Aller au contenu

BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à La Saucelle

Le domaine du Temple des Pesles à La Saucelle

À La Saucelle, la présence templière est bien attestée par le domaine des Pesles, également appelé Temple de La Saucelle d’après le nom de la paroisse où il se trouvait. Il ne s’agit pas d’une simple hypothèse toponymique : les documents signalent une maison templière implantée sur la terre des Pesles, au nord du village, sur les bords d’un ancien cours d’eau nommé le ruisseau de Gervaine.

Localisation historique

Le site des Pesles relevait de la paroisse de La Saucelle, dans l’actuel département d’Eure-et-Loir. Les textes le placent au nord du village. Cette implantation rurale s’inscrivait dans un terroir agricole, avec terres, droits et bâtiments d’exploitation. Le nom de Temple des Pesles coexistait avec celui de Temple de La Saucelle, ce qui explique que l’établissement soit rattaché à la commune sous ces deux désignations.

Origine et attestation du domaine

La terre des Pesles fut donnée aux Templiers par Ernold, seigneur de La Ferté-Vidame, avec les avantages qu’il avait accordés aux frères demeurant dans cette maison. Cette mention montre qu’il existait bien, sur place, un établissement occupé par des frères du Temple. La documentation permet donc d’affirmer une présence templière effective à La Saucelle, sans pour autant transformer d’office ce domaine en grande commanderie autonome.

Un établissement rural, avec grange et exploitation

Les Pesles apparaissent comme un domaine de nature essentiellement agricole. Les textes mentionnent explicitement la grange des Pesles, lieu où devait être conduit le produit du champart. Cette fonction est importante : elle confirme l’organisation concrète d’une exploitation templière, tournée vers la mise en valeur des terres, la perception de redevances et le stockage des récoltes.

Le domaine ne doit donc pas être décrit comme une forteresse ou un grand centre militaire. Tout indique plutôt une maison rurale appuyée sur une grange, des terres labourables, des droits seigneuriaux et des revenus fonciers.

Le conflit avec Guillaume Moyel

Au XIIIe siècle, les Templiers eurent plusieurs démêlés avec Guillaume Moyel, qui revendiquait des droits sur le fief de La Pratière et des Pesles. Un accord fut finalement conclu en 1273. Il fut alors convenu que Guillaume Moyel posséderait, dans ce fief, une charrue de huit bouvées de terre tenue en propre, franche de charges, et que les Templiers en auraient une autre de même importance et également affranchie.

Le reste de la terre devait être laissé aux hommes du Temple pour être cultivé. Le produit du champart devait être porté à la grange des Pesles, où Guillaume Moyel viendrait prendre sa moitié. En revanche, le forage du champart devait revenir aux Templiers seuls. Cet accord éclaire avec précision la manière dont se partageaient terres, redevances et usages au sein du domaine.

Acquisitions et accroissement du fief

Quelques années plus tard, en 1275, les frères du Temple augmentèrent encore leur fief des Pesles. Ils acquirent par échange, auprès de Robert de La Touche, recteur de l’église de Saint-Maurice de Villemeux, tout ce qu’il possédait en terres, prés, justice et droits seigneuriaux au Gué-Bordeau, entre le moulin des Templiers et les terres des chanoines de Chartres, dans un terroir appelé le fief au Pelé.

Cette opération montre que le domaine des Pesles n’était pas un bien isolé, mais un ensemble foncier susceptible d’être agrandi et consolidé par échanges et acquisitions. Elle confirme aussi l’existence d’intérêts templiers sur le cours d’eau et aux abords d’un moulin.

Possessions et revenus connus

Au XIVe siècle, le domaine des Pesles n’avait plus qu’une partie de ses terres en culture. En 1373, on n’y relevait que 40 arpents de terre cultivée. Le revenu de la maison comprenait alors non seulement cette exploitation, mais aussi des cens et rentes perçus dans plusieurs lieux, notamment à La Bouverie, à Mondetour, à Escorpain, à Dreux et au Plessis-sur-Vert.

Ces indications montrent que la maison des Pesles disposait d’un revenu composite, associant production agricole locale et perception de redevances plus dispersées. La Saucelle participait ainsi à un réseau de biens et de droits plus large que le seul noyau bâti du domaine.

Dépendances et voisinage templier

Les documents rapprochent aussi les Pesles d’autres dépendances templières du secteur. Le Mont-d’Olivet, parfois présenté à tort comme une commanderie sur certaines cartes anciennes, n’apparaît en réalité que comme une grange et, plus tard, un moulin, liés au même ensemble de possessions. Il convient donc de rester précis : tout ce qui relève du voisinage templier de La Saucelle ne correspond pas nécessairement à des maisons autonomes.

De même, l’existence d’un lieu-dit Le Temple dans la commune rappelle la profondeur de cette présence foncière et administrative, mais ce seul nom ne suffit pas à définir la nature exacte de chaque établissement sans appui documentaire explicite.

Après la suppression de l’ordre du Temple

Comme les autres biens templiers, le domaine des Pesles passa après la suppression de l’ordre au début du XIVe siècle dans l’ensemble des possessions reprises par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La documentation postérieure montre surtout la persistance de revenus, de terres et de rattachements administratifs, davantage qu’une continuité monumentale clairement visible.

Au fil du temps, ces biens furent intégrés à des ensembles plus vastes, et certaines anciennes maisons rurales perdirent leur rôle initial. Cela explique la discrétion des vestiges tout en confirmant la continuité historique du domaine.

Ce que l’on peut affirmer pour La Saucelle

  • La présence templière à La Saucelle est attestée par le domaine des Pesles.
  • Les Pesles furent aussi appelés Temple de La Saucelle.
  • Le site se trouvait au nord du village, près du ruisseau de Gervaine.
  • Les textes mentionnent une maison, une grange, des terres, des droits et des revenus.
  • Rien n’autorise en revanche à présenter ce site comme une grande commanderie autonome sans preuve plus explicite.

La Saucelle doit donc être comprise comme le siège d’un domaine templier réel, organisé autour des Pesles, avec exploitation agricole, grange, droits fonciers et extension progressive du fief. L’intérêt historique du lieu tient précisément à cette présence rurale bien documentée, plus discrète qu’une commanderie majeure, mais parfaitement inscrite dans l’histoire de l’Ordre du Temple en Eure-et-Loir.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à La Saucelle