Pierre, Guérin de Grandvilliers, Daniel le Breton, Robert de Cernay, Pierre de Lagny.
  • Devenir : passage aux Hospitaliers ; site ensuite connu comme Bois de l’Hôpital et ferme de l’Hôpital ; chapelle de Sainte-Madeleine conservée jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

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