Une grange du Temple attestée à Bonnefont
Le lieu de Bonnefont, rattaché au territoire de l’actuelle commune de Nomdieu, correspond bien à une grange du Temple documentée en Lot-et-Garonne. Le contenu ancien de la page devait donc être corrigé : il ne s’agit pas d’une simple évocation du contexte régional, mais d’une possession templière explicitement mentionnée pour ce lieu.
Attestation médiévale
Une charte de 1298 mentionne un échange approuvé par Marguerite, abbesse de Fontevrault. Cet accord est conclu entre Jean de Saint-Fort, prieur du couvent de Paravis et doyen de Gascogne, et Guillaume de Bernard, précepteur du Temple en Agenais.
Par cette opération, les Templiers abandonnent aux religieux les droits qu’ils percevaient à Port-Sainte-Marie et reçoivent en échange la grange de Bonnefont. Le texte précise que cette grange se trouvait dans le voisinage de Sainte-Foy de Jérusalem, à laquelle elle fut d’abord réunie.
Nature du bien templier
Les éléments conservés permettent d’identifier Bonnefont comme une grange, c’est-à-dire une exploitation ou dépendance foncière relevant du patrimoine templier. Rien n’autorise en revanche à la présenter comme une commanderie autonome.
Cette distinction est essentielle : la présence de l’Ordre du Temple à Nomdieu est bien attestée, mais sous la forme d’un bien rural documenté, non d’un grand établissement indépendant.
Insertion dans l’organisation templière locale
Au moment de l’échange de 1298, Bonnefont apparaît dans la sphère d’action du Temple en Agenais. La mention du précepteur du Temple en Agenais montre que cette grange s’inscrivait dans une gestion territoriale plus large, où les biens ruraux, les revenus et les droits seigneuriaux pouvaient être réorganisés par accord.
Le rapprochement initial avec Sainte-Foy de Jérusalem indique aussi que Bonnefont n’était pas un site isolé, mais une dépendance intégrée à un ensemble de possessions administrées à l’échelle régionale.
Devenir après la disparition de l’Ordre du Temple
Après la suppression de l’Ordre du Temple au début du XIVe siècle, la grange de Bonnefont passe dans l’organisation hospitalière. Elle est alors adjointe pendant un temps à la commanderie de Nomdieu, qui relevait de l’Hôpital et ne doit pas être confondue avec le lieu traité ici.
Par la suite, Bonnefont est rattachée à Puy-Fort-Eguille, avant d’être finalement absorbée, au commencement du XVIe siècle, dans la circonscription de la Cavalerie. Ce parcours montre la continuité d’exploitation et de gestion du bien après la fin de l’ordre templier.
Ce qu’il faut retenir pour Nomdieu
Nomdieu ne doit donc pas être présenté comme un simple lieu voisin de sites templiers mieux connus. La documentation signale au contraire, pour ce territoire, une possession templière explicite : la grange de Bonnefont.
En l’état des informations disponibles, l’histoire locale repose surtout sur cette attestation de 1298 et sur le devenir ultérieur du bien sous les Hospitaliers. Cela suffit toutefois à établir une présence templière réelle, même si elle ne prend pas la forme d’une commanderie indépendante.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
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