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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Guillac (56)

Le domaine du Temple de Guillac

Guillac conserve bien le souvenir d’un bien relevant de l’Ordre du Temple. La documentation signale en effet un domaine du Temple dans la paroisse de Guillac, et non une simple évocation régionale sans ancrage local. Il ne faut pas pour autant transformer ce site en commanderie autonome : les éléments conservés renvoient plutôt à une possession foncière identifiée, passée ensuite dans l’orbite hospitalière.

Origine de la possession

Dès le XIIe siècle, une aumône est mentionnée à Goholac, rattachée à Guillac. Cette donation est dite confirmée en 1182 dans une charte attribuée à Conan IV, mais la tradition érudite signale le caractère apocryphe de cette pièce. Elle n’en laisse pas moins entrevoir l’ancienneté de l’implantation templière dans ce secteur.

Un bien foncier bien individualisé

Au XVe siècle, la possession apparaît nettement sous le nom de Temple de Guillac. En 1461, Jean Gory, commandeur de l’hôpital du Temple de Carentoir, rend aveu pour des dépendances situées à Guillac. L’ensemble comprend des maisons, courtils, rues, issues, terres arables et non arables, prés, pâtures et autres terres, pour une contenance d’environ trente journaux et demi et trois hommées de pré.

Cette description montre qu’il s’agissait d’un domaine rural composé de plusieurs éléments d’exploitation et de tenure. Rien n’autorise ici à parler d’une grande maison templière indépendante, mais il est certain qu’un bien relevant du Temple était identifié à Guillac.

Le Temple de Guillac après la suppression de l’ordre

Comme beaucoup d’anciens biens templiers, le domaine passa ensuite sous administration hospitalière. Les textes des époques postérieures le rattachent aux dépendances de Carentoir. Cette continuité explique que la documentation des XVe, XVIe et XVIIe siècles émane de commandeurs hospitaliers tout en conservant le nom de Temple de Guillac.

Aliénations et contestations

En 1574, le commandeur Jean Pelletier aliène à l’Hôpital de Villenart une tenue d’héritages désignée sous le nom de Temple de Guillac, en la paroisse de Guillac. Cette tenue est alors exploitée par plusieurs détenteurs, parmi lesquels Guillaume et Jan Jagu, Pierre Joubaut, Michel Joubin et leurs consorts.

Au XVIIe siècle, la mémoire des droits attachés à ce bien subsiste encore. En 1678, le commandeur René Chevrier indique que ces droits avaient été usurpés à la suite d’un échange. Le siècle suivant, un procès opposa encore le seigneur de Gachon et le commandeur de Carentoir au sujet de la récupération de la tenue du Temple de Guillac. Ces mentions montrent la persistance juridique et seigneuriale de cette ancienne possession.

Localisation et traces dans le paysage

Le hameau du Temple se situe à un peu plus d’un kilomètre à l’est du bourg de Guillac. Le bâti visible y est majoritairement d’époque moderne, entre la fin du XVIe siècle et le début du XIXe siècle. Le souvenir matériel de l’ancienne appartenance hospitalière y paraît très réduit : un portail remployé dans une maison est signalé comme l’un des rares indices du passé du lieu.

Ce que l’on peut affirmer

  • Une présence templière à Guillac est bien attestée, sous la forme d’un domaine ou d’une tenue appelée Temple de Guillac.
  • Cette présence ne prouve pas l’existence d’une commanderie autonome sur place.
  • Le bien a ensuite relevé des Hospitaliers, dans la dépendance de Carentoir.
  • Le toponyme du Temple à Guillac correspond à une réalité foncière et historique durable.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Guillac (56)